‹ Historie De FranceChapitre 8 sur 168 · V. sa lettre de juin 16ffl, citée par Rulliière, p · texte numérisé non relu

V. sa lettre de juin 16ffl, citée par Rulliière, p

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guerre ; c'est-à-dire les arte et bAlimenls et rextinction de Fbérésie. Il consentait volontiers à expédier d'abord cette dernière entreprise, à laquelle le roi se d<Hina tout entier après la trêve de ftatisbonne: Mieux eût valu continuer de travailler, même par la ^erre, à compléter le territoire naturel de la France, que de faire (le lu trôve un emploi si meurtrier cl si funeste! On en est à dcplorer I;i modération relative de Louis XIV 1

Deimis bien des années, le gouvernement de Louis XIV avait agi vi<;-;i-vis de la Kéfonue connue vis-à-vis d u ne proie qu'on enferme dans un cercle qui va toujours se resserrant, jusqu'à ce qu'on la saiâsse corps à corps et qu'on TétoufTe. En 1683, la par tience avait enfin manqué aux opprimés, et leurs tentatives par> tielles de résistance, désavouées par les plus notables de leurs .frères, avaient été étouffées dans le sang. Après la trêve de Ratisbonne, les déclarations et arrêts hostiles au protestantisme se succédèrent avec une rapidité effrayante ; on ne voit plus autre chose dans Ye Recueil des Ordonnances. Défense aux ministres protestants de desservir plus de trois ans la uiùiue église (août 1684) ; défense aux particuliers protestants de domier asile à leurs • coreligionnaires malades; les malades cjui ne se font jKis traiter chez eux rloivcnt aller aux H<^tpls-Dieu, où ils se trouvent sous la main des gens d'Église. C'est en vain qu'une belle et touchante requête, rédigée par le ministre Claude, est présentée au roi en janvier 1685. Chaque jour voit fermer quelque temple pour des contraventions imaginaires ou frauduleusement préparées par les persécuteurs. Il suffit qu*un enfant de emoerti ou un bâtard (tous les bâtards sont réputés catholiques) soit entré dans un temple, pour que Texercice du culte soit interdit. En continuant sur ce pied pendant ({uelques années, il n^aurait pas, à ce qu'il semble, subsisté un seul temple. L'académie ou université i)rotestaute de Saumm , qui avait lonué tant de théologiens et d'orateurs éminents, est fermée; les ministres sont mis à la taille poiu- leurs immeubles (janvier 1(>85). L'assciublée quinquennale du clergé, tenue en mai, présente au roi une foule de nouvelles demandes contre les hérétiques, entre autres l'établissement de ])eines contre les convertis qui ne remplissent pas leurs devoirs de catholiques. La peine de mort, qui avait été décrétée contre les émigrants, est

commuée en galères perpétuelles, à la demande du clergé. La

liremière peine n*a?aît guère été que comminatoire; la seconde, qui confond avec les plus vils scéltTats des malheureux coupables d'avoir voulu fuir la persécution, ne doit ôtrc que trop réellemenl appli(iuée! Ou l'élcnd aux protestants detueurés en France, qui autorisent leurs enfanlî» à se marier à l'étranger. L'exercice de la profession d'imprimeur ou de libraire est interdit aux réformés. Défense de les recevoir docteurs ès-lois, avocats ou médecins. Les orphelins protestants ne peuvent avoir que des tuteurs catholiques. La moitié des hiens des émlgrants est promise aux dénonciateurs. Défense aux réformés de prêcher ni d'écrire contre le catholicisme (juillet-août 1685)

Une luuUilude de temples avaient été démolis et il était interdit aux habitants des lieux où rexercice avait été supprimé d'aller aux temples des lieux où rexercice était encore permis. 11 en résultait de graves difficultés pour les principaux actes de la vie civile, qui, cliez les protestants comme chez les catholiques, ne devaient leur authenticité qu*à Tintervention des ministres de la religion. Un arrêt du conseil, du 15 septembre, statua que, dans les lieux privés d'exercice, un pasteur choisi par Tintendant de la Généralité célébrerait, en présence des proches seulement, les mariages des réformés; que leurs bans seraient publiés à l'audienrc, et les registres de leurs mariages tenus au pietTe de la justice locale. Des arrêts analogues avaient été rendus pour ce qui concernait les baptêmes et les décès. Jusqu'alors on avait frappé le protestantisme des deux mains et de toutes armes^ sans méthode bien déterminée : ces arréls semblaient indiquer un plan définitif, c'est-À-dire la suppression du culte extérieur, avec une certaine tolérance, au moins provisoire, pour les consciences, et une sorte d*état civil constitué à iiart pour les prolesCants obstinés *.

Ce plan avait été, en effet, dél)allu diuis le conseil. « Le roi, » éfTÎvait madame de Mainl(^non, le i;> août IGSî, <i a dessein de « travailler à la conversion entière des hérétiques : il a souvent

1. Ancieiim* Lois fran^uu, t. XIX, p. 4«)9-527. — llitl. de l édit de NtittU^f t. \*, liv. xxi-xxit. — Mém, de FuocaaU, à la suite de cens de Sounhes, t. U. », Rulhière, p. 996.

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