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lelé de ce lieu; lavant-garde austro-biiigondieiine, trouvant qu'il serait trop violent d'en forcer les portes, y mit le feu, entra, et tout ce qui lui tomba sous la main, profane ou sacré, fut enlevé en un clin d'œii^ Au bout de peu de jours, l'armée entière était réunie autour de la cité des Convenues, et avait dressé ses tentes dans la plaine que dominaient les remparts.
Si différente qu'elle fût de ce qu'elle avait été avant la défection du duc Didier, la position des Gondovaldiens n'était cependant pas aussi désespérée que l'on pourrait se le figurer au premieiaperçu. La ville où ils s'étaient enfermés était la plus forte de la Vasconie; ils étaient en grand nombre pour la défendre, et depuis qu'ils avaient cliassé les habitants, ils ne couraient plus aucun risque d'étie gênés dans l'emploi de leurs moyens ; ils étaient commandés par le premier lionmie de guerre du temps, ayant sous ses ordres d'autres chefs pleins de bravoure et d'expérience; ils n'avaient point à craindre d'être affamés, ils avaient des vivres pour des années. Enfin , malgré leur perfidie envers les Convenues, les populations environnantes semblaient combattre encore pour eux contre les assiégeants; nul de ceux-ci ne pouvait sans risque s'écarter tant soit peu du camp, et de ceux qui, entraînés par l'ardeur du pillage, osaient s'aveiv furcM- à distance, aucun ne revenait 2.
iï) Id. lo(. cil.
;'.■) ffi. Inc. rit
DE GOiNDOVALJ). 29 J
Les premiers jours du siège se passèrent en préparatifs d'attaque, et c'est sans doute à ces jours-là qu'il faut rapporter les colloques étranges de Gondovald et des assiégeants dont parle Grégoire de Tours , si toutefois ces colloques peu vraisendjlables sont vrais ou exactement rendus. Suivant Grégoire, beaucoup d'hommes de l'armée austro-burgondienne gravissaient la montagne des Convenues, s'approchaient le plus possible des remparts, et de là vociféraient de toutes leurs forces à Gondovald des questions injurieuses ou ironiques. « Est-ce toi , lui criaient-ils, qui au temps du roi Clotaire barbouillais de peintures les murs des oratoires et des chambres? Est-ce toi que les habitants des Gaules avaient coutume d'appeler Ballomer? Est-ce toi qui, pour les vaines prétentions que tu mets encore en avant, as été plusieurs fois tondu et envoyé en exil par les rois des Franks?» Et à toutes ces interpellations, Gondovald répondait avec autant de politesse que de bonhomie. Il contait aux questionneurs son histoire par le menu , persistait à se donner pour le fils de Clotaire, en indiquant des garants de la vérité de ses assertions, et disait à qui pouvait l'ignorer encore, comment, par qui et pourquoi il avait été attiré de Constantinople en Gaule. Feut-étre les questions des assiégeants étaient-elles inspirées oar une curiosité sérieuse plutôt que par l'envie d'iusultei- Gondovald; et il n ( si pas sTii (\\\v les l'éiionses de celui-ci tour-
■J.C)G CO.\SPIUATlUX
liassent à Favanlage et à riioniieur des rois de la Gaule*.
Les attaques commencèrent et continuèrent durant quinze jours; les assiégeants y perdirent sans fruit beaucoup d'hommes et toutes leurs machines de guerre. Il fallut en construire de nouvelles, qui ne réussirent pas mieux que les autres; elles furent de même écartées ou écrasées par les blocs de pierre lancés du haut des murs. On entreprit de combler le fossé du côté de l'Orient, sous une portion de murs que l'on croyait apparemment la plus faible ou la moins bien gardée. Les assiégeants n'y furent pas plus heureux qu'ailleurs; partout les Gondovaîdiens faisaient face, et de partout ils repoussaient l'ennemi. Entre les chefs qui les conduisaient et leur donnaient l'exemple de bien combattre, se distinguait le fomeux évêque Sagittaire; le casque en tête et la cuirasse sur le dos, il ne quittait pas les remparts, se trouvait sur chaque point attaqué, toujours prêt à lancer le premier trait ou le premier quartier de rocher 2.
Le siège durait déjà depuis plusieurs semaines sans être plus avancé que le premier jour. Persuadés enfin ([u'ils ne triompheraient point de la vigilance de Mummole, de sa bravoure et de sa fortune à la guerre, les généraux austro-burgondiens
(0 Greg. ïur. YII. 36.
(9.) [<l. VII. 3;.
DE GONDOVALD. af)^
l'attaquèrent par un cùté})eaucoup plus faible. Muiiimole n'était au-dessus de ses contemporains que par sa grande capacité; dans tout le reste il était de son temps; il en avait les vices et Tégoïsme, bien qu'avec plus de mesure et de retenue que les Barbares. Pour se décider à une trahison il n'avait guère besoin que de la juger nécessaire ou avantageuse. Les chefs ennemis le connaissaient et lui adressèrent un message secret pour lui proposer de leur livrer Gondovald, en lui démontrant la folie qu'il y avait de sa part à s'obstiner à la défense d'une cause déjà perdue. Ils l'exhortaient à revenir à son seigneur naturel qu'il avait abandonné pour un inconnu; ils lui annonçaient que sa femme et ses enfants étaient tombés au pouvoir du roi Contran, et qu'en persistant dans sa rébellion il mettait leur vie en péril*.
Mummole ne repoussa point le message ; il se contenta d'y répondre vaguement, qu'il ne pouvait s'engager à rien avant d'avoir reçu des garanties. Les autres chefs gondovaldiens qui se trouvaient encore pour lors à Convenues étaient l'évéque Sagittaire, Wado et Chariulfe. Le duc Bladaste s'était évadé quelques jours auparavant. Mummole donne secrètement rendez-vous à ces chefs dans une église, leur fait part des propositions qu'il a reçues et les exhorte à délibérer sur ce
'^■(jS CONSPlRATiOX
qu'ils veulent faire. La délibération est courte; ils décident tous que, si on leur garantit la \ie, ils abandonneront Gondovald et le livreront aux assiégeants. Ce point arrêté, Mummole n'attend plus que le retour des messagers burgondiens pour terminer avec eux. Les messagers reviennent avec l'assurance de toutes les garanties désirées , et -^iummole s'engage alors par serment à leur livrer au plus tôt la personne de Gondovald et à se présenter ensuite par-devant le roi Gontran pour se remettre sous son obéissance. Les députés burgondiens jurent de leur côté qu'ils s'interposeront pour obtenir du roi la grâce de Mummole, et que, dans le cas où ils ne pourraient l'obtenir, ils n'en garantissent pas moins, en leur nom propre, la vie à ce dernier. Un arrangement semblable est conclu avec les trois autres chefs.
Gondovald n'était pas difficile à livrer; entre tant d'hommes qui étaient censés combattre pour lui, il ne connaissait que ceux qui venaient de le vendre et auxquels il s'était abandonné sur la foi des serments. Aussitôt après leur traité conclu, Mummole et ses compagnons vont le trouver et lui tiennent ce discours : « Nous t'avons juré fidélité, tu le sais, et c'est en conséquence de notre serment que nous venons te donner un conseil salutaire. Sors de cette ville et présente-toi à ton frère, comme tu en as eu souvent l'intention. INous Apnons d'avoir un entretien avec ses officiers, et
DE GONDOVALD. IQC)
ils nous onl assuré que le roi n'a aucune envie de te j)erdre, paice qu'il ne reste presque plus personne de votre race*. )i
A cette proposition Gondovald, comprenant qu'il était trahi, répondit en pleurant: «C'est sur votre invitation que je suis venu dans les Gaules, et j'y suis venu avec d'immenses trésors en or, en argent et en divers objets. Gontran-Bozon m'en a volé une partie; une autre partie est gardée dans Avignon. Sauf l'aide de Dieu, j'ai placé en vous toute mon espéiance, et c'est par vous que j'ai voulu régner. Maintenant c'est à Dieu que vous avez affaire , et s'il y a de la fraude dans vos discours , que Dieu soit juge entre vous et moi. » Mumuiole prit la parole pour le rassurer. « H n'y a point de fraude dans nos discours, lui dit-il; à la porte de la ville sont des leudes du roi, des braves qui attendent ton arrivée. Seulement, pour n'avoir point un air de jactance , quitte ce baudrier d'or que je t'ai donné ; rends-moi aussi mon épée et reprends la tienne.» Gondovald s'empressa de le satisfaire et lui rendit le baudrier et Tépée en lui disant : « Ce n'est pas sans de tristes soupçons que j'entends ces paroles et que je me vois dépouiller d'objets que j'avais tenus jusqu'à présent pour des gages de ton amitié. » Mummole persista à lui affirmer qu'il ne lui arriverait rien de fàcbeux. Gondovald, cédant à la iKH-essité, se laissa conduire à l'une des portes
il hl 1..C rit.
