DES FUS DE CLOVIS
Il y avait y. comme je l'ai dit, à Poitiers un des grands leudes de Clolaire, nommé Williakaire. On ne peut pas lui supposer un grand pouvoir pour s'opposer à une conspiration favorisée par le mouvement du pays; mais son pouvoir, quelle qu'en fût la mesure, au lieu de se tourner contre les conspirateurs, fut employé à leur service. AAilliakaire devint l'un des complices de Cbramne les plus dévoués et lui donna en mariage sa fille unique nommée Kalte*.
Enfin il fallait à Chramne des soldats à opposer à ceux que son père ne manquerait pas de faire marcher contre lui dès qu'il le pourrait. Peut-être avait-il avec lui quelques bandes de Franks, quoique la chose ne soit pas probable par elle-même et qu'il ne s'en trouve pas le moindre indice dans l'histoire. Cependant il rassembla une assez forte armée, et il faut de toute nécessité la supposer composée en grande partie d'Aquitains qui marchaient pour soutenir le roi qu'ils croyaient s'être donné. A la tête de cette armée, Chramne sortit de Poitiers et se mit à parcourir toutes les parties de l'Aquitaine dont il entendait prendre possession, et s'arrêta à Limoges comme au centre de son royaume 2.
La nouvelle de la révolte et des mouvements de
(i) Gregor. Tur. lîist. IV. 17.