‹ Historie De FranceChapitre 9 sur 168 · I6S8] PERSÉCUTION · texte numérisé non relu

I6S8] PERSÉCUTION

1 (It's ronfrrmces là-dossiis avec M. Tt-liicr et M. de Châlt'auc neuf * ie secrétaire d'État chargé des atlaires de la religion pré- « tendue réformée), où Ton voudrolt me persuader que je ne < scrois pas de trop. M. de Gh&teauoeuf a proposé d^ moyens « qui ne conviennent pas. Il ne fiiut point précipiter les choses. 1 II foui ctmtwrtir, et non persécuter. H. de Loavois voudroit de la t douceur» ce qui ne s'accorde point avec son naturel et son em- « pressement de voir finir les choses * . »

Les moyens proposés par Ghftteauneuf, c'était apparemment la révocation Immédiate de Tédit de Nantes, ce qui fut jufré prématuré. Quant à la doucrtir do Louvois» on la vit hicnlùt à l'œuvre. Louvois faisait le doux, de peur que le roi, par scrupule d'humanité, u'héijitàt à lui confier la conduite de l'alTaire, Il avait son projet arrêté; c'était de l evenirhla contrainte salutaire dèjk essayée en 1681 par le ministère des soldats, à la Dragonnade, Golbert n'était plus là pour y mettre obstacle.

L'occasion se présenta bientôt : à la fin de mars Louis XlV fut informé qu*un projet important se tramait entre les deux branches de la maison d'Autriche et le jeune électeur Maxlmilien de Bavière. L'empereur devait donner en mariage à l'électeur sa fille Marie- Anne, qu'il avait eue d'une sœur du roi d'Espagne, ef voulait, disait-on, obtenir de don Carlos II le gouvernement des Pays-Bas pour son futur gendre. On était certain que le débile roi d Lbpaç,nc, quoique marié depuis six ans à une nièce de Louis XIV, mourrait sans postérité. A sa mort, le gouvcrnenicnl des Pays-Bas serait transformé en propriété pour réiectricc de Bavière et pour son époux, et le cabinet de Vienne tâcherait sans doute d'obtenir la réunion de la Bavière à l'Autriche en écbange de quelque autre lambeau de la succession espagnole. Louis XlV prit son parti avec sa vigueur habituelle. En quinze jours» Louvois eut réuni un corps d'armée au pied des Pyrénées. Un ambassadeur, Feuquières, alla en toute hAte signifier au cabinet espagnol que, si'les projets qu'on tramait n'étaient désavoués à l'instant, l'armée réunie dans le Béam porterait aussitôt la guerre < dans les en-

1. Dans one «ot» lettre «nliricnre àt quelques mois, nudame de Mamt«a«n dîV qii« le P. La Chaise InqiiTe an roi de grandes choses ; que bicntH tout lea s^Jeta * (lu roi aenrironi 0iett ea ea|»rit et en vérilé. ■» JSalhière, p. 167.

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droits les plus sensîblee k la aïonarchie espagnole. » Lontois avait fiiit adopter au roi un plan dMnvasion en Espagne i^aar la Navarre,

proposé pendant la guerre de Hollande par Gourville, Intelligence propi c à tout ; ce |)lan avait été probabloiin-iiL écarté alors, parce que Louvois avait eu peur que la guerre ne Unît trop vite. L'Espagne, hors d'état de soutenir le ehur, s'ein()r -sa de donner toutes les assurances qu'on exigeait d'eiio, et i'ai'mée ne passa pas les monts'.

L'armée, cependant, ne fut pas séparée. On avait résolu de remployer eontre d*autres ennemis. Le roi, ayant obtenu ce qu'il voulait des Espagnols, les rassura et chercha même & les intéresser à ses projets religieux : c Vous leur ferez connaître, » écri* vait*il à son ambassadeur, « que tous mes desseins ne tendent € qu*à affermir la paix de l'Europe, et à profiter d'une si fovonH « ble conjoncture de temps, pour ajouter au bonheur de mes « sujets celui d'une parfaite et entière réunion »u giron de l'E- « glise, et pour contribuer, auianl qu'il me sei a possible, à l'auga n tentation de notre l eligiou dans tous les états clu'cticus où elle « commence à revivre*, n

Ces derniers mots faisaient allusion à rÂngleten*e et à l'entreprise de Jacques il.

