Mon. de Catinat, t. l«r, p
2. TourvilU', iloiniis }h9''K 'l'aprèà une il('r!^irin supr^r<^rée pnr Potit-ncnau au conseil des constructions navalt'â, ne faisait plus entrer en lipiie les bitiineiits au-dessous de 50 canons, qu'on réservait pour les convois et pour 1» course. Les Anglais eu firent autant aprèt 1692. Y. Saint^-Crobc, BbMn i» la pHtemet lurvolr VÀyiifi»t»m, t. II , p. 108. — Il paraît que 88 vaisseaox seulement, sor Iw 99 cnikemli, pritCDl part à ractiuu : les autres ne r^ignix^ni que le leadeamin.
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[\«M] BATAILLE DE LA flOUGUE. 4m
masse ennemie qui semblait devoir reiigioutir au premier choc. Les alliés n'en pDinaiciil cruire It'urs yeux.
Les deux llultcs élaieiil, suivant la coutiiiiic , partagées en trois escadres. Chacune des escadres de la flotte aii^lu-balavc passerait aujourd'hui pour une j^ande flotte! Cliaque escadre était subdivisée en trois divisions. Tourville, avec son corps de bataille, poussa droit à Tamiral Hussein qui commandait le centre des alliés. Les deux amiraux restèrent quelque temps en présence à portée de mousquet sans tirer, dans on silence solennel ; puis un vaisseau de Tescadre hollandaise, qui formait Tavant-garde ennemie, ayant ouvert la canonnade » on vit, en un instant , les deux lignes tout entières en feu. La lutte s'engagea d'une manière terrible, surtout au centre. Les Anglais, qui avaient là trente et un vaisseaux contre seize, s'attachèrent avec fureur au pavillon amiral de France, et Tourville eut à soutenir le feu de cinq ou six vaisseaux à la fois. Pendant ce temps, l an irre-frarde an«îl<iise, cuuuuandée par le vice-amiral Ashhy, coupait la division i'annetier, qui tenait rexiréinilé de l'an ici e-garde française, et tournait le reste de cette ari'ière-trarde. La llolte française semblait perdue. Par bonheur, la majem*e partie de l'escadre d'Ashby s'obstina à poursuivre les quatre ou cinq vaisseaux de Panuetier, au lieu de se rabattre en masse sur le gros des Français : le commandant de Farrière - garde ft^çaise, Gabaret, tint tète, avec sa division, au reste de l'escadre d'Âshby, et la troisième division de l'arrièregarde se porta, sans commandement, au secours de Tourville. Elle était conduite par Ckidtlogon, qui avait été vingt ans le frère d'armes, le mauloî fidèle * de Tourville. Coetlogon voulait sauver son cHef on mourir avec lui. Sa vigoureuse attaque non-seulement dégagea Tourville, mais l'aida à faire plier l'escadre de lord Russe], si supérieure en nombre (pfelle fût encore. I n gros vaisseau anglais l'ut brûlé. Une brunu? épaisse, cpii s'éleva, lit susi)en(he ou ralentir quelque temps le feu. Gabaret, avec la division de i'arrièrcgarde qui lui restait, en profita pour se replier den'ière l'escadre de Tourville. La llolte française jeta l'ancre. L'caath e de lord Russel, n*en ayant pas fait autant, dériva et s'écarta un peu. Le gros de
L LesvaiaMMxqiacoiiâMttmto(tAàioM«ioni1i9iMiMotelH^
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Tescadre d*Ashby abandonnant , sur ces entrefaites , la poursuite
(le Pannetier, qui s'élait retiré sur l'avant- {rarde française, revint jeter l'ancre derrière Toiirvillo et (iaharel, et le l'eu reprit vivement sur ce point; heiirrusiMiieiit, l'escadre de Russel ne put se rapprocher sur-le-cliaiui) pour écraser les Français otilie elle et Ashby. Qunni à l'escadre hollandaisr, avec trente -six vaisseaux contre qualorae, elle était, depuis le commencement du combat, tenue en échec par l'avant -garde française, grâce à l'habilelé avec laquelle le lieutenant-général d'Amfreville avait consené le dessus du vent. Peut-être aussi les Hollandais se battaient -ils un peu mollement, par rancune de ce qu'on les avait, disaient^ils, sacrifiés à Beachy-Head. La nuit approchait : Ashbj s'inquiéta de se voir séparé du reste des alliés : il résolut de rejoindre Russel et de s'ouvrir un passage entre les vaisseaul français. Il y réussit, mais en perdant un vaisseau, huit brûlots et son contre -amiral Carter, qui avait à la fois promis à Jacques II d'abandonner Guillaïune et li\Té à Guillaume le secret du complot. I^s Anglais renoncèrent, par cette niciii*ruvre, à l'immense avantage de tenir leurs adversaires entre deux feux.