3oo coiyspiR\Tio.x
de la ville où l'ai tendaient Ollon , comte de Bourges, et le fameux Gontran-Bozon. Mummole les aborde, leur remet son prisonnier entre les mains, et, retournant sans mot dire sur ses pas avec son escorte, il rentre dans la ville dont la porte est aussitôt refermée. Il n'était point assez barbare pour souffrir la vue de ce qui allait se passer*. »
Gondovald, se voyant au pouvoir de ses ennemis , leva les yeux et les mains au ciel en disant : «Juge éternel, vengeur des innocents, Dieu dont procède toute justice et à qui le mensonge déplaît, je te recommande ma cause et te prie de me venger de ceux qui m'ont livré innocent à mes ennemis! » Après avoir prononcé ces paroles il fit le signe de la croix et se mit en marche en avant de ses gardiens pour gagner le bas de la montagne, autour de laquelle l'armée entière des assiégeants était rangée pour l'attendre. Il marchait sur une pente escarpée et raboteuse , lorsque le comte Ollon , qui se trouvait le plus près de lui, le poussa violemment et le jeta à terre, en criant à ceux qui les regardaient d'en-bas :« Voilà votre Ballomer , voilà celui qui se dit fils et frère de roi.» Là-dessus, et avant que Gondovald se fût relevé, il le frappa au dos d'un grand coup de lance; mais le coup, amorti par une cuirasse, ne blessa point Gondovald qui, déjà debout, gravissait rapidement la montagne comme pour regagner la ville. Gonlran^
(t) 1({. Ioc. ril.
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Bozon ue lui en laisse point le temps; saisissant une lourde pierre, il la lance de haut en bas sur la tête de Gondovald, qui tombe, le cerveau fracassé et mort sous le coup.
A peine fut-il à terre que tous les Burgondiens se précipitèrent sur lui; chacun voulait lui porter son coup ou lui faire son insulte ; on lui arrache la barbe et les cheveux; on le traîne par tout le camp, attaché par le pied à une longue corde, et quand la soldatesque est lasse déjouer avec ce cadavre, elle l'abandonne sans sépulture au milieu de «la plaine*.
Il parait qu'aussitôt après sa mort un agent de Frédégonde arriva dans la ville des Convennes, avec la commission secrète d'aider Gondovald à se sauver et de lui faire de sa part les promesses les plus capables de le décider à se réfugier auprès d'elle. Cet intérêt que Frédégonde prenait au sort du malheureux aventurier est un mystère de plus dans la conspiration et la destinée de celui-ci 2.
Suivant la convention de Mummole avec les Austro-Burgondiens, la ville devait être ouverte à ces derniers le lendemain au point du jour. Les Gondovaldiens passèrent la nuit à piller les églises et à cacher leur butin: le jour venu, la ville fut ouverte aux assiégeants; il s'y trouvait encore, outre les soldats de Mummole, quelques-uns des habi-
(i) IclAoc.cit.
(a) Id. VIT. 39.
'io-1 COKSPlRATlOï^f
tants que ces derniers y avaient sans doute retenus on ne sait pourquoi. Gondovaldiens ou Convenues, tous furent massacrés sans distinction, sans exception et sans merci. Les prêtres eux-mêmes ne furent pas épargnés; les Austro-Burgondiens les égorgèrent au pied des autels. Quand ceux-ci se furent bien assurés qu'il ne restait pas dans la ville une seule créature vivante, ils y mirent le feu , et bientôt il n'y eut plus un édifice deboij^ ; palais , maisons, églises, remparts, tout cela ne fit qu'une seule et même ruine ^. Ce ne fut que cinq cents ans après qu'une nouvelle ville des Convennes , sous le nom altéré de Comminges, fui bàlie sur le site de l'ancienne.
