‹ Historie De FranceChapitre 56 sur 168 · UHo<l«,t.IV,p.89. • ' - , Vo. I · texte numérisé non relu

UHo<l«,t.IV,p.89. • ' - , Vo. I

iim\ LE, AOi OFiia£ 1|A PAIX. 491

jivfuent refusé de rompra avec la France et m^rae coniracté entre eux un traité récent pour Cuire respecter leur neutralité maritime (17 mars 1693). I/ittîs se re|M>rtait bien en deçà du manifeste par lequel il avait entamé la guerre en septembre 1688 : il oflhdt de raser Mont-Royal Trarbadt , ce qni équivalait à révacuation de Télectorat de Trêves ; de raser les ouvrages construits en face du Forl-LoLiis et de Iliiiuii^iiu , sur la i-ive droite du Rhin; de rendre Frevbuurg et PhilipsbouriLr fortifiés; île i énoncer, pour sa belle-sœur, à toute revend icalioii sur le i'alaliiiat; de donner au jeune duc de Lorraine (Léopold I", lils aîné du feu duc Charles Y] l'équivalent du revenu de son duché; eiilin, de s'en rapporter sui- les réunions à l'arbitrage de Venise, ne s'attacbant immuablement qu'à la conservation de Strasbourg avec ses forts. Il promettait de s'entendre facilement, à des conditions raisonnables , avec les autres princes et états alliés *.

C'était le premier pas rétrograde qu*eût Ikit la France depuis l'avénêment de Ricbelleu. La diplomatie de Louis XIV devenait aussi modérée que ses armes étaient violentes , et présentait un étrange contraste avec cette guerre sauvage dont les cruautés n'avaient pas cessé par la mort de Louvols.

Avant la fin de l'année , Louis offrit de rendre à l'Espagne ses récentes conquêtes des l^lys-Bas et de Catalogne, en rasant seulement les fortifications de Charleroi; de rendre Hui à l'évéché de Liège; de rétaitlir le rnnmierce avec les Provinces-Unies sur le pied du (rai'é de Niinègue ; enfin , il consentit à ce qu'en cas de mort du roi d'Espagne, l'électeur de Bavière eilt les Pays-Bas catholiques : vainqueur, iiolTraitce qu'on eût pu lui demander s'il eût été vaincu. Par cette énorme concession faite à la HoUande et à l'Angleterre , Li;»ujî#, allait au-devant de la combinaison qu'il avait si.énergiquement repoussée en' 1635, et.abl^ldonnail le g^d dessein <j\e compléter la France,, pour çonserver au deliors les cfaanices de sa dypastie. L'envoyé; de Danem<|rk.en Angleterre coq^muniqua ces conditions à OuiUaumc; I]a çt !|u annonça qujs, comme l'Angleterre n'y était pas comprise , c le roi son maître

1. AcUi tt Memoirt$ d$ la paU dt Rfftwick, t. i", p, 33» , ^ '. * >. • . «

I9S LOUIS IIV. * [tm]

s'éloit déjà employé à disposer le Roi Très-€li rétien à ne point accrocher par là la pai\ générale (21 décembre) » La reconnaissance (le Vitsujyatnir comme roi irAnirleterre était, en eiïet, ce qui devait le plus coûter et à l'orgueil et aux couvictioDS monarchiqnes du Grand Roi'.

De nouvelles négociations particulières avaient été reprises avec le duc de Savoie , depuis sa défaite de La Marsaiile; Louis se montrait disposé à rendre toutes ses conquêtes, et le dac paraissait désirer TiFement la neutralité de l'Italie, que l'empereur rejetait fort loin ; mais ces pourparlers secrets se prolongeaient sans résultat positif.

Les deux couronnes du Nord, d*un côté, le pape , de Tautre, s'employaient avec zèle à préparer la pacification emvpéenne. Innocent Xfl s'était toujours montré Men intentionné pour la paix et, d'ailleurs, Louis XIV avait acheté son amitié par une transaction lemiinait le long dillcrcnd de la France et du saint-siégc. i^à, comme vis-à-vis de la coalition, les concessions vinrent du côté du Grand Roi. Apri> dos années de négociations, il fut convenu que les ecclésiastiques qui avaient siégé dans l'assemblée de 1682, et que le roi avait depuis nommés à des évêchés, écriraient au saint père , chacun de leur côté , une lettre conçue en ces termes : « Prosternés aux pieds de Votre Béatitude, c nous professons et nous déclarons que nous déplorons, du fond € du cœur et au delà de tout ce qu'on peut dire, les choses faites • dans ladite assemblée (de 1682), lesquelles ont souverainement t déplu à Votre Sainteté et à ses prédécesseurs ; c'est pourquoi « nous déclarons ne pas tenir et ne pas devoir être tenu pour c décrété tout ce qui a pu être censé décrété dans cette même c assemblée touchant Îa puissance ecclésiastique t£ l'autorité t pontificale. De pins, nous tenons pour non délibéré ce qui a pu € être censé délibère au préjudice des droits des églises (la « régale^. » Les IcUrcs des évéques furent accompagnées d*une

Page 1