Cette grande journée se termina ,u{i>i s ms aucun désavantr-ise pour ceux qui avaient combattu , à pciiic un contre doux. Les cnnenns avaient perdu deux vaisseaux ; les Français pas un seul. ' La nuit, la flotte française appareilla. Le 30 mai, au point du jour, Tourville rallia autour de lui trente-cinq vaisseaux. Les neuf autres s'étaient écartés, cinq vers La Houg^e, quatre vers les côtes d'Angleterre, d'où ils régalèrent Brest. S'il y avait eu un port militaire à La Hougue ou à Cherbourg, comme l'avaient voulu Golbert et Vauban , la flotte française restait sur sa gloire !
n n'y avait aucun lieu de retraite sur toute cette côte. La flotte ennemie s'avançait au grand complet. B était impossible de renouveler le prodigieux effort de la veille. Tourville et ses lieutenants décidèrent de passer le raz do Blanchard pour jiaLrrier une marée sur l'ennemi et retourner à Brosl. On s'engagea dune dans ce raz ou canal entre la rôlo de liulcntin et les lies d'Auri'zni et de Guernesey. Le 31, au malin, vin^l-deux vaisseau\ sortiront du raz sans encofnbrcet allèrent ohoiolior un asile à Sainl-Maio. La marée mauqua aux treize derniers , retardés par leurs avaries.
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lim] DESASTRE 0£ LA UOUGUE. 464
Ib voulurent mûuîUer; le fond éleil maaTai»; les wm càBSè- TwHi «Murants ramenèrent lesirei» vaisBeanx sous le vent des enneniis. Trois d'entre eux allèraaA écJiouer à Gheriwurg; Tun
des trois 6tait le magniiiqiie vaisseau- amiral le Soldl-Royal, de cent &ix oi/iuns, qw Toiir\iUe avait abandonné la veille pour transporter sua pa\iliuii sui ua naviie moins maltraité. Les dix restants, parmi lesquels était le nouveau vaisseuu-auiiral , doublèrent la pointe de Barfleur et muui lièrent le soir à La Hougue. lis y furent joints par deux des cinq ua\ircs arrivés dès la veille dans cette rade. Les trois autres de ces cinq, n ayant pas soulTert, prirent la route du Kord et allèrent faire le tour des Iles firitanniques pour rentrer à Brest. TourviUe jug^ 4)u'U ne pouvait les suivre, sans livrer ses bStiments dégréés et dépourvus d*ancres aux ennemis qui étaient d^ en vue. Il eût voulu jeter les canons à la mer, Isire échouer les vaisseaux près de terre , les évacuer et les défendre avec des batteries oâtières et des estacades» sous la protection des forts construits par YaulNin à La Hougue. Le roi Jacques et le maréchal de Bellefonds , qui étaient sur la côte avec les troupes et les bainnents de transfert, s'y oppuièreiil, el Ikllefonds promit cent chaloupes bien armées pour aider à défendre les vaisseaux. Il ne tint point parole ; le roi el le maréchal perdirent trente-six heun s sans tirer aucun parti des grandes ressources (pi'ils avaient sous la main. Le 2 juin , on apprit que les trois vaisseaux échoués à Clterbourg, assaillis par dix-sept vais* seaux et huit brûlots anglais» avaient été incendiés après une héroïque résistance , et que deux des trois avaient sauté avec une partie de leurs équipages, l^ellefonds consentit enfin ^Févacuation des douse vaisseaux; mais il était trop tard pour les amener près de terre : on sauva la plupart des équipages; Tourvîlle fit, avec une quinzaine de chaloupes , une tentative désespérée pour sauver les Mtimenis; mais que pouvait-il contre cent cinquante chaloupes et force brûlots, soutenus par tmite bi flotte ennemie? Les Angbus brûlèrent, le 2 juin au soir» six vaisseaux échoués vers rilol de Talihou et, le lendemain matin, les six autres, sous le fort de La Hougut . Les trois cents trans|)orls , destinés à l'eniJ^arquement de l'armée jacohite et que le reflux laissait à sec sur la plage, furent préservés pour la plupart, comme Teussejat été probu-
XiV. Il
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blement les vaisseaux si Tourvlile avait pu suivre soninspiratioD. Jacques II avait raison de dire que sa fMUuureate étoiU faisait partout sentir autour de lui une maligne influence * ; mais cette influence n'était que celle de son aveuglement et. de son incapacité.
Tel fut ce désastre de La Hougue , qui a laissé parmi nous une si funèbre renommée et dont le nom retentit dans notre histoire comme un autre Azincoui l un un aiiti e Créci. Des bistorieus ont été jusqu'à y signaler la destruction de la marine française. Les faits (jui vont être exposés dans la suite de ce livre feront justice de cette assertion. La Hougue ne fut non de plus qu'une revanche de Beadiy-Head. Les Français n'y perdirent pas un vaisseau de plus que les alliés n'en avaient perdu deux ans auparavant, et les quinze vaisseaux détruits furent bientôt remplacés. La perte des. Français ne dépassa pas dix-buit cents hommes (nés ou hors de combat; les Anglais en perdurent davantage, sans compter les Hollandais. Les idées exagérées qu'on se fit de cette catastrophe tinrent à deux causes : d*abord» à l'eflet produit sur Timagination d*un peuple tellement habitué à vaincre, qu*une défaite lui semblait un phénomène monstrueux, et, plus tard, à la décadence maritime qui fut amenée par des causes administratives et nulle* ment par des causes militaires
L'admiration exprimée parles marins ennemis pour Ic^ iiiaims français' était d< | i un* i jiupensaUuti uiorale de notre revers. La guerre contint a la le ollnl une compensation plus positive, buiilaume III ne fut pas si beureux que ses amiraux.
Guillaume, arrivé d'Ani^lcterre à La Haie dés le mois de mars, avait débuté par une mesure politique importante. L'Espagne, voyant que les Pays-Bas catholiques recommençaient à s'en aller par lambeaux, les offrait , pour ainsi dire, à qui pourrait les défendre; elle en avait oflért le gouvernement à Guillaume lui-