‹ Historie De FranceChapitre 58 sur 168 · XIV · texte numérisé non relu

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m LOUIS XIV. I16d4)

plus prantl (iirellcs russonl encore fait, et (iiii, suivant lui, devait Hve le dernier : c'étaient toujours Jes mômes promesses, que l'événement démentait chaque année. Les tories étant trop favorables à la paix , il revint complètement aux wliigs, qu*il investit de tous les grands postes ; il parvint à calmer rirritation qu'avaient causée les désastres de la marine marchande, et fit voter par le parlement pour Tannée 1694 environ 5 millions et demi sterling; on convini d'entretenir quarante mille marins et qu:itre-vinprt -trois mille soldais anglais ci d'augmenter les subsides payés aux alliés. Celte énorme dépense fut couverte par une augmentation de Taccise sur les bières , par divers droite nouveaux, par une capitation, par une loterie, par le renouvellement de rUnpôt de 20 p. 100 sur le revenu foncier, enfin, par un emprunt , dont les sôuscripteurs furent constitués en corporation tînancière sous le litre de Compagnie de la banque d'An- (jleirrre

Si l'euipcreur et rEspafîie eussent tenu leurs engagements aussi fidèlement que rAngleterrc et que la Hollande, les alliés eussent pu, en 1C94 , opérer partout avec des forces colossales; mais Léopold s'obstinait à poursuivre contre les Turcs une lutte coûteuse et peu décisive et ne réussissait, en partageant ses forces, qtt*à mal faire la guerre tout à la fois sur le Danube et sur le Rhin ; quant à l'Espagne, son désordre et son épuisement ne lui pernietl.iienl de rien faire complètement ni à point.

Les alliés s'étaient préparés h prciidre rofTeusive en Flandre, en Piémont et sur les côtes de France. Louis XIV, conti*aint à réduire ses dépenses, avait changé ses plans et décidé de se tenir partout sur la défensive, excepté en Catalogne, où il résolut de porter des coups vigoureux pour contraindre TEspagne à désirer la paix.

Los Pays-Bas catholiques semblaient devoir être le théâtre de ^Tands événements celle anuée-là. Les alliés y avaient réuni l:i plus puissante armée qu'ils eussent encore mise sur pied , et (juillaume IH avait, entre la Meuse et la mer, plus de cent vin;:! mille combattants à sa disposition. Le dauphin et le maréchal de

1. Hume, Guiilau.nt III el Marie^ liv. III. - Mac-Aula>', Ouilliuine lll, t. III, c. i.

Hm PAYS-BAS. 195

Luxembourg n'en avaient que quatre-vin^t et quelques milles h lui opposer. L'attente publique fut trompée ; il n'y eut point do bataille. Lum ml urpr, par ses savantes manœuvres, enleva aux alliés le béaélice de leur supériorité pendant uae grande parlic de Ja campagne et réduisit longtemps Guillaume k protéger contre lui Uége et touvain. Dam la seconde quinzaine d*août, QaiUaomej enfin, dérobant deux marches à ses adversaires, se dirigea sur la Flandre française pour aller forcer les lignes ou boulevards tirés entre l'Escaut et la Lis , et prubablcmcnt tenter quelque entreprise contre les places niarilitnes, de concert avec la llolle anglo-batave. Au premier bruit de ce mouvement, l'armée française partit avec une telle célérité , qu*eile franchit qoarante>quatre lieues et cinq rivières en cinq jours : Tarant^ garde fr^c^se devança Tavant-garde ennemie à Espierre sur l'Escaut et couvrit les lignes de Flandre. Guillaume répara cet insuccès et tira en quelque sorte avantage de sa déconvenue iiiùnit : il tint les Français en échec sur l'Escaut et envoya im\ troupes (pi'il avait laissées à Liège et qu'il renforça, l'ordre ii'ÎQvestir liui. Cette place, mal fortifiée, mais de quelque importance par sa position entre Liège et Namur, fut obligée de se rendre après dix jours de siège ( 28 septembre).

