‹ Historie De FranceChapitre 62 sur 168 · Jtfi/i». de Catiiial, l · texte numérisé non relu

Jtfi/i». de Catiiial, l

ITALIE. CArALOiilKE.

çais, s'étaient souleTés contre eux avec fureur. Les paysans armés, plos redoutables aux conquérants que ne Tavaient été les troupes

régulières de FEspagne, battaient les détachements, enlevaient k s convois, hioiiuaient les places. Le maréchal de Noailles, qui sentait la situation devenir de plus en plus (iUiicile et qui était las de lutter contre le mauvais vouloir du ministre de la guerre, demanda son rappel sous prétexte de maladie. Le roi envoya le duc de Vendôme. Cet arrière -petit- fils d*Henri IV et de Gainrielie, très-débauché» très -spirituel et très- brave, s'était fort signalé partout où il avait porté les armes , >mais n'avait point encore commandé en chef. Ce tlioix fut phis lieunux que celui de \ilU i kI. Vrjidùuie a^.'lit lIc grands défaul^-, m iis dos qualités plus glandes encore. Par ses qualités comme par ses délauts, il ressemblait fort à Luxembourg, qu'il remplaça, comme laxemboufg avait remplacé le grand Gondé, sans tout à fait Fégftler. Notre histoire présente une double série décroissante de capitaines qui semblent engendrés les uns des autres et qui représentent le génie de la guerre sous ses deux aspects : ce sont Gondé etTurenne, Luxembourg et Calmai, VoFidonie et lienvick Vendôme, dans l'état dts choses, ne put faire un brillant début. Il dut démanteler Ostalrich , Gaslelfoilit, Palamos et quelques autres postes qu'il ne pouvait garder-au milieu d'un pays sou* leré, et, des conquêtes de l'année précédente, il ne conserva que Girone.

Kn 1G95 , comme en 1694 , la France n'eut pas de flotte sur les

mers du Ponant. Les Anglo-Uataves recommencèrent leurs ait i j ues contre nos villes maritimes. Le 1 4 juillet, les amiraux Bcikeley et Aileiiiunde se présentèrent de nouveau devant Saint- Malo et booibardèrent à la fois la ville et le fort de la Coucliée, bâti sur un rocher dans la mer pour défendre l'approche de la place. Us nitaèrent ou endommagèrent un certain nombre de maisons, mais ne purent pas même brûler le fort , qui n'était alors qu'en bois et qui fut, bieiilùt après, remplacé par une ciladellc plus redoutable. Plusieuis de leurs galiotes à bombes furent coulées ou bi-ûlécs par le teu de la place et du fort. De là, ils tirent voile

i. A YicoU de Coadé peut wimi m ratlaélier VîU«n.

m LOUIS XIV. nmi

ym les odtes de Nonnandîe, bombardèrent en passant Granville, petite ville alors sans défense et sans importance, puis se dirigèrent sur Dunkcrque après a\uii renouvclc leurs iiislrumunis de destruction. Des chaloupes arméos empêchèrent les galiotcs d'approcher de Dunkerquc et allèrent héroïquement accrocher et détoui'ner les machines infernales lancées ctuitre Ir^ forts des deux jetées. Pas une seule houihe n'arriva jusqu'à la ville (il aoùl). Les alliés perdirent dans leur retraite une firégate échouée et brûlée. Ils ne furent pas beaucoup plus heureux contre Calais; ils firent quelque dégât dans la place avec leurs bombes, mais ne purent incendier le fort de bois qui protégeait Calais du côté de la mer. Les grands préparatifs et les terribles menaces des Anglais aboutbneat ainsi, comme on le dit spirituellement en France, à cm9r de9 wiret (me des guinèe$ : ils avaient dépensé incomparar blement plus que ne valaient les maisons qu'ils brûlëreVit.

Tandis que les Anglo-Bataves employaient leurs principales forces navales à protéger les eûtes d'Espagne et ;\ insulter les côtes de Franco, les corsaires Irinçais coiiiiniiuioiil à désoler leur c^iniiierce. Dunkcrque et Saml-Malo bravaient rimpuissanle colère des alliés et regorgeaient de leurs dépouilles. Les riches vaisseaux de la compagnie anglaise des Indes-Orientales furent enlevés au retoui", avec beaucoup de naviix's des Antilles; la perte fut d'un million sti^rling. Les Anglais et les Espagnols échouèrent dans une attaque contre la partie française de Saint^f Domingue : les Français, au contraire, prirent et détruisirent le fort an§^ de la Ûambie au commencement de Tannée suivante.

