‹ Historie De FranceChapitre 63 sur 168 · Paix Byiieidr, t. I**, p. 197 et tuiv · texte numérisé non relu

Paix Byiieidr, t. I**, p. 197 et tuiv

NÉGOCIATIONS. FINANCES. tl4

atteinte par la guerre dans la source de sa vie, dam son commerce maritime, accueillit très-tivement les nouvelles propositions de la France. Giiillauine ne mit plus d'obstacles ù ce mouvement d'opinion; le ^^aiid ennemi de Louis XIV convenait que le temps était arrive d'accepter la nicdiation suédoise et d'ouvrir un congrès. L'empereur s'obstinait au contraire à éloi^er l'ouverture des néjrociations générales jns(in",i ce que Louis eût promis de satisfaire à toutes les rcclaniations de l'Empire sur l'Alsace et de l'Ëspagne sur les Pays-Bas. Ln réalité, Léopold repoussait la paix par la même niison que Louis la souhaitait, à cause de la prochaine succession d'Ëspagne.

Le langage que tint Guillaume au parlement» h son retour de Flandre (30 octobre 16d6J, se ressentit du cfaangem^t qui 8*était opéré dans ses. dispositions ; il parla des ouvertures faites pour la paix ; néanmoins, il insista fortement sur la nécessité de ne traiter que répée à la main et de rester puissamment armé. Le parlement,, animé par Tespolr de conauérir une paix honorable, se surpassa en fait de l ibéralité et vota plus de 6 mUlionssterling, tant pour assurer les services de 1G97 (lue pour combler le déficit amené par rinsi iHisance des recouvicnienls. A côté de Tinipot sur le revenu des terres, on établit des taxes sur toutes les nutui'cs de revcims sans exception. Les six millions sterling, cependant, ne pouvaient à la fois pourvoir aux services courants et combler le fliMn it, qui dépassait à lui seul 5 millions sterling : l'état des liaaiices était déplorable ; l'argent était rare; l'intérêt à 0 ou 10 pour 100 pour les marchands; les assurances maritimes. à 30 pour 100; l'Acte de ^ Navigation était suspendu de fait et la marine anglaise réduite à emprunter les pavillons suédois et danois ; lea créances sur l'État étaient discréditées ; les billets de la b^que perdaient 20 pour 100; une banque territoriale «émette des billets hypothéqués sur lea propriétés foncières, avait été essayée sans sviccéSvLç chancelier de réchîquier, Montague» attaqua le mat enfiijce avec la hardiesse , d*on génie supérieur : il fit décider par le parlement que toutes les nouvelles taxes, sauf l'impôt territorial, seraient atlectées à combler le déticit et continueraient d'être perçues jusqu'à ce que l'arriéré fût éteint; que, s'il le fallait même, on créerait un nouvel impôt pour eu linir. En même temps, il ût autoriser récliiquier à

emprunter 1 miUI<nkBtel1iùgi^ B pour 100, en émettaiit an nombre double de billets, et à commencer de le^er, dès les derniers mois de 169G, l'impôt voté pour 1697 : la trésorerie eut ordre de rccevoir les billets de l'échiquier en paiement des diverses taxes, exrrpté la taxe foncière, l'ne compagnie fut oi-ganisée pour mettre les iiillels en cirt ulation; ces billets payèrent d'abord un escf^îiiiptc de 10 pour 100, puis de 4, puis ils arrivèrent au pair et la t oinpagnie devint inutile. La banque, de son côté, fut raflermie pax* diverses faveurs du .parlement , et surtout par la permission d'émettre 800,000 livres sterling de bons portant intérêt à8 pour 100; les billets de la banque remontèrent au pair et ses nouTeaux bons furent bientôt préférés à Targent. La machine du crédit fut ainsi remise en mouvement avec une vigueur inconnue, et rAnglelcrrr, également préparée pour la paix et pour la guerre, entra dans une voie de progrès et de développement oCt elle ne devait plus s'arrêter*.

