‹ Historie de la Gaule Méridionale sous la domination des conquérants germains (volume 2)Chapitre 29 sur 69 · CONTRE LES LOMBARDS · texte numérisé non relu

CONTRE LES LOMBARDS

La conspiialioii Imniée au nom de Gondovald avait amené une réconcilialion passagère, un rapprochement accidentel des impulsions divergentes et des intérêts opposés entre lesquels se traînaient péniblement la concpiéte franke et les gouvernements nés de cette conquête.

Bruneliaut, Cbildebert, ou, si l'on veut, les tuteurs de Cbildebert et les autres leudes austrasiens qui avaient trempé dans cette conspiration, y avaient trempé dans des vues très diverses. Les uns avaient voulu la tourner contre Chilpéric, d'autres contre Contran; à plusieurs elle avait paru un moyen de relever l'Austrasie de l'état de faiblesse où elle était tomlDée depuis la mort de Sigebert.

Les leudes neustriens ou burgondiens qui l'avaient secