Le Siècli de Louù U Grand, poème, ftar Ch. Femolii
11M<-1686} PERRAULT £T FONT£fiELLE. 247
poétique des andens i«r traéltion » mais par miaûn et apràs examen, ïïeax esprits remareraables élevèrent le d^t & une grande
hauteur théorique. L'un clait ce Gliarles Pcrr uilt, qui ii'cul de talent liitiraiie qu'une seule fois, dans ces clianiianls Contes des Fees, où il donna une forme naïvement impérissable aux traditions gauloises iiui berçaient Tcnfance de nos aïeux ; c'était, d'ordinaire, un de ces remoeors dUdées auxquels la forme manqua, Csiute spparemment d'une possession assez complète de l'idée , et qui ploient sons un fardeau de pensées, de cannaissauces, d*asplra* tîons, trop fort pour leur génie; hommes incomplets, mais origiijaiix et parfois prol nids. L'autre était le neveu du grand Corneille, Fontenelle, esprit qui contrastait singulièrement avec la |[raYilé un peu lourde et diffuse de l*errault; écrivain clair, vit et l^er d'allure, philosophe et généralisatemr dans le fond, au moins autant que Perrault, mais subtil et recherché de style jusqu'à ,1a coquetterie, maniérant et raffinant la phrase noble et sérieiise du xvii* sièele par une altération semblable à celle qui commençait à se produire dans les lignes de la statuaire, donnant enfin à la science le langage des ruelles, mais mtroduisant parmi les gens du monde, sous cette enveluppo frivole, les j)liis sublimes découvertes du génie moderne, la connaissance du système de runivers et de l'infinité des ciewi, l'hypothèse ou plut6t la certitode morale de la pluralité des inondes habités * . Perrault et Fontendle se rattachaient tous deux à hi génération littéraire du temps de Richelieu, par opposition à l'école de Racine et de Boîleau, trop pure de forme et trop circonspecte d'esprit pour eux; mais Fontenelle, destiné h la plus longue carrière d'écrivain qu'aient vue les lettres, appartenait en même temps au i)assé et àTavenir : enfant posthume de Tère de Richelieu, il devait en quelque sorte passer par-dessus le siècle de Louis XIV pour donner la main au siècle de Voltaire.
Une grande pensée les frappa tous deux; l'un Ta jetée rapidement dans sa courte et spirituelle Digression sur les anciens et les modeimes; l'autre l'a délayée dans les quatre volumes de son. Parallèle des ajiciens et des modernes ( 1692-1696}. Ni l'un ni l'autre