‹ Historie De FranceChapitre 60 sur 168 · PERTE DE NAMUR · texte numérisé non relu

PERTE DE NAMUR

mille; renDemi avait perdu dix^huit à vingt mille soldats dans ce terrible siège.

C'était le premier succès considérable que Guillaume eût obtenu sur le Continent depuis le commencement de la guerre, et ce succès élait relevé à ses yeux par l'humiliation personnelle du Grand Roi, à qui la prise de Nam^ir avait valu naguère tant de louanges en vers et en prose. Louis avait, jusque-là, plus d'une fois restitué de ses conquêtes personnelles, mais n*en avait point . encore reperdu par la force. L'effet de la reprise de Namur fut très-grand en Europe ' .

Il csl à peine nécessaire de dire qu'on ne se dédommagea point de relte perte du eùté de rAUemagne. Le maréchal de Lorges eut encore, à rouveilure de la campagne, quamnte-cinq mille hoaiuies, dont plus de inoitié cavalerie, contre moms de vingtcinq mille. L'armée ini[)énaie ne se formait que difiicilcment. La division régnait entre les princes allemands, par suite d'un acte très-grave que s'était permis l'empereur. Léopold, pour gagner le duc de Hanovre, qui avait longtemps flotté entre l'Autriche et la France, avait promis de créer un neuvième électorat en foveur de ce prince, sous la condition secrète que la branche de Brunswick- Hanovre s'engageftt à voter toujours pour l'alné de la maison d'Autriche comme roi des Romains ( 23 mars 1692]. Léopold avait tenu parole (29 décembre 1692], mais trois des électeurs, Trêves, Cologne et le Palatin, avaient protesté; le collège des princes de l'l:.m[)ire, parnn lesquels ic duc de Brunswick -WoHenbuttel, clief de la hranclie aînée des Ui'unswick, avaient suivi cet exemple et bêlaient engagés, par un acte d union, à ne point admettre le neuvième électorat (11 février 1003). Cet acte fut renouvelé et fortifié par de nouvelles adhésions le 24 mars 1G95, quoique Léopold eût reculé et déclaré qu'il suspendrait Teffet de Tinvestiturc jusqu'à ce qu'il eût obtenu le consentement de la diète. Ëu gagnant les Brunswick- Hanovre, Léopold avait fort refroidi d*autres maisons souveraines. Les généraux français ne tirèrent parti de cette situation que pour manger le plat pays entre le Nccker et le Meio. L*infériorité numérique des Impériaux cessa bientôt par un grand

1. t^uinci, t., II i>. 100 lôG. — Saiut-Hikirc. t. U, p. 118, 161-163. — Feuqaières, t. II, p. 241-219; m, p. 336; IV, p. lïlî^l.

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