U7J5) LOUIS XIV ET LES JACOBITES
tance indirecte*. Le duc d'Ormond, rex-commandant en chef des troupes anglaises, révoqué par Gorges 1*^, devait se mettre k la tète du mouTement : menacé d*être arrêté» au lieu de donner le signal de Tinsurrectlon, il s'em]}arqua et gagna la côte de France» Malgré ce désappointement, on continua les préparatifs : Louis XIV procura sous main au prétendant un vaisseau, des officiers, des armes i)our dix mille hommes, et lui fit prôler par i'iiiiiljpe V 1,200,000 francs, qu'il était hors d'état de lui avancer sur sa prupre casselle. Le pian des jacobitos était d'entraîner Louis XIV au delà de ses prévisions et de rejeter la France dans la guerre malgré elle; on en était là vers le mois d'aoùf I7I3 et il y avait toute apparence que les jacohites réussiraient à faire commettre au vieux roi cette faute, phis fatale encore que celle quMl avait faite autrefois en reconnaissant Jacques m à la mort de Jacques II'.
yidée d*une nouvelle guerre devait être, en effet, quelque chose d'effrayant pour qui considérait Tétat de la France. La France était comme un coursier épuisé , qui , à force de courage, achève de fournir la carrière et, arrivé au bout, s*abat sans pouvoir se relever. Les chiffres disent tout, en matière économique : en 171^2, la dépense avait atteint deux cent quaiaulc millions; l impùt n'atteignant pas cent treize millions, dont soixante-seize millions à déduire pour les cliar^n s et les diminutions forcées', il n'était pas resté trente-sept millions au trésor : on avait donc anticipé, jusqu'en 1717, sur la capitation, près de vinp^t-trois millions, sur la dîme, vingt-six, sur divers autres impôts, a ente-cinq et demi, et obtenu quatre-vin^t-ti eize millions sur des affaires extra* ordinaires, et il était resté près de trente-huit millions de dépense qu'on n'avait pu assigner sur rien. Oesmaretz fournit toutefois encore à la campagne de 1713 par des expédients du même genre, anticipations, aliénations de droits domaniaux, rentes créées sur
1. Villars, en sipiaiit la paix avec rempire à Haden, arait d^jà pressenti !e prim e Ku'jëne sur les dispositions de l'emp«reur, dans le t-an où la France aiderait au réUr blicMiemcut du prince tégitimt ea Angleterre i septembre 1714). VillarM, p. 233.
a. JMn. d« Berwtck, t. II, p. I9M31. — Mém. Mcr«M de BoliagbTolM. — Voltaire, SiicU dt Louii XIV, chap. xxiv.
3. C'cât-à-dire led remisoï^ li'impôts pour impuissiiuce abisolue de payer, et m âme les secour» direutâ du rut auji proviuces les plus 30ult'raa;e«.