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les travaux; c'était iui-mi^iiie qui avait fortifié Âth, pendant que cette ville appartenait à la France : il sut bien défaire son ouvrage. Ce fat à partir de ce siège qu'on cessa de foire avancer les batte^ ries à mesure de Tavancement des travaux : on n'employa désormais le canon que lorsqu'on fut arrivé assez près de la place pour ne plus changer les h literies. Guillaume 111 avait environ quatrevingt-dix uiille combaltanls à mettre en ligne; il ne les hasarda point pour sauver Ath , qui capitula dès le 7 juin : il se contenta de protéger Bruxelles. Les trois maréchaux ne l'attaquèrent point : les armées restèrent en présence fort paisiblement au cœur du Brabant, et les dernières difficultés- qui subsistaient mitre Guillaume et Louis furent levées dans de mystérieuses conférences provoquées par Guillaume et tenues de la fin de juin au commcncemeut d'août, non point entre les plénipotentiaires officiels à Ryswick, mais à Hall, entre le maréchal de Boufflers et Bentinrk, comte de Portland, le plus intime confident de Guillaume. On crut généralement que les éventualités de la succession d'Ëspagne avaient été débattues dans ces entrevues; c'était une erreur : la correspondance des deux rois et de leurs ministres établît quMl ne fut question que de ce qui regardait Louis , Jacques et Guillaume, rtiiiliaume pivtrndait que Jacques lî sortît de Saint -Germain . fnif) riipproelié de l'Angleterre : Louis s'y refusa. Louis demandait une amnistie, avec restitution biens, pour les jacobitcs éniigiVs : Guillaume n'y voulut point entendre. Louis voulait que Guillaume, en recouvrant sa principauté d'Orange, s'engage&t à n'y point donner asile aux protestants français : Gtiil* laume consentit, après quelque résistance. Louis promit formellement de n'encourager dorénavant d'une façon directe ni indirecte iiU( une tentative r(»ntre Tordre de elioses existant en Anuh'terre. Guillaume ne voulut point projucttie le i)ai(Mnent du donaire de la reine, fennne de Jacques II , à moins qu'elle ne se retirât avec son époux à Avignon ou en Italie. Il ne fut pas question , comme on l'a souvent répété, d'ime transaction qui eût fait du fils de Jac-
1. V. la contrtpondance de Louis XiV avec Boufflers et celle de Guillaume 111 avec Portlaud, etc., publiée eu anglais par M. Grimblot, flous ce titre : Itffcrf of H'tf- Itom m md Lovii* XtV and of ttuir m(njffer«, «te.; lAndon, 1S48, 8 vol. in^. ^ Mac-Autay, GuiUaumt tti^ 1. 111, ch. 8. * Mim, de Tord. — ircm. de Berwick. — &luarC» papm.
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[iWi CONFÉRENCES DE HALL. ttl
ques II le siictesst'ur de Guiliauiue. Jacques, dans un manifeste adressé au congrès de Ryswick, avait protesté , en mars dernier, contre toute combinaison de ce genre et contie tout abandon de ses droits *.
Les conrérenees de Boufflers et de Portiand , outre leur objet direct, avaient été certainement calculées afin de peser sur le congrès de Ryswick, où les agents de l'empereur continuaient à entraver k\s nc^^ociations. Les événements d'Espa^np exercèrent une p^cs^lon ljeaiRoii|) [)lus forte encore. Avec des (urées iiiliniment moindres qu'en Belgique, les armes françaises avaient obtenu de ce côté un succès incomparablement plus grand. Avant que les opérations se rouvrissent dans la péninsule espagnole, la campagne avait débuté très* malheureusement pour TEspagne dans ses possessions d'Amérique. Une escadre corsaire, c'est-à-dire formée de bâtiments do roi équii^és aux frais des armateurs, était arrivt-e de Brest dans la mer des Aiitilk-s à la lui de i iiiver : !e chef d'escadre PoiiUis, (|til avail >uus ses ordres Imit vaisseaux el grosses frégates, une galiotc à bombes et quelques petits bâtiments, s'était renforcé de sept petites frégates tlibustîères commandées par Ducasse, gouverneur de Saint-Domingue. L'expédition fit voile pour Gartltagène, le riche entrepôt du Pérou avec l'Espagne, et jeta sur la plage trois mille cinq cents soldais et flibustiers, qui emportèrent d'assaut ou par capitulation les trois forts de la rade et de la vilb% puis la ville elle-même, malgré une défense courageuse qu'on n'cliiil guère accoutume a lenconlrer chez les flispano-Américains (15-30 avrilj. On perfuit aux habitants d'emporter leurs effets; mais tout l'or, tout l'argent , toutes les pierreries, furent la proie du vainqueur. Pointis repartît après avoir fait sauter les fortifications : il évita une escadre anglaise beaucoup plus forte que la sienne, en combattit une autre chemin faisant et rentra à Biest sain et sauf, rapportant plus de 10 millions ù ses aiaaateui'S. Les ollieiei s de l'escadre et les lliljuslirrs s'étaient fait largement leur part, et les Espa^juols avaient probaiilement perdu plus de 20 millions