Après ce carnage et cette destruction, les généraux austro-burgondiens redescendirent dans leur camp, où ils conduisirent Munimole et ses compagnons. Ils avaient déjà expédié un message au roi Gontran, pour le consulter sur ce qu'il fallait faire de ces dangereux prisonniers, et, malgré la foi donnée de leur sauver la vie, déterminés à faire d'eux tout ce que le roi en ordonnerait. Il ordonna de les tuer; Wado et Chariulfe s'étaient évadés un peu avant l'arrivée de cet ordre; mais ils avaient livré àLeudegesile leurs fils pour otages, et l'ordre venu, ceux-ci
fi) Postquam autem cunctos interfeceriinl, ut non renianoro» sningens ad parietem, omnem urbem cuin ecclesiis rf]i(juisquc icdificiis succcnderunt, nihil ibi praeter humuin vacnain relinquenle». Oreg. Tnr. VII. "ÎS.
DE GONDOWLl). 3o3
sont mis à mort au lieu de leurs pères. Le bruil de celte exécution vient aux oreilles de Mummole qui comprend par-là quel sort l'attend ; il s'arme aussitôt comme pour un combat et court à la cabane qui servait de tente à Leude«esile. Celui-ci lui demande ce qu'il a et ce qu'il veut. « Je vois que l'on ne tient point les paroles données, répondit-il, et je suis ici en péril de mort. » Je sors, répliqua le général burgondien, et je vais donner des ordres pour la sûreté. » Il sort en effet , mais pour commander aux premiers soldats qu'il rencontre d'entourer sa cabane et de tuer Mummole.
11 ne restait plus à celui-ci qu'à faire une fin digne de ses beaux jours de guerre. Seul dans la cabane on il est assiégé, il se défend long-temps et lient à l'écart les plus bardis. \ la fin tentant un effort désespéré , il s'élance liors de la cabane comme pour se faire jour à travers les assaillants ; mais frappé au même instant d'un coup de lance dans cliaque flanc, il tom^DC et meurt.
L'évêqueSagittaire, présent à cette scène, essaie à la faveur d'un déguisement de s'enfuir et de gagner une forêt voisine ; mais il est suivi de près par celui même qui a eu l'air de vouloir le sauver en l'aidant à se déguiser, et qui d'un coup de hache lui abat la tête avec le capuchon dont elle est enveloppée*.
Mummole mort, la conjuration dont il avait été le chef à la fois politique et militaire, et dont il
(i) Id. loc. <il.
3o4 CONSPIRATION
avait peut-être eu seul tout le secret, était anéantie. Les divers détachements dont se composait l'armée austro-burgondienne, qui venait de détruire la ville et de dévaster le pays des Convennes, eurent alors la permission de retourner chacun dans son pays, et chacun y retourna comme il en était venu, ravageant, pillant et massacrant dans le trajet.
D'après l'ensemble des faits relatifs à Gondo\ald, chacun pourra, ce me semble, aisément se persuader que ce mystérieux personnage se croyait de bonne foi ce qu'il était très probablement, le fds de Clotaire I". On trouvera plus difficile de se faire une idée de son caractère et des vues qui l'avaient déterminé à une entieprise aussi hasardeuse que celle où il périt. Au rapport de Grégoire de Tours, il avait reçu dans sa jeunesse une éducation distinguée, et, comme on disait alors, il avait appris les lettres. Son long séjour en Italie et à Constantinople , ses relations familières avec les hommes les plus distingués de l'Empire d'Orient, avaient achevé de polir ses mœurs et d'effacer en lui tous les traits de la barbarie native, pour en faire un homme de tout point civilisé , mais plus amolli peut-être qu'il ne convenait au succès de ses projets. La racililé avec laquelle il se laissa entraîner dans une grande tentative où il ne pouvait rien par Ini-méme, où tout son rôle se bornait à être l'instrument docile des ambitions les plus disparates et les plus grossières, dans une tentative où tout dépendait pour lui de la foi d'hommes connus du monde entier
DE GONDOVALD. 3o5
pour n'en pas avoir, autorise à lui supposer de l'ambition, mais peu de bon sens et même peu de lierté de caractère.