Louvois avait persuadé au roi que, dans la situation morale où étaient les populations protestantes, il suftirait de leur monfrvr les (roiipes pour les obliger d'abjurer. On avait donc montré les troupes aux réformés du Béam; l'intendant de cette province, Foucault, éuiit venu à Paris concerter avec le ministre la conduite de l'entrcprise : Louvois ne pouvait rencontrer un plus digne instrument que cet homme infatigable et impitoyable, Ame d'inquisiteur sous les dehors d'un courtisan doucereux ^ A son retour de Paris, Foucault, bien secondé par le parlement di* Pau et par le clergé, commença par faire démolir, pour cG/(/rar. ;i/io//.s-, quinze des vingt temples qui sul>sistaient en Bcarn et par cotiverlir onze

1. Ruihière, p. 197. — Hém. de (jourviiie, p. 559. — Noailles, iiist. de madame d$ jrafninion, t. p. 407.

î. RiiUiière, p. 200.

3. Il était fort lettré, ot, par un oniitm.st»- où Ica réform^-N ilnretit ni^aler le doigt de la Provideuce, il avait retrouve i i piiblic- le célèbre tiaitê de Lactance sur 1« oh&Ument des pcrsèeuteun, Dt nmrlib ..^ fcutomm.

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cents jH'rsonnes en deux luois i février-nvril 1685). Ce fut alors qu'il léclama l'assistance de l'armée pour achever l'œuvre, cn^ promettant o de tenir la main à ce que les soldats ne lissent au- < cône violence *. » Ceci était pour rassurer la conscience du roi. Les tioopes ftireot donc concentrées dans les Yilles et bourgs remplis de reltgionnaires; les cinq demiera temples conservés eorent le sort de tous les autres et les pasteurs furent bannis, les. uns à ûx lieues de leurs temples détruits, les autres hors du ressort du parlement de Pau. La terreur volait devant les soldats : dès qu'on voyait poindre les uniformes rouges et les hauts boniii ts des drapions des corpoi aliotis, des villes entières envoyaient leur ^ounnsîîion a l'jfjlendant. Une i)anique presque nniveiheile glaçait les rceurs. La foule des rcligionnaires signait ou accept lit verbalement une confession de loi catholique, se laissait conduire à l'église, courbait la téte sous la bénédiction de l'évèque ou du missionnaire, et le canon et les feux de joie célébraient Vheurevsê tiwncUiaiim, Les protestants qui avaient espéré trouver un refuge dans la liberté de conscience sans culte extérieur voyaient s'évanouir cette dernière espérance. Foucault ne tint nul compte des arrêts du conseil, qui régularisaient les baptêmes, les mariages et les décès des protestants, parce que, mandait-il au ministre, € dans la disposition présente d'une conversion générale dans tr*s- € peu de temps, ce seroit exposer ceux qui chancellent et endurcir a les opiniâtres. » Le conseil rendit un nouvel arrêt conlirniatif des pivcédents et spécial an Hcarn. Foucault, suivant ses propres termes, « ne jugea pas à jiropos de l'exécuter )i. dette insolence fut impimle. Le succès juslitia tout. Avant la iin d'août, les vingtdeux mille protestants du fiéarn furent convertis^ sauf quelques centaines. Foucault, dans ses Mémoires, où il étale ses triomphes avec cynisme, n'en avoue pourtant pas tous les moyens. S'il confesse que t la distribution d*ai^ent a beaucoup attiré d'&mes à réglise », il ne dit i)as comment il tint sa promesse d'empôchcr c que les soldats ne fissent aucune violence. » Il ne raconte pas les brutalités, les dévastations, les tortuies employées contre les ré-

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