La mer tenait rigueur aux alliés ; cependant, pour bi première fois, le résultat général de la campagne leur était avantageux. La France s'était vu enlever deux places de premier ordre. L'une de ces places, à la vérité ,^ ne défait plus profiter à personne

et la défection du duc de Savoie allait ôter aux alliés beaucoup plus que ne leur donnait l'annulation de (lasal.

Les alliés ne voulaient j)as encore ouvrir les yeux sur cette défection imminente et s'enivraient d<' succès bien nouvea^ix pour eux Guillaume et Léopold crojaienl voir s'ébranler euliu ÏQ colosse de la muuai'chie française et s'obstimieiit à redoubler

am ' BOMBARDEMENTS» GORSAIRE& S13

d^elTorts pour rabattre. LéopoM mit potirtanf essuyé, d'un autre

côté , d'assez graves échecs. Lu nouveau sultnn , jciine et brave, Mustapha 11, avaii [h is en personne le coniinandeuvi jit do l'année othomane, reconquis plusieurs places en Hongrie et hattu les hnpériaux. On s'était lorif:teinps exniréré la forco réelle des Turcs : depuis , on s'était exajréré leur laiiiiesse ; mais , au moment où on les croyait terrassés, ils se relevaient comme [Kir un ressort inattendu et se montraient encore redoutables. 11 en devait être ainû bien longtemps de ce peuple.

Guillaume convoqua - un nouTeau parlement pour le î décembre 1695. Les débats de la demiâv seSftlon avaient révélé les moyens peu honorables par lesquels Guillaume conquérait la majorité : la vénalité avait été aussi grande dans ce parlement qu*au temps deGbarles II, avec celte différence capitale, toutefois, que ce n*élait plus Tor de l'étranger qui achetait les votes *. Les whigs, qui dominèrent le nouveau parlement, tentèrent de mettre un terme à la corruption qui régnait dans l'administration, niais, en même temps, accordèrent au roi des subsides plus considéi-ables que jamais, ahn de poursuivre les avanta^jes obtenus sur la France. Ils votèrent 5,240,000 livres sterlinj^ jioiir la guerre, sans compter 500, uon livres sterlin*? pour remettre à flot la liste civile grevée. Louis XIV, cependant , an commencement de 1696, déclara au roi de Suède, comme médiateur, qu'il acceptait le jugement de la Suède quant aux modifications à faire aux traités de Westplialic et de Nimègue, et Charles XI dédara, de son côté» que la Suède n'admettrait aucun change* ment qui altérât la teneur des deux traités. Ces manifestations conoUianâes, qui senAlaiesit indiquer que Louis pourrait renoncer à Strasbourg et à Luxembouiig, n'arrêtèrent pas les préparatifo militaires.

Louis s'apprêtait à un vigonreux e£Gofrt pour effacer Fimpres-

sion , produite par la perte de Namur. H était revenu à la pensée

d'attaquer Guillaume en Angleteire même. A Versailles comme à Suiui-bciiuaiii, un croyait Guillaumu moins solide sur le trône

1. M.Mac-Anky, dâM son Gnatamau Itt, donna d'Ialéreaauitw cvptioitlom rar !«■

cnu^c^ ot !(• vrn! e.irïKt<^re delà corruption portenieateire CD Angleterre, «l y di*reli« de» eixm» 9u &veur deâniliuuM.

814 * LOUIS XIV. • Il69«j

depuis la mort de sa femme , qui lui avait donné, pendant qu'elle vivait, mie sorte de quasi-légitimité. L'agitation était grande en Angleterre ; une partie de la noblesse campagnarde tenait toujours pour le vieux droit : le commerce se plaignait avec colère

d'ôtre abandonné aux corsaires français, tandis qu'on employait les flo(t<^s brilannitjiies à courir la Méditerranée ou à iri>iil(er des ports qui se railIaitMit de Umus tentatives ; le conniierco an^flais évaluait ses perles au chiffre monstrueux de quatre mille deux cents navires et de 30 millions sterling ! L'argent manquait. La refonte des monnaies, opération excellente en elle-même, augmentait momentanément la gène en diminuant la circulation. Les Jacobites exploitaient ces causes de mécontentement pour en faire sortir la révolte, el avait iit annoncé au cal)inot de Versailles qu'une grande levée do boucliers s'o[>érerait dt> t|u'un corps auxiliaire français descendrait sur la côte britannique avec le roi Jacques* Des armements considérables furent préparés dans les ports français : seize mille soldats d*élite furent réunis à Calais, à Dun- . kerque, à Gravelines, et Jacques II, dans le courant de février, alla se mettre à la tête de ces trou]>es, que devaient escorter Jean Bart et d'autres marins fameux.