La guerre d'Allemagne ne démentit pas son insignifiance ordinaire. Le maréchal de Lorges se montra aussi médiocre que lie coutume: le prince Louis de Hade, iiiaiiœuviicT liabile , se maintint, coainie l'année pncédenle , dans la forte positif ii de lleilbrou, tant qu'il fut le plus faible, puis tenta une pointe en Vlsjce, mais sans essayer de se maintenir dans ce pays ni dans le Palatinat ci&-rhénan. Le tout se borna à des marches et à des eonfre-marches sans autre résultat que la dévastation des malheureuses provinces rhénanes.

La guerre des Alpes eut encore moins d'intérêt. Le duc de Savoie, très-supérieur à Calmât , ne tira aucun parti de sa supériorité. Le duc avait été sensible à la m » li ration témoignée par Louis XIV après la journée de La Marsaiiic et souhaitait fort de recouvrer par la paix ses provinces envahies et d'échapper h des silliances qui ne hd avaient valu que revers sur revers. Il ne se. décida pourtant point encore à rompre avec ses alliés , mais ,

comme il l'av iit annoncé secrèlcment au roi, il évita tout eugagcmcnt sii ioux et rendit la can][»ap^ne eutièremeiit uulle.

La cduipagiie navale présenta, au contraire, à défaut de grands chocs, des iocidents variés et intéressants : nos côtes de la Manche et de rOcéan, menacées par les alliés, avaient été mises fortement en défense; mais la flotte française ne disputa point ces . mers aux Anglo-Bataves : la France ne fit, cette année, qu'un armement très-inférieur à ceux des années précédentes. Au commencement de mai, Gbftteau-Renaud partit de la rade de Bertbeaume (près de Brest) avec trente-cinq vaisseaux de ligne, et fit voile pour ia Méditerranée, avec ordre d'insulter les côtes d'Espagne et de rallier TourviUe, qui, à la tète de vingt à vingtcinq vaisseaux et des galères provençales, secondait les opérations (lu inaivchal de Noailles contre la Catalogne. L'année avait mal commencé ^nr mer pour les alliés ; leur tlollc marchande de Sinyme avait voulu effectuer le passage du détroit pendant l'hiver, afin d'éviter une rataslrophe pareille à celle de Tan passé : au lieu des Français, ce fut la tempête qu'elle rencontra devant Gibraltar; l'escadre anglo-batave de la Méditerranée, qui servait d escorte, souffrit autant que d'une bataille perdue; quatre vaisseaux de ligne anglais, dont Tamiral, périrent corps et biens , avec une vingtaine d'autres hùtimenis, soit de guerre, toit de commerce (28 février, 4 mars). La perte fut, dit-on, de 18 millions.

Les alliés essayèrent de se venger aux dépens de la France. Leur grande flotte, forte d'environ quatre-vingt-dix vaisseaux de ligne, avait quitté la rade de Sainte-Hélène (tle de Wight; qu(;lques jours après que Château-Renaud se fût éloigné de Brest; elle ne le rejoi-nit pas, nvah elle brûla ou coula dans la rade de Bertheanuie vin^t-cinq vaisseaux niaiiliands français chargés de grains^ de vins et d'caux-de-vie. L'amiral Uusscl ; partit ensuite avec cinijuanle v;ii>-seau\ [)our la Méditerranée, o6 l'Espagne appelait à gramis cris le secoui-s des Anglo- Balaves, menaçant de faire la paix si on ne l'aidait pas à sauver la Catalogne. Le reste de la flotte, commandé par lord Berkeley, alla embarquer des troupes réunies à Portsmouth et revint sur Brest. On y attendait l'ennemi. Le projet de descente* avait été dénoncé à lacqoes -II par un homme qui avait Ctfntrl-

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baé aalant que personne à précipiter du trône ce malheureux

monarque, mais qui, maintenant, conspirait contre Guillaume Ifl, non au profil de Jacques, mais au prolit de la belle-sneur de Guillaume, Anne Sîuai t, princesse de Danemark. Cet homme, qui éiiûc dans riiistoire un des contrastes les plus répugnants à la conscience humaine, l'assoeiation de l'immoralité et du génie, c'était (Churchill de Marîhorou^ih Au reçu de cet avis, Louis XIV avait dépôché Vauhan à Brest pour diriger l'emploi des fonnidables moyens de défense accumulés dans ce grand arsenal. Vauban distribua dans lc« forts, sur les rochers et sur des barques plates, autour de la rade intérieure de Brest et de la rade eitérieure de Bertheaume, trois cents canons et quatre-vingt-dix mortiers. Quatorze coïts bombardiers^ trois mille gentilshommes de Tarrifere4>an, cinq mille soldats et plusieurs milliers de miliciens garnissaient tous les points attaquables. Llsrairal Berkeley tenta néanmoins un débarquement dans la petite baie de Camaret, au sud-ouest du goulet de Brest ( 18 juin). A peine un millier d'Anglais curent-ils mis pied à terre sous le feu des batteries côlièrcs, que les soldats de marine fondirent sur eux, les culbutèrent et les rejetèrent dans la mer. Le général Talniasb, commandaut des troupes de débarquement, avait été mortellement blessé. Le flot se retirait : une partie des chaloupes anîilaises et une fi i iie hollandaise restèrent échouées et furent oljligres de se rendre. Deux vaisseaux anglais, dont un contre-amiral, et plusieurs transports furent coulés par les bombes françaises. La flotte alliée regagfia tristement les côtes d'Angleterre.

Elle en repartit le 16 juillet et se dirigea vers la Haute-Nor* mandie. Les 22 et 23 juillet, elle fit pleuvoir sur Dieppe un millier de bombes et de carcasses incendiaires. C'était plus facile et moins périlleux que de renouveler la descente : le succès fut meilleur. La patrie d*Àngo et de Duquesne, la Dieppe du moyen âge et de la renaissance, avec toutes les maisons de bois sculpté qui s'entassaient dans ses rues étroites, s'abima parmi les flammes. De là, reimemi se jjnrta sur le Havre; mais l'approche moins aisée, le vent peu favorable, la nature des constructions, le Havre

1. La lettre oiiMarlbonMigh rMà* rcsp44itiooi«l«oq,uct U aété^bli^ dan* 1m Shtarf» popin.

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étant une ville de pierre et non une ville de bois comme Dieppe, enlîa les précautions habilement prises pour empêcher i'iacendie de se propager et pour faire dévier le tir des ennemis pendant la nuit, préservèrent presque entièrement le Havre (25-31 juillet). Les alliés se retirèrent de nouveau en rade de Wight, puis, le 22 septembre, ils vinrent reconnaître ■ Dunkerque et, jugeant impossible de bombarder la ville sans avoir détruit les deux forls de la double jetée qui se prolonge si avant dans la rade, ils lancèrent contre les forts deu\ machines infernales pareilles à celle qui avait failli détruire Saint -Malo. Toutes deux , écartées et ouvertes par le canon des forts, éclatèrent en rade sans aucun effet. L'ennemi alla ensuite jeter quelques bombes dans Calais» puis, la mer devenant mauvaise, il s'éloigna définitivement, après avoir éclioué [)arlout, si ce n'est à Dicpi)e.

Au iJiomeul où les Anglo-Bataves nienataitiU en vain Dunkerque après Saint-Malo, les deux héros qu'avaient enfantés ces deux villes se signalaient par de nouveaux exploits. Jean Bart, avec six vaisseaux et deux flûtes armées, avait été au-devant d*une flotte marchande danoise et suédoise qui apportait des blés de la fialtîque en France, où la cherté durait encore. Ouand il rencontra cette* flotte, entre la Meuse et le Tcxe!, elle veiiaiL do tomber au pouvoir de liini Naisscaux hollandais supérieurs en force aux bâtiments de l'otadi-ille fiançaiso. Jean Bart commande sur-le-champ un abordage général, emporte liuis des vaisseaux ennemis, met les autres en fuite et ramC*ne au grand complet dans nos ports les cent navires chargés de grains (29 juillet). Duguai-Trouin, plus précoce encore que n*avaît été Tourville, égalait, à vingt et un ans, les premiers entre cos marins français dont les noms étaient devenus aussi terribles à l'imaginatiou des peuples que les noms des anciens rois de mer. Avec une frég^ale de trente canons, il avait enlevé deux bdtimenls anglais d'égale force : il est enveloppé par six vaisseaux de ligne anglais; blessé et pris après une lutte prodigieuse, il s'évade dans une barque, comme avaient fait naguère Jean Bart et Forbin, revient prendre le commandement d'un navire de quarante-huit canons, attaque à la fois deux bâtiments anglais de cinquante et Irente-huiL canons, et les prend tous deux. tVlit-Uenau, aussi bon

