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De mi à de 1687 klllX

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les provinces roumanes, et fut réduit à la gloire stérile d*une retraite victorieuse, opérée dans un pays difficile, devant les forces

supérieures des Turcs et des Tatares. Il n'avait fait, en sacrifiant les vrais ialérôls de la Polo^^ne, que faciliter les succès des Impériaux par une grande diversion. Pendant que les Turcs défendaient la Valacliie et la Moldavie contre les Polonais, PAutriche enlevait au sultan, pnr un traité avec le prince Michel Apafti, la suzeraineté de la Transylvanie, jusqu'alors le point d*appui de rinsurrcction hongroise, et Bude, la capitale de la Hoiiirrie othomane, était emportée d'assaut en présence du grand vizir, sans que celui-ci pût lut porter secours ( 2 septembre 1686). La population presque entière, chrétienne ou musulmane, fut égorgée par les troupes impériales, plus féroces que les Infidèles eux-mêmes. Une partie de la Hongrie méridionale suivit le sort de Bude. Les Vénitiens n*eurent pas moins de succès que les Impériaux dans celte campagne : ils réparèrent la perte de Candie par la conquête de la Moréc : la côte occidentale de la Grèce et la Dalmatie turque tombèrent en parti'* Hans leurs mains.

La civilisation et 1 humanité n'avaient point à se louer des avantages remportés par la Ligue : le canon des Vénitiens avait détruit en Grèce d'incomparables monuments de l'antiquité, épargnés par la barbarie othomane * , et le retour de la Hongrie sous la do* mination auUichienne fut signalé par une longue série d'atrocités, qui justifièrent les Hongrois d'avoir préféré la suzeraineté des In^les au joug de TAutriche. Les magnats récemment soumis ayant montré quelques dispositions à renouer avec Tékéli, le cabinet de Vienne fit assembler h Éperies, sous ce préteiite, un tribunal extraordinaire, qui sembla se proposer pour but d'anéantir la noblesse magyare. Il fallut trente bourreaux à la fois pour suffire h l'onvraîre : Pécliufaud resta dressé pendant une année presipie cntièi e, et le thf'âtrr saiifjlant d'Èperies mérita, dans l'histoire des tyrans, un renom égal au tribunal de sang du duc d'Albe. Quand la tlongrie parut assez épuisée de sang, assez abattue par la terreur, l'empereur manda à Vienne ce qui restait des niagnats, ^ les força d'abandonner, au nom de leur nation, l'antique droit d*éllre les rois et celui de résister par les armes aux infractions

l. Lté ^-ulpturc» de l'hidia^ au PaithénQu étaieat restées intactes juii(|a*eo 168<ît

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des pri\ilt''2ns ualionaiix par le pouvoir roval. diète hongroise, convoquée à Prcsbourg, ratiiia cette deslructiuii de la constitution nationale, reconnut la couronne héréditaire en ligne masculine et proclama le jeune archiduc Joseph , fils de Léopold, associé à la couronne (9 décembre 1687). L'administration financière de la 'Hongrie fut livrée à une chambre composée pour moitié d'Allemands. Le dernier effort d'indépendance qu'osa la dicte, fut de refuser tl'étendre rhéi cdité à la Vv^uc it iiiininc. Léopold, après le c onDiiiM ment de sua iils, supprima enfin ic li ii)unn! d'Kneries, conlirma ce qui restait de privilèges à la nation hongroise et promit de nHinir au royaume de Hongrie les conquêtes qu'il avait tîarites et ferait sur les Turcs. Ses ministres, instigateurs de ses effroyables vengeances, et les jésuites, si influents sur son esprit, Tavaient pressé d'établir un gouvernement tout à fait absolu en Hongrie et de supprimer de nouveau le culte protestant; il eut du moins le bon sens de résister et de ne pas pousser aux dernières extrémités un j)euple courageux, qui fùL hienlùl revenu de l'épouvante à la fureur