Pendant ce temps, le coiuplnl :i\()iiiit rn Angleterre. Les conspirateurs ne s'élaient pas coriteutLS de jiréparer une prise d'armes et d'enrôler les mécontents ; les plus déterminés avaient projeté de tuer Vusurpateur. Deux ou trois de leurs complioes, soit crainte y soit remords, les dénoncèrent : plusieurs des chefs furent arrêtés et avouèrent tout. Guillaume fit à la hâte mettre en mer tout ee qu'il avait de navires de guerre sons la main. L'amiral Russel , qui était de retour avec une [un iio de la flotte de la Méditerranée, fut , en quelques jours , à la téte de cinquante vaisseaux et frégates, et alla croiser devant les dunes de Fiance, où il fut renforcé par une escadre boUandaise. La Hotte de Toulon, mandée par le roi, n*était point arrivée; les escadres réunies sur les côtes de Flandre et de Picardie n'étaient point en état de forcer le passage. Le roi Jacques retourna tristement h Saint-Germain.

Cette entreprise, Ijien (iu'<'lle n'eût pas même reçu un commencement d'exécution et qu'elle eût provoqué, en Angleterre

[im] COMPLOT E.N ANGLETERRE. SIS

etenScosse, de bruyants témoignages d*attachement à la personne de Gnillanme» parut produire une forte impression sur

ce prince. Le sentiment des dangers qu'il avait courus le rendit (loren.ivaut moins opposé à la paix. Il ne fut pas d'aïUiiirs en mesure d'cnlreprendre rien de ct>nsidérable dans les Pays-Bas. Il y réunit de trèfr>graades forces, mais les français lui en opposèrent d'à peu près égales, et le manque d'argent gêna beaucoup ses mouvements. Il était plus fiicile au parlement de voter de lourds impôts que de les fidre acquitter de bonne grâce et rentrer promptement. Guillaume ne crut pas pouvoir tenter un grand siège en présence d'cnnoinis puissants et avec des troupes tivil [la^ccs et mal approvisionnées. Les Français, qui nV'taicnt guère en meilleur étal , n'en firent pas davantage. Quatre armées se tinrent en échec tout l'été : du côté de Sambrcet<Mease , Boufaers resta sur la défensive devant Guillaume : du eOté de l'Escaut et de la Lis, Yaudemont eut la même attitude devant Yilleroi : deux cent cinquante mille hommes restèrent sinsi en présence plusieurs mois sans aucun résultat, si ce n'est que les Français parvinrent à se maintenir sur le territoire ennemi.

En .\llema^e, comme de coutume , il ne se passa rien d'important : seulement, cette fois, ce fut une victoire pour la France qae d'avoir rendu la campagne nulle. Bien que la ^erre de Hongrie fût redevenue plus active et plus défavorable à Tempereur, Léopold , qui ne voulait pas plus de paix sur le Rhin que sur le Dîinube, avait trouvé moyen de doiHR r au j)rinco Louis de Eadc cinquante mille lioinuics contre ti'cnle-t'in*] nulle qu'uNait le maréchal de tJioiseul. Choiscul, vieux capitaine jusqu'alors sans éclat, choisit une très-bonne position sur le Speyer-Bach (ruisseau de Spire) , couvrit à la fois Landau, Pbilipsbourig et l'Alsace, et empêcha le prince Louis de pénétrer sur notre territoire et d'assiéger nos places. C'était un beau sucoès vIs-à-vIs d'un aussi bon général <|ue le prince Louis.

Les opérations en Calalu^ne furent peu iiitt i cssantes. La grande Hotte anglo-batave avait quitté la Méditerranéo , et les Espagnols û'étâient pas en état de garder FolTensive. Le duc de Vendôme imttît leur cavalerie près d*Ûstalrich, mais il n'était point assez

«46 tOUIS XtV. [I«MI .

fort pour attaquer liarcelone, atcc les poimlations soulevées sur iics dcrrièi"es.