[1194} J£AN BART. Ot'OUAI-TAOUlN. 499

du bras que de la ièUi, avait, de son c6té, enlevé à l'abordage un vaisseau anglais qui rapportait de l'Inde des valeurs énormes en

diamants (500,000 livres sterling, dit-on). Les An-lais ne furcnl pas plus heureux d.ms les mers loinlaines. Los colons français des Antilles oprioreîU une descenie dévastalricc à la Jamaïque, pour venger riuvasion du lenKdirc français de Saint-Domingue par les Anglo^ËspagnoU ; le Sénégal et Gorée furent reconquis sur les Anglais» qui avaient surpris ces comptoirs Tannée précédente *.

Tandis que les alliés attaquaient avec si peu de succès les côtes de France, les 1 r ançais faisaient sur la cAte d'Kspagne des progrès (jui eussent été beaucoup plus considérables si l'anni^c eût été mieux approvisionnée et mieux entretenue par le ministre de la guerre. Le maréchal de NoaiIlcs,avec une vingtaine de mille hommes, avait, le 27 mai, forcé le passage du Ter au gué de Toroella, emporté les retranchements élevés par lés Espagnols à l'autre bord de la rivière et mis en déroute leur année, plus nombreuse que la sienne. Maître de la canipa^^nc, il assiégea Pdl unos. To n ville seconda les opérations par mer. Château-Renaud venait de le joindre avec sa flotte, après avoir réduit Tescadrc anglo-batave de la Méditerranée et Tcscadre espagnole à se cacher dans les ports d*Ëspagne et avoir brûlé dans les Alfaques (lagunes voisines des bouches de l'Èbre) quatre vaisseaux de guerre espagnols. La ville de Palamos fût emportée d'assaul le G juin ; le château se rendit le 9. Le roi eût voulu qu'on marchât sur Barcelone ; Louis espérait que les Barcelonais se soulèveraient en faveur de la France. Le bombardement récent de leur cité n*était pas fait pour raviver leurs vieilles sympathies françaises» et Noailles jugea imprudent de tenter un si grand siège, loin de sa base d'opérations, avec une armée peu nombreuse, très*mal payée et mat pourvue de vivres. Le mal tenait non-seulement à la pénurie trop réelle du gouvernement, mais encore à l'ignorance, à la présomption et au mauvais vouloir du ministre Barhczieux, qui avait les vires, sans les grandes qualités de son père Louvois et qui n'aimait pas

''1, L. Gu(>rin, .t. li, p., — <^uitici, t. il, i». îl y^. — lii^me, Guillaume II l et

m iiiOUIi> XIV.' ' (1694)

Noailles, parce que ce géDôral expérimenté, comptant sur Famitié de madame de Maintenon,ne se croyait point obligé de plier SOI» un jeune (at, et se mettait autbnt que possible en correspondance directe avec le roi. Noaillcs, du consentement du roi, se rabattit sur Girone , qui commande ie cours du Ter et tout le Laiii|jouidan. Cette place importante était défendue par plus de cinq mille soldats et de quatre mille miliciens. Investie le 17 juin, elle capitula dès le 50. Noaillos, arrêté une quinzaine de jours par le manque de rcsbouixes, s'rivnnrn rii^iiite contre Oslalrich, sur la route de Girone h Barcelone 18 juillet). Les liabitants livrèrent la ville aux Français ; la garnison se réfugia dans le ch&teau, protégé par sept retranchements étagés du haut en bas d'une colline escarpée. Ge redoutable amphithé&tre semblait' inaccessible. Deux grenadiers fhmçais s'avancent sans ordre jusqu'au pied du premier retrandiement: « Je gage, dit Tun des deux à son camarade, qu^tu n'oserois monter là. » L'autre lui saute sur les épaules, se bisse sur le parapet et appelle le régiment, qui accourt eu foule. Les ennemis s'eflhiient; les grenadiers escaladent les sept retrancbements les uns après les autres et entrent dans le cbâteau péle-méle avec les fuyards (19 juillet).