Il avait deux fils qui l'avaient suivi de Constantinople en Gaule, mais dont il n'est point question durant tout le cours de sa conspiration. On voit seulement qu'après sa mort tous les deux étaient en Espagne, où il paraît que leur père les avait envoyés par précaution, avant de s'enfermer dans la ville des Convenues. Ils trouvèrent sans doute queJ- (jue appui chez les Yisigoths; car quatre ans après la chute de Gondovald, ils faisaient encore ombrage au roi Contran, qui parut un moment craindre que Brunehaiit n'eût le projet d'épouser l'un des deux.
Et ce souci ne fut pas le seul ni même le plus grave que la conspiration de Gondovald, bien que réprimée, laissa au roi deBurgondie. Tous les consjjirateurs n'avaient pas péri; plusieurs s'étaient sauvés à temps : Wado avait trouvé un asile en Austrasie auprès de la reine Brunehaut; Cliariulfe s'était réfugié dans l'église de Saint-Martin, et Didier, plus puissant et plus liei-, s'était renfermé avec sa famille dans je ne sais laquelle des places de son duché , prêt à repousser par les armes (juiconque oseiait l'altaquer. D'autres avaient pris d'auti-es moyens pour se soustraire à la vengeance de Contran, et se donner le temps de traiter a^ec lui.
(i) Greg. Tur. IX. 28. 32.
If. îiO
3o6 CONSPIRATION
Enfin, parmi les conspirateurs impunis, se trouvaient la plupart des évéques de l'Aquitaine, quelques-uns du royaume de Burgondie, et Théodore, celui de Marseille.
C'était à tous ces derniers que Contran pardonnait le moins (l'avoir secondé la tentative de Gondovald , et il avait formé en lui-même le projet d'en envoyer un grand nombre en exil. Cependant, n'osant point prendre l'initiative de sa vengeance, il se contenta de traiter durement ceux de ces évéques qui se présentèrent à lui pour obtenir leur grâce, et de les ajourner à un concile <|ui fut convoqué à Mâcon pour le mois de novembre de la même année (585), concile où les évéques accusés devaient être jugés par le corps des évéques du royaume de Burgondie.
Ce concile s'assembla en effet au lieu et au temps convenus; il prit une sorte de parti mitoyen entre le désir de ne point trop déplaire au roi Gontran et le projet formel de ménager les évéques accusés. Parmi ces derniers, l'évêque de Cahors, Urcisinius, fut le seul puni par une suspension et une pénitence de trois ans. Tous les autres furent absous et rentrèrent en grâce auprès de Gontran, qui n'osa pas être plus sévère que le concile. Après s'être ainsi soutenus les uns les autres dans cette circonstance critique, les évéques intervinrent en faveur des conspirateurs laïcs dont le sort était encore indécis; et en particulier en faveur du duc Didier, qu'ils présentèrent à Gontran. T.educ s'en retourna
DE GOISDOVALD. So^
pardonné et comblé des bonnes grâces et des présents du roi; mais comme nous le verrons bientôt, cette clémence n était pas desniteressee*.
Enfin , pour achever de se réconcilier avec les évêques qu'il avait un moment effarouchés par ses menaces, Contran distribua entre les églises de son royaume la part qui lui était revenue des trésors de Mummole. Car, aussitôt après la condamnation du rebelle, sa femme avait été arrêtée et contrainte à découvrir le lieu où il tenait ses richesses. On les réputait immenses et on les trouva encore audessus de ce qu'on les réputait ; elles consistaient en '^5o talents d'argent et 3o talents d'or; la moitié de tout cela fut donnée à Childebert.
(i) Id. VIII. 20.
TENTATIVES DES FRANKS POUR C03IPLÉTER LA CON- QUÊTE DE LA GAULE. GUERRES CONTRE LES