La dipimnatic continua d'agir plus que les armrs on Piéinont. Les négociations secrètes avec le duc de Snvr H iN uont rli" poursuivies durant l'hiver. Victor- Amédée, t\pli lui t li h -ir trop évident que Louis XiV avait do la paix, ne se ruulculaU [tins de recouvrer ses domaines envahis : nprH avoii- roussi à aruuilor Casai, il demandait maintenant que la France lui cédât Pignerol démantelé. Quelques années plus tôt^ Louia XIV eût souri de pitié à une telle proposition : il refusa au premier abord ; puis il discuta. Au printemps, la conclusion se faisant attendre , Gatinat, puissamment reofofcé» descendit dans la plaine de Piémont avec cinquante et quelques mille hommes, aân tout à la fois de peser sur le duc et de lui fournir un prétexte pour accepter les conditions du rol« Quelques jours après « un traité fut signé entre les agents secrets de Lonis et de Victor- Amédée (30 mai). Le duc, est- il dit dans ce traité, s'engage dans une ligue ofTcnsive et dofonsivc avec le roi jusqu'à la paix générale. Louis, à la jwiix, cédera ii Victor-Amédée Pi^norol (iénuuitolé, nvoc ses (lc|X"ndances, jusqu'au piod du Mont (lonL'vro,à oondilion quo los forlitic^tioiis ne seront jamais rétablies. î c roi rendra la Savoie, Suse et le comté de Mco, dès que les Impériaux et autres étrangers seront sortis de l'Italie et U s Espagnols rentrés dans le MilanaU. Le roi ne traitera pas, sans le duc,aTec les cabinets de Vienne et de Madrid. Lemanage de la princesse Marie- Adélaïde, iille aînée du duc, est convenu arec te dnc de Bourgogne, Tatné des petiCsflls du roi. Le roi acoorde au duc le temps convenable pour se dégager honnêtement de la ligue (c'est-' à- dire jusqu'à la fin d'août ). Les ambassadeurs do Savoie seront désormais tmilés en France commQ oeux des tètes couronnées. Le duenepeimetlra plus dorénavant aux réfugiés français de s'établir dans las mdlées vaudoises de Luzerne, le roi ne se m/^lant point d'ailleurs de la iiKinière dont le duc tr.aitera les Yaudois. Le duc s'engage, si la ULulralité est rétablie on Italie, à réduire ^es foires à sept mille cin(j ri lits iantussins. et quinze cents elievaux. Si la neutralité n'est point acceptée, au septembre, il joindra ses troupes à celles du roi et commandem l'armée couibinée. Les conquêtes qu'on

Hm] TRAITÉ AVEC LE PIÉMONT. «7

pourra faire dans le >hi.iii.ii> iiu aiiparliciKironl. I.c loi, [jcmliiDt la gutTrc, lui paiera un subside de 1U0,000 écus par mois *.

Le duc de Savoii' gagaail ainsi à ses défaites ce qu'il eût pu e>pércr d'une pi (M IV heureuse. Louis XIV, lui, pour avoir sotifferl que Louvois poussât à bout ce laihlr voisin, perdait, nonseulement Casai, sa conquête, mais la ( i(>r de l'Italie, la vieille conquête de Richelieu, ce Pignerol que la France tenait depuis trois quarts de siècle et qu'elle eût dû conserver tant qu'une autre j^issaooe étrangère gardait un pouce de terrain dans la Péninsule. Et l'on regarda encore ce traité comme une victoire!

Quelques difficultés retardèrent la ratiiication jusqu'au 29' juin. Le pacte secret ratifié. Câlinât, ain^ qu'on en était convenu, proposa ostensiblement au duc, de la part du roi, ce qui était déjà tout conclu. Victor- Amêdêe conmmniqua les propositions aux ?én/'ra!ix de l'empereiu' et de l'Kspafxne , ses auxiliaires, i t leur dcrlara (ju'il ne jtouvnil laisser plus ioniiteiiips (U'soli'r ses états ni refuser Pignerul, mais prnu-bla, a\ <'c une imli - luiiiou bien jouée, contre la pensée de se joindre à la France pour attaquer bes alliés. Une trêve d'un mois fui convenue le 12 juillet, puis prnrogfée à la rni-st pteudire. L'empereur employa ce délai à tAcher de regagner Victor- Amédée par des olTres magnificiues : il alla jusqu'à lui ollHr le duché de Milan après la mort du roi d'Espagne et le gouvernement Immédiat du Milanais comme garantie. Le duc était trop engagé et les Français trop forts aux portes de Turin. Les cabinets de Vienne et de Madrid, exaspérés de la trahUan du duc, résistèrent aux instances du pape, de Venise, de toute l'Italie, et refusèrent la neutralité pour la Péninsule. Le 15 septembre, la paix fût publiée à Turin entre Louis XIV et Victor- Amédée. I^e traité pabUe ne parlait pas dé l'aUjanoe offensive et défensive; mais Victoi^Amédée avait dans su poche la patente de généralissime de l'armée combinée. Les troupes austro-espagnoles s'étaient repliées sur le Milanais. Aussilùt la trêve expirée, les Français marchèrent le lon^ du l'ù jusqu'à Valenza, la meilleure place tpii prolé^^eût le Milanais. Le 17 septembre, Victor-Amédée rejoignit Dalinat. Du 18 au iU, Valenza fut investie sur les deux rives du Pé par ks Franoo-Piémontais, Victor-Amédée opéra sans

