‹ Historie De FranceChapitre 48 sur 168 · Lettre à Louis XIV, ap. E. Sue, t. 4, p · texte numérisé non relu

Lettre à Louis XIV, ap. E. Sue, t. 4, p

2. L. Guérin, t. Il, p. 48-63. — M<-'m. de Yilîptto, p. IIL — E. Sue, t. IV. p. 197. — Sainte-Croix, t. Ll, p. 44. — Quinei, i. II, p. 577-590. — Foucault, à la suite dcâ Mim. de Soniches, t. U, p. 377. — M. Mao-Aulaj ( GiifJlowM n/, t. II, eb. 9t «t peu exact sur ce qui concerne Tourville : si complet tw te* affaires d'Atigletene, il

est moins bien informé quant ;i celles de France.

3. y. la lettre de lonl Kuââvla Tourville, dans bainte-Croix, t. il, p. ô^.

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(imi EBREUBS SUR LA HOUGUE. 463

même. L'héritier de Philippe II olBhîi la Belgique au descendant

de Guillaume le Taciturne ! Guillaume refusa; radministration d'un pays catholique lui eût causé d'immenses embarras; il lit reprendre le dessein concerté , en 1G85, entre les deux l)ranches de la maison d'Autriche et confier la Belgique à rélccleur de Bavière : on éliiblissiil ainsi l'Allemagne en Belgique contre la Fnince. Guillaume et l'électeur de Bavière se mirent en devoir d'assembler une grande armée dans le Brabant. Les alliés furent encore une fois prévenus , et les Français furent encore en mouvement les premiers, quoique beaucoup plus tard que l'année précédente : la perte de Louvois commen^t à se faire* sentir, et madame de Maintenon, qui eût voulu que le roi n'interrompit jamais les habitudes de leur vie commune et renonç&t à la vie des camps, avait du moins obtenu que Louis emmenât tes dames ^ arrière -garde fort gênante à la guerre. Dans la nuit du 24 au 25 mai, plusieurs corps de troupes françaises investirent Namur. Le le roi ;irriva au caiii|i, laissant les dames à Binant. Louis prit le comiuandenient du siège avec cintpiante et quelques mille hommes, dont l'uviron vingt-trois mille cavaliers. Luxcmbourjj, posté sur la Meliaigne, couvrit le siège avec une année supérieure de dix mille lioninies à celle du roi et qui comptait plus de trente mille cavaliers. On n'avait jarnais vu, dans nos ar- , mées modernes, de si énormes masses de cavalerie. Namur et ses deux forteresses étaient défendus par plus de neuf mille soldats. Du 29 au 30 mai , la tranchée fut ouverte devant la ville : dès le 5 juin, la ville capitula; elle est commandée par les collines des deux bords de la Meuse et n*était pas très-fortifiée : on ne l'avait pas bombardée. Toute l'énergie de la résistance se concentra dans les deux forteresses assises sur les rochers entre Sambre et Meuse et séparées de la ville par la Sambre.' Un de ces forts, celui de l*Ouest, a|)pelé le Fert-*Neuf ou Fort-Guillaume, n'avait été bftti que Tannée précédente par le célèbre uigénieur hollandais Cuehurn, qui le défendit en personne contre Vauban. Ce fut un des beaux spectacles de riiistoire rnililaire que de voir aux prises les deux premiers ingénieurs de l'Europe.

'iuillauiue 111 b'avança, sur ces enl refaites, pour lâcher de accourir les forteresses. Bien qu'il lui manquât encore une partie

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de ses auxiliaires allemands, ses forces étaient d'environ soixantedix mille hommes; mais Luxembourg, renforcé par un gro-^ détachement de l'armée du roi, lui barra le passage avec qualre-vingt mille combattants, dont moitié de cavalerie. Il lui eût fallu d'abord franchir la petite rivière de Mehaigne en présence de Luxembourg, puis passer la Sambre, entre Tannée de Luxembourg et celle du roi : c*eût été courir à une perte certaine. Il le sentait et ne tenta rien de sérieux. Fendant ce temps, Tarmée du roi, malgré des pluies torrentielles, pressait vivement le Forl-Xeuf, qui fut réduit à se rendre le 21 juin : l'iinmense artillerie que dirigeait Vauban était irrésistible. Coi'horn sortit blessé de son fort, avec seize cents boounes qui lui restaient et les honneurs de la guerre. Les ouvrages extérieurs du Yieux-Cbàteau, situé entre le Fort-Neuf et la ville, fimmt emportés d^assaut quelques jours après, et le Vleux- Gh&teau capitula le 30 juin. D en sortit deux mille cinq cents hommes : le reste de la garnison avait péri \

La conquête de Namur assurait à la France ce grand angle dont la Sauibro et la Meuse fornicnl la pt>nite en se réunissant à Nauiur, et qui joue un rôle si important dans les guorr'es des Pays-lias. Par Namnr, on menaçait à î i fois Bruxelles, Liège et Maëslricht.

Il semblait que Louis XIV ne dût pas se contenter de ce succès : Namur et ses forts occupés, Louis restait à la téte de cent mille combattants; il pouvait marcher droit à Guillaume et le forcer ou de recevoir la bataille ou de se retirer sur Bruxelles en abandonnant Gharleroi aux Français. Cette conquête eût complété celle de Namur; mais l'armée avait beaucoup souffert du mauvais temps et du manque de fourrages : Louis répugnait plus que jamais « à se connnetlre à un grand événemf'nt ^ ; » il jugeait d'ailleurs nécessaire de détacher des troupes sur les côtes pour prévenir les entreprises des vainqueurs de La Hougue et voulait renforcer son armée d'Allemagne pour la mettre en état d'agir outre Rhin : il craignait que les Turcs ne fissent la paix si la France n'opérait une diversion un peu notable en Allemagne. Il retourna donc à Ver-

1. Iblaiioi» de Louis XIV, dam «et (S«vm, t. IV, p 3n. Cette relation pantt avoir été écrite dans 1a prf'niiére irresse d^orgMiQ In^tr^ par le raccéa. — < Saiat-

llilniro, t. 11. p 17.^-^23. — Quind, t. U.

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