Le (lui- de Lorraine et l'électeur de Biivière avaient, cependant, poursuivi le cours de leurs succès. Le 12 août 1(387, ils avaient remporté une éclatante victoire sur le grand vizir à Mohacz , dans ces mêmes plaines où, cent soixante - six ans auparavant, le roi Louis JageUoD et l'indépendance hongroise étaient tombés ensemble sous le cimeterre du grand Soliman. Les Impériaux profitèrent de leur triomphe pour violer leur récent traité avec le ju incede Transylvanie, (jui, disaient- ils, conservait des intellif;e]iees avec les Turcs, et pour occuper mililaireuient eette eonliée. Les discordes des Turcs aciievaicnt d*a^sure^ la lui lune de ienrs vainqueurs. L'armée battue à Moha( /, après avoir chassé le grand vizir Solimuii- Pacha, à qui elle attribuait sa défaite, avait marché sur Constanttnople, renversé du trône le sultan Mahomet lY, élevé à sa place , son frère Soliman , qui végétait, depuis Tenfance , prisonnier au fond du sérail et paraissait beaucoup plus empressée à rançon-

1. H4gt. 4u rivolmHM* é» Ifongrrf, 1. 1*', tiv. llf-tr ; L» Haie, 1739. — Coxe, HUt.

if la m iiion d" Autriche, t. IV, c. LXVI.

2. C'était l;i i>n'iniére fois pput-étre, depuis le i|uin/.i(-iup siècle, que les sultans «v«teut déroge à !& coaUime d'égorger leur» frèrca pour iuau^rer kur régue.

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ner la caplt&Ie et les provinces otbonianes, riu'à retourner contre l'ennemi. Le nonvean sultan manifesta le désir de traiter avec

rcmporeur el blâma ouvertement la guerre entreprise par son prédécesseur contre la foi d'une trêve.

Tous ces graves événements causaient autant de mauvaise humeur à Versailles que de satisfaction à Yienfic L*» jiouvernemenC français ne manifestait son inquiétude qu'en redoublant de hauteur à mesure que ses rivaux devenaient plus redoutables; il cessait enfin de s'absorber dans ses tristes préoccupations religieuses et travaillait sérieusement à contre-balanoer les progrès de l'empereur. Sa situation était compliquée d'une nouvelle querelle avec un adversaire qui n'avait pas, comme Léopold, des années à sa dispositioD, mais qui avait d'autres moyens de nuire et qui en usait avec passion t c^étsit le pape Innocent XI. Les franchises dont jouissaient à Rome les ambassadeurs des puissances catlioliques avaient été l'otcasiou du déhat. Chaque ambassadeur était souverain, non pas seulement dans son [Kiiais, mais dans son quartier : les officiers du pape étaient privés de toute autorité sur une grande partie de Rome, ce qui rendait la police à peu près impossible et asstu^ait aux malfaiteurs d^ retraites inviolables dans tous ces asiles privilégiés. Innocent XI, à l'exemple de Sixte^ Quint et de quelques autres pontifes zélés pour le bon ordre, voulut faire cesser ces abus et résolut de ne plus recevoir d'ambassadeur qui ne renonç&t à la franchise de son quartier. Les cours de Pologne, d'Espagne, d'Angleterre, la république de Venise, le cabinet de Vienne, accédèrent successivement aux in (entions du saint pri e. Au commencement de 1G87, le <lue d'Kstrées, ambassadeur de France, étant venu à mourir, le pape fit occuper le palais Farnèse ^palais de l'ambassade française) par ses officiers et proclamer l'abolition des francliises ; puis il lit exposer de nouveau à Louis XIV ses motifs et le consentement des autres princes. Innocent XI avait eu tort sur d'autres points contre le roi de France; mais, cette fois, On doit reconnaître qu'il avait raison. Louis, cependant, répondit superbement que « sa couronne ne s'étoit jamais réglée sur t l'exemple d'autrui , mais que Dieu l'avoil établie pour servir « d'exen^le et de règle aux antres, et qu'il étort résolu, tant

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