Si l'Angleterre avait Locke et Newton pour conseiller ses ministres, la France, aussi, eût pu trouver quelques jiiiUids citoyens pour guider les siens; mais elle n'avait jias de .Moula;:ue poui les entendre, elle n'avait que Poufcliai-lrain. Le conli ûleur gciiéi'al ne savait que renouveler à profusion les édils bursaux, parmi lcs<juels on remarque une auj^mentalion des droits sur le poisson de mer, très-nuisible à la marine, la vente de cinq cents lettres de noblesse à 2,000 ècus la pièce, la levée de droits d'armoiries pour 7 millions', le rétablissement, à prix d'argent, de gouverneurs titulaires dans les villes closes de Tintérieur, etc. Les créations de rentes étaient encore le moins mauvais expédient; il y en eut, % de 1695 à 1697» pour' 6,800,000 livres au denier 14 et pour 1 million au denier \t, plus une tontine de 1,^0,000 livres au capital de 12 millions. La recette brute, tant en revenu ordinaire qu*en affaires extraordinaires, Ait, en 1697, de 158 millions; les cbarges

1. Hume, Gu/l/OMim ittrt Marit, \W, — Sftittt»On>ix, t. II, p. 85. — Uao-Aulav, CuiUaumt lii^ I. lUi c. 4. — Tout«s les rctéourtet employées ptv Montagne ne fùrent pas cçalt ment bonnes ; il avait établi une grande loterie.

Tous les g€uUkbouimes et toutes les communautés Uu royaume furent astreints à payer eee dioita : tous les eodésiastiques, officiers, bourgeois des Tille* franches, Iktrent autorisis 4 prendre des annoirles en payaot les droits. On les y contFsigiùt presque. V, Larrei, i. U, p. 2S6.

I1G0G-16'J71 POMPONXE ET TORCL *M

à déduire approchaient de 4â mijlioQS, Chaque aaoéd avait creusé le gouffre plus avant '. .

Ia marche de9 négociations commençait, il est vrai, à faire prévoir le terme des sacriGces* La dipitomatie française n*était plus conduite par Golbert de Groîfsi; ce ministre venait de mourir le 28 juillet 1696', et sa chaiige, conformément ou Sj^stème d'béré* dité ministérielle en vigueur, avait passé & son fîb, au -marquis de Torci. Cette fois» la chose publique^ n*en soufTrit pas : Torci, sans être un esprit de premier ordre , avait des qualités estima* bks et solides; instruit, laborieux, intègre et sensé, c'était un hoimnc iiiôr, par le caractère plus encore <{ue par l'âge {il avait trente et un ans), et Louis, de plus, lui duinia i>our associé et pour guide dans le ministère l'ancien minibln' îles a lia ires élran{?èros que son père Croissi avait remplacé, Arnaud de Pomponne. Uï^gracié , en 1680 , pour un peu de négligence et sm tout pour trop de modération dans ses procédés envers les étrangers, Pomponne avait été rappelé au conseil, comme ministre d'état sans portefeuille, après la mort de Louvois, et son retour avait été un des Indices d'une modification dans la politique de Louis XIY. Pomponne, esprit religieux et tendant aujansé^sme, qui était pour lui une religion de liunille, s'était réconcilié chrétiennement avec les Golberts et maria sa lUle è Tord. U eut, jusqu'à sa mort, en 1699, la principale autorité dans le n^inistère, Torci ayant le titre et Texécution sous Itil, sans ombrages ni jalousie, ce qui fait leur éloge à tous deux'.

L'Allemagne avait été fort agitée durant l'hiver; elle craignait de se voir envahie au printemps par les armées françaises du Rhin et d'Italie réunies, et les six cercles du Haut et Bas-Rhin, de Franconie, de Bavière, de Souabc et de Westplialie, excités [lar l'empereur, s'étaient assudcs pour mettre sur pied une armée défensive de soixante mille lioiiuiu s, et avaient léclamé h grands cris l'assistance de la Hollande et de l Angleterre. I.eurs clameurs belliqueuses se croisèrent avec les remontrances paciiiques de ces deux états à l'empereur (3-8 janvier 1697). L'Angleterre et la

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