Dniwmt, U VII, 2* partie; p
2. L. CSoérin, mn. marUim dt fa Franc», t. 11^ p. 5. — Saiate-Croix, ffiif. de ta pHinoncv iMiMte d$ rAngUlem^ i. II, p. 13, 379.
TIV. 8
m LOUIS xrv.
raux ayant envoyé chacun un bâtiment à la découverte, les deux ▼aîBfieaux se 2)attirent : Tanglais fut pris. Les alliés se retirèrent dans la Manche» ne s*occupant que d*assarer le retour de leat flotte marchande de Smyme, et le roi, sur Tavis de LouTois, prudent par jalousie, défendit à Scignclai de les suivre et de hasarder cette terril)le chance sans nécessité. C'était déjà une p^rande gloire que d avoir vu les deux mai'ines combinées éviter le choc. *
Pendant que les flottes étaient en présence, des frégates françaises, détachées dans les mers de Hollande et dlilande, j avaient livré de brillants combats et pris ou détruit plusieurs vaisseaux de guerre ; les fameux corsaires Jean Bart et Forbin, moins heureux que leurs camarades, lUrcnt pris après une lutte héroïque soutenue avec quarante canons contre cent : conduite en Angle* terre, ils s'échappèrent et gagnèrent la côte de Bretagne dans un simple canot. Us ne tardèrent pas à tirer une ample vengeance de leur mésaventure. Les corsaires français exercèrent de tels ravages, que le commerce anglais en poussa des clameurs désespérées et que la popularité de Guillaume III en fut fort ébranlée.
La guerre d'Irlande n'allait malheureusement pas aussi bien que la guerre de mer. Jacques II n'était plus que Fombre de ce qu*il avait été dans sa jeunesse : Thomme de guerre, chez lui» était descendu au niveau du politique. Si Jacques eût su tirer parti des ressources et de l'ardeur des catholiques irlandais,. les protestants de l'Ulstcr, malgré la supériorité morale de cette population vigoureusement trempée, eussent succombé sous le nomhre; mais Londonderry fut très -mal attaqué et très-bien défendu. Les assiégés, abandonnés par leur chef mililaire, avaient trouvé dans un homme d'église, dans le recteur Walker, un héros dont l'exemple provoqua de leur part des prodiges de valeur et de constance. Après plus de cent jours de blocus et de siège, ils mouraient de faim sans vouloir se rendre, quand des vaisseaux chargés de vivres parvinrent enfin à forcer une estacade qui barrait la rivière de Fin (28 juillet). Le siège fut levé. Les catholiques n'avaient pas été plus heureux contre uu autre corps protes-
1. M4m. de VUtette (chef d'ceeedfe leae Tonrville), p. 96. — L. Qoérin, i. H, P 11.
(1689) GLEHKE D'tULANDlù . 1!5
tant qui s'était rctrancliéà Ëanis-Killeeii, dans une lie du Lough- Sarne. Le 23 août, Tes- maréchal de Schomberg descendit sur ia côte d'Ulster avec une petite armée, n rallia tous les protestants, chassa les jacobites de toute la province et se maintint sur les confins de VUlster et du Leinster, en présence des forces supérieures du roi Jacques , qui n'osa l'attaquer, et malgré les maladies qui désolaient son camp. La cause de Jacques, sur ces entrofoites, avait été entièrement perdue en Écossc par la mort du vicomte de Dundee, tué en combattant à la tète de ses inont;ignards. En Irlande, les actes politiques de Jacques lui nuisaient plus encore que sou inertie militaire; son gouvei iienieut n'était qu'un mélange d'anarchie et de tyrannie, vivant de spoliations *, de monopoles et de fausse monnaie.
La guerre s'était étendue, cette année, dans toute la largeur de l'Ëurope, depuis ia mer d'Irlande jusqu'à la mer Noire. Les Inipé- ' riaux, secondés par une triple diversion des Vénitiens en Oi ère, des Polonais en Podolie et des Russes dans la nouvelle Tatarie, avaient envahi la Servie et la Bulgarie. Le prince Louis de Bade avait battu deux fois les Turcs etpris Widdin. L'Angleterre, la Hol* lande et la diète germanique pressèrent de nouveau l'empereur d'accorder la paix au sultan ; mais Léopold , plus ambitieux de cœur, sous sa froide et terne enveloppe, que Louis XIV lutmème au milieu de ses rayons, l'obscur et médiocre Léopold prétendait À la fois pousser ses armes victorieuses jusqu'à Constanlinople et se faire assurer la succession d'Espagne par ses alliés, c'est -a- dire qu'il rêvait a ><'U tour l'empire de l'Europe. Il fit aux Otln in ins des cundiUoiis macceptables et la guerre continua, fort à [u j os pour la France. Les alliés de Léo|)old avaient été moins heui eux • que lui : les Polonais, dépourvus de bonne artillerie, n'avaient pu reprendre Kamiuiek , et les Russes avaient été battus par les Tatares du côté de Pérékop.