l. JKnn. dn naféchal d« T«Mé, 1. 1«, p. 68} ISOS.

m LOUIS xiv. [iW]

semoule et sans ménagemeiits contre ses atliés de la veille, aetion contre kupielle il avait sf bien' protesté naguère an moment même où il venait d*en promettre Taecoropiissement La tnmobée Ait ouverte le 24 sciplembre- : les généraux alliés étaient faons d*état de secourir Yalenia et d*arr^ter l'invasion dix Milanais : ils se résignèrent à user des pouvoirs qui leur avaient été conférés pour ne s'en servir qu'a la dernière extrémité. Ils îicceptèn i t I t ne utralité de la Péninsule et s'en;rnfïtrL'nt h faire soi lir iiiiin ilialenient (l'Ilalic les troupes iiiipéri.ilt s vi auxiliniics , à condition que les états italiens, le pape et Venise exceptes, payassent à l'empereur 300,000 pi>tolçs. La France fit la concession d'abandonner Pignerol, non plus seulement à la paix générale , mais en même temps qu'elle rendait la Savoie et Nice (7 octobre)'.

La frontière naturelle du sud-est» un moment conquise, fut ainsi abandonnée.

Louis XIV, l'expédition d'Angleterre raanquée, s'était décidé & ne pas maintenir de grandes flottes en mer. Après que Château- Renaud eut ramené son escadre de Toulon à Brest (mi* mai), sans que les Anglchfiataves eussent réUssi à l'arrêter dans le détroit de Gibraltar, on désarma la plupart des vaisseaux, et Ton ne conserva à la voile que de petites escadres. Les alliés , au contraire , mirent en mer, au printemps, une Uotte nombreuse et recommencèrent leurs ic'iilalives contre no^; côtes, sans plus de succès <]ue j)ar le passé : ils jetèrent des ljonii)CS dans Calais , le IcS mai , a la ^in de juillet, ils rei>arurent en vue de Brest, qu ils menacèrent fort inulileînent : une jwrtie de leur flolli^ alla bombai der Saint- Martin de Hé et los Sables d'Olonnc, puis ravager quelques ilôts de la côte bretonne, sans pouvoir seulement opérer de descente à fielle-Isle, ni emporter les tours de Ilouat et de Hédic, défendues chacune par quinse aoldats. Tous les exploits des Anglais se bornèrent à couper les jarrets à des chevaux , à tuer des bœufo et & brûler des chaumières.' Les bombardements maritimes, qui n'avalent que trop bien rénssi aux Français contre des place» telles que Gènes, mal préparées à se défendre contre un tel genre de guerre, semblaient déflnitivemenf condamnés par rcxpérience, là

1. Dumont, Corps Jipl 'm iîvfue, t. VIT, 2« pftrUe, p. 368. — Mém. d« T«Mé, t. 1**, p. 71-77, — Paà de liy$u:t> k, 1. 1'% p. laO.

l(i961 PIGNËROL CÉDÉ. J.£AN BAUX. 2<9

OÙ l'on avait aflàire à des places tnen munies et d'approche un peu difficile : il a fallu Tappllcation de la vapeur à. la navigation pour rendre chance à ce cruel procédé.