Maître de presque tout le nord de la Catalopme, Noailles eût pu alors aUaqucr Barcelone ; mais l'auiiral Ruî^sel élail entré dans la Méditerranée et avait rallié les escadres ennemies demeurées dans les ports cspag:nols : i! se trouvait très-supérieur h Tourville ; celui-ci avait eu ordre d'éviter le combat et s'était retiré à Toulon. Noaillcs dut se contenter d'ailer prendre Castcl-Follit, seule place que les Espagnols eussent conservée au nord du Ter (4-8 septembre) ; hi troupes furent mises en quartiers d'hi* Ter'.

La campagne de IfiM avait- été peu éclatante èt peu décisive et les résultats avaient été en > sens inverse- de la grandeur des forces déployées ; mais le peu qu'il j avait de résultats était encore fiivonibleauxVnincftis. Les chefe de la coalition ne s^en montrèrent pas beaucoup plust pacifiques: il y avait eu quelque

1. .Wrm. de Koailles, «p. Coilect. Mkhand, 3« lér., U X, p. iH-Ql, — (^uind, U II, p. 51-7 i.

Iie$51 MOHT DE LUXEMBOURG. Sût

essai de négociation secrète avec rempereur, dans un moment où ràrmée impériale da Danube seraliilait fort compromise vis-à- Tis des Turcs ; mais cela n*a?a]t pas eu de suite. Louis n*avait

pu , jnsqne-lh , se décider à faire des avances au prince d'Orange : ceprridajit, an commencemènt de 1695, sur le refus fait parles alliés de iii'pocicr séparément , Louis déclara qu'il nr prétendrait se prévaloir d'aucunes conventions particulières, « jusqu'à ce que le prince d'Orange fût content sur ce qui re{:arde sa personne et la couronne d'Anp:leterre. » CYtail un grand pas de fait; TAngleterrc et la Hollande, de leur côté» avaient transporté le débat hors du terrain de la Grande Alliance , en réclamant , non plus les traités de Westphalic et des Pyrénées, ce qui eût rendu la paix impossible, mais les traités de Westphalie et de Nimègue ; seulement, elles voulaient que- le retour pur et simple à ces traités fût accepté préalablement par la France et que Louis se liât ainsi les mains, tandis que les alliés conserreraicnt la faculté de demander de nouvelles garanties (mai 1695). On était encore loin de s'entendre, Louis prétendant garder Strasbourg et Luxembourjî

Une grande perte que venait d'essuyer îa France encourageait l'obstination des alliés. Le uiartVlial de Luxembourg n'existait plus. Cet illustre guerrier avai4 toujours conservé les habitudes licencieuses des héros de la Fronde, les uircurs de la jeunesse du grand l-tudé; il menait, j^i soixante-sept ans, un genre de ^ic ' que sa ligure et sa taille contrefaite, plus encore que son âge, rendaient au moins étrange : sa santé ruinée ne résista point à l'attaque d'une maladie inllaniinatoire , qui l'emporta le 4 janvier 1695. France perdait en lui le général le plus redouté qui lui restât et Tadversalre toujours heureux du roi Guillaume. Ce fut un des plus grands gagneurs de batailles qui aient laissé trace dans Tldstoir»: aucun général moderne, avant lui , n*avait maniô d*au8si grandes masses de soldats avec autant d'aisance e% de précision. Ses habitudes déréglées, peu compatibles avec les desseins patients, avec la vigilance de toutes les heures et les combinaisons h loug tenue , l'empéchérenl seules d'cU c un

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