L'espoir conçu par les coalisés d'entndner les états Scandinaves ' ne s'était pas complètement réalisé. A la vérité le Danemaric ,
1. Ou ne pouvait s'étonner que Jacques rendit uu laïas&t reprendre aux héritien da» Irlandais apoliés par CrommU 1m blena donnla ans oonqvéraata anglais;
la prescription n'est pas admissible quand il s'agit de tout un peuple ; mais il n'était pif; juste, aprAs (|u»raiitc atis et plus, de ressaisir ces bien» Mos uulemiù té pour iM acquéreurs du buuue toi, ni pour les amélioralious faites.
H6 1.0 m S XIV. (16W1
que l'électeur de Brandeboui-;^ avait, en 1688, raccommodé avec laHoliande, consentit, dans Tintérét de la cause protestante, à fournir sept mille soldats à Guillaume III (15 août) ; mais il no voulut pas rompre directement avec la France. La Suède, quoique signataire de la Ugne d*Augsbourg, fit de même; elle mit seiùement, par un traité particulier, quelques régiments à la disposition de ta Hoilande. Ces deux états avaient compris quels énormes avantages leur commerce retirerait de leur neutralité pendant la lutte des trois grandes puissances maritimes. L'Angleterre et la Hollande tâchèrent de leur enlever ce bénéfice en convenant d'interdire aux neutres tout commriLc maritime avec la France, cl déclarèrent de bonne prise toui navire destiné pour les ports français (22 août); mais cet étran^^e droit marilime ne put être complètement appliqué : l'An|;leterre et ia lioliande furent obligées de renoncer à interdire le commerce direct des ports Scandinaves aux ports français *.
La France venait d'être débarrassée d'un implacable ennemi : le pape Innocent XI était mort le 12 aotit. U fut regretté des protestants et des jansénistes. Il avait refusé toute espèce de secours pécuniaires à Jacques II pour Taider à recouvrer son trône et avait ^pondu tout aussi durement que I*empereur à l'appel adressé par le monarque déchu aux souverains contre VmwrTpauur d'Angleterre. La diplomatie française prit une part très-active à l'élection du nouveau pontife et l'on prétend que Louis XIV déjKînsii 3 millions pour assurer le succès du vieux cardinal Oltoboni, (pii prit le nom d'Alexamlic V'III [G octobre). La France re^'arda celte élection comme une victoire ; le roi rendit Avignon au biurit-sié^e et, accordant à un owi ce qu'il avait refusé à un ennemi, il renonça aux trop fameuses franckùies. Alexandre VIH en parut reconnaissant et, par un procédé auquel Louis XIV dut être sensible, il adressa un bref très -bien veillant à madame de Maintenon; mais, quand il s'agit de jeter les bases d'une réconciliation entre le saint -siège et la France, on reconnut qu'on était loin de s'entendre. Alexandre Vin, tout comme son prédécesseur, maintint le prétendu droit du prince Clément de Bavière à Télecloi^ de
* 1. V. Dunont. t. VU, 2< part., p. 292.
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[iW] ' RÉVOLTE PAOTËSTANTE. 117
Cologne et refusa les bulles aux évêques élus parmi les souscripteurs de la déclaration de 1G82, à moins qu'ils ne se rétractassent, on, tout an moins, ne fissent quelque satisfaction au saint - siège. Après qiici(jues mois de débat, il cassa et annula, par une mutilation du 4 août 1600, » les délU)éralions et résolutions de l'assembUe de 1682 > Il avait à la vérité évité, dans cette pièce , toute imputation d*hérésic, de schisme ou même d*eiTeur, qui pût rendre la scission irréparable : la question resta pendante.
Gomme on devait s'y attendre» la guerre générale avait excité une vire fermentation chez les protestants français. Depuis la révocation , des phénomènes extraordinaires s'étaient manifestés pa[ /iiilcs populations monla^iianles des Cèvennes, du Vi\arais, du Daupbiné. A défaut dos pasteurs a])sents et proscrits, des bergers, des artisans, des enfants, s'étaient mis à prcciicr la parole de Dieu aux nocturnes assemblées du désert : bientôt, aux simples prédU mnts avaient succédé des extatiques, des voyarits. Un livre lancé par Jurieu du sein de l'exil, en 1686» avait pénétré dans le Midi et enfanté une foule de prophèus. C'était un commentaire de TApo* ealypse annonçant la dèliwaince prochaine de V Église et la ruine de k Babylone papiste. Avril 1689 était le terme fixé pour Vaceom' plissement des prophéties. La chute de Jacques II sembla le comiiu ncemcnt du jrrand œuvre. Six mille monfag-nards se soulevèrent dans le Vivarais; d'autres s'aruièrent daus lesCévennes; quelques prêtres qui avaient pris une part active aux pei-sécutions furent massacrés; mais les insurgés furent bientôt sabrés ou dispersés après une résistance «assez vigoureuse. Le gibet et les galères achevèrent rcBuvre de Tépée, et le mouvement fut étouffé pour un temps, grâce à radminlstration aussi intelligente qu*impitoyàble de Tlntendant Basville, qui fit percer à travers les Gévenncs et le Vivarais plus de cent chemins carrossables de douze pieds (le large, leva en Languedoc luiit réfziuients catholiques à la solde de la province, bAtit des forts à Nimes, à Alais, à Saint fiippoljte, établit des postes dans les châteaux des montagnes. Le roi ayant appelé à l'armée les huit régiments, BasviHe les remplaça en organisant toute la population des anciens eaUwiiques en