Les alliés avaient lâché, cette année, de défendre un peu niieirx leur commerce. Les Anglais ) [larvinrent jusqu'il un certain puint ; mais les Hollandais furent plus uiultraités que jamais. Les alliés n'avaient pas mieux réussi à bloquer le port de Diuikerque qu'à incendier la vilk : dans le courant de juin, quatorze vaisseaux anglo-bataves n'avaient pu empêcher Jean Bart de sortir du port avec un vaisseau et six grosses frégates. Le 18 juin, Bart rencontra au nord du Texel la flotte marchande hollandaise de la Baltique, escortée par six frégates. Cinq frégates et trente on in ir inte vaisseaux marriiands tomb^^ent en son pouvoir. Ti eize vaisseaux de guerre ennemis arrivaient à toutes voiles; Bart brûla ses prises, sans en laisser reprendre une seule, et se retira lentement, sans que Tescadre ennemie osât Tattaquer. Il fit peut-être plus de mal encore à la Hollande en troublant la pèche du hareng, qui occupait quatre à cinq cents navires, et qu*ll empêcha presque entièrement, jualgré la protection d'une forte escadre. Il termina sa brillanle campagne en passant au travers de trente-trois vaisseaux nnsflobataves (\u\ voulaient l'empêcher de regagner les ports de l^ruuce. Le grade de chef d'escadre récompensa l'illustre corsaire , qui avait pris rang depuis longtemps dans la marine royale. Duguai- Trouin promettait d*égaler bientôt Jean Bart. Cette année-là, avec cinq frégates ou vaisseaux de rang inférieur, il attaqua et prit trois vaisseaux de guerre hollandais et douze riehes navires mareliands qu'ils escortaient. Le clief d'escadre Nesniond fit pour 10 millions de prises sur les Hollandais en un seul couj) de main. Cette guerre de course, si avantageuse , venait d'être rendue plus loyale par une ordonnance qui lui enlevait tout ce qui pouvait conserver chez elle quelque trace de piraterie. Cette ordonnance, qui honore le gouvernement de Louis XIV, enjoignait aux bâtiments fraTiçais d*arborer le pavillon national avant de tirer le premier coup de canon ^17 mars 1006). Les autres nations accei>tèrent successivement cette règle cojimie poi tic du droit des gens *,

1, ^NdKiMi loti fmnçam, i. XX, p. 860.— L. Gnérin^ t. U, p. 9B-105. — Qniaei, t. n, p. «68-263.

220 LX)UIS XIV. pWfil

Les Impériaux àvaient encore été mâllieureux en Hongrie dans cette canipa^^ne. Le nouvel électeur de Saxe, Prédérie-Augusle,

qui s'était mis à la tùtc de Tarraée imp^'^rialc , avait clé battu par le suUan Must.Mj)lja et obligé de lever le sié^e de Teiuosvai (2G août). Le sultan n'avait pas réussi néanmoins à pénétrer en Transylvanie et, par compensation de Téchcc de Ternes var, Tempereur avait obtenu des Russes une alliance plus étroite et une diversion efllcace. Le jeune tzar Pierre AlexiOTvitz, qui régnait depuis plusieurs années conjointement avec son frère Ivan, se trouvait seul possesseur du pouvoir suprême par la mort d'Ivau , arrivée en janvier IGOO. Sa première opération fui d'enlever aux Talares, vassaux des Tfirrs , la ville d'Azof, qui donna aux Russes rembouchure du Don et la mer d'Azof et leur prépara l'onverturede la mer Noire. Jean Sobieslii mourut sur ces entrefkites ( 17 Juin). Pierre-le-Grand s*élève au moment où So* bieski disparaît; sombre présage pour la Pologne et pour l'Europe.

Ces événements lointains à pari, la campa^e de 1696 avait été h peu près nulle en résultats militaîrefe , mais importante en résultats diplomatiques. La défection du duc de Savoie, chèrement achetée, il est vrai , avait couvert une des frontières de la France et rendu disponible une de ses armées. Louis XiV, en même temps qu'il devenait plus fort, s'était montré de plus en plus pacifique et, dans le cours de l'été, il avait signifié aux alliés, par un agent qu*il avait depuis quelque temps à La Haie, t qu'il étoît prêt à remettre téute dioses en état > selon les traités de Westphalie et de Nimègùe, les alliés conservant en sus le droit d'exposer leurs prétentions et leurs réciai nations, r/éiait ce qu'avait réclamé riuillauinc 111 lors des premiers pourparlers en 169'4. Louis ne faisait de réserves que pour Luxembourg et pour les dix villes et les seigneuries d'Alsace ; Il consenUiit à rendre Strasbourg ou un équivalent, au choix de l'empereur; équivalent qui ne pouvait être que Freybourg et Brîsach. Ceci était calculé habilement pour divlsèr Fempereur et llïinpire, le roi espérant que l'empereur aimerait mieux voir Freybourg cl llrisacli rentrer dans lu floinaine de sa famille, que Strasbouig redevenir ville libre et impéiialc Là lioliande, si cruellomeDl

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