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466 LOtlS XIV. [1694.

Vendôme', le jeune duc de Chartres , neveu du roi (qui devait èlre un jour le Régent), descendirent de cheval, marchèrent à la tâte des gardes françaises et suisses, enfoncèrent Tenneinî à la pointe de Tépée et de la pique, reprirent Tartillerie perdue, enlevèrent plusieurs canons aux alliés et taillèrent en pièces la brave infonterie écossaise de Guillaume. A droite comme au centre, les Français ressaisirent Tavantage au prix de flots de sang ; à gauche, la fortune était oncure très-incerlaine, quand Boufllors commença de déboucher sur le champ de baLiiillc avec 6on cOrps détaché et laÉii,a SCS dragons au secours de la gauclie française. L'ennemi céda enfin sur tous les points et pressa sa retraite à travers les dclilcs et les bois : la nuit et la fatigue euii)êchèrent l'armée française de le poursuivre. Les pertes étaient très-grandes des deux côtés : quinze ou seize mille morts ou blessés, dont près de sept mille Français, jonchaient le théâtre du carnage ; douze ou quinze cents prisonniers étaient restés entre les mains des vainqueurs*

La bataille de Steenkerke eut une renommée très-populaire : pendant quelque temps, toutes les modes furent à la Steinkerque. Elle avait attesté, que, dans Varmée française, Tinfanterie valait la cavalerie : Tinfanterie avait eu à son tour sa journée de Leuse. Ce fut à la suite de cette journée qu'on supprima IMncommode mousquet à mèche, pour lui sul)stiluer généralement le mousquet à iiierrc ou fusil. Ces deux aunes élaient depuis quelque temps mêlées dans l'infanterie franeiise, et les alliés nous avaient donné l'exemple d'abandomicr presque entièrement le mousquet à mèche'.

Guillaume ne réussit guère mieux à mettre à profit la victoire

1. KiU du dac de Vendôme-Mercœur et neveu de Beaufort, k- liéros de la FroDile.

2. LeUrn mil'lnr^f, t. VIII, p. 181. — Quinci, t. II, p. 523 549. — SaiiU-Hilaire, t. II. p. 41. — La Hode, t. IV, p. 684. — Berwick, t. I**, p. 113. — Mac-Aulay, OviOamm Jff, t. ID, ch. 1. <— Od découvrit sur cbb entrefaites, en Bel^qne, on complot tramé par iinFraDçais nommé G randTal contre la vie de < i uillaume. G landval, .traduit devant nn cnn«ril (î-' ;,nK'rrc, (îtk'tam qne cYtih 1o ministre Barb<"7.ifux l'avait aptiaté, qae le coup avait été prémédité du vivant de Louvoi», et qa'il avait ea «ne audience dn roi Jacques 4 sàint>Gemiiia tfaot de partir. Il Ait penda et éoartelé. Les alUéa donnèrent une grande pabQoilé à cette affaire. La cour de France pnrda le silence. Los alli(''s on conclurent que Louis XIV tolérait maintenant an geiirf' (le crime qu'il avait naguère repoussé avec indig^Uon. Il n'avait pas «>u d'à* vancvi uiais il ne punit point après. Barbexieux, coupable ou ooa, garda m place. I6td.

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am] BATAILLE DE STEENKERKE. 167

de La Hougue qu'à venger la perte de Namur. Les alliés, après avoir fait échouer le projet de descente en Angleterre, avaient prétendu, à leur tour, opérer une descente en France et soulever les protestants de l'Ouest. Le duc de Leinster (Schomberg) et le comte de Galhvay (Ruvigni^ avaient été embarqués avec tin corps rl'arméc composé en partie de réfugiés et des ressources trésconsidérables en armes, en équipemeots et outillage ; mais le vent, qui avait favorisé les alliés au cominencemeDt de la campagne, les repoussait maintenant. L'été était aTanoé ; le conseil de guerre reconnut rimpossibilité d*attaquer la côte avec quelque chance de succès, et la flotte alliée, sortant enfin de la Hanche, alla débarquer à Ostende dix nulle soldats, qui, renforcés par un déta* chement de Tannée de Guillaume, parvinrent à s*emparer de Furnes. Ce fut là tout le résultat de ce puissant effort. D'un autre côté, à peine la flotte alliée avait-elle quitté la Ifanehe, que les Français avaient recommencé à tenir la mer, et que des vaisseaux et des frégates, sortis de Brest et de Saiiit-Maîo, s'étaient remis à courir sus aux flottes marchandes ( ntre les côtes d'Espagne et celles des lies Britanniques. Cinq vaisseaux de jj^uerre hollandais furent pris ou coulés en défendant les marcl)nnds qu'ils escortaient. Les corsaires rnalouins enlevèrent beaucoup de navires au commerce anglais. Les Anglais avaient perdu en outre deux vaisseaux de guerre dans un combat aux Antilles. Ce ne fut qu'un cri dans toute l'Angleteirel A quoi bon gagner des batailles navales et se ruiner en armements immenses, si Ton ne pouvait empêcher les Français d'écumer la mer comme s'ils eussent été vainqueurs à La Hougue *?

C'est que, dans la guerre de course, la partie n'était pas égale. Les Français ayant, en comparaison de leurs ennemis, grftce au vaste développement de leur marine militaire, peu de commerce iiMt itinie, niais beaucoup de matelots, portaient aux deux nations cuninierçantes dix coups pour un.

La guerre avait continué d'être assez insignifiante en Allcmnpie. Le maréchal de Lofl^os, ijénéral peu résolu et peu actif, ne sut pas remplir les Inteulions du roij quoique la désunion et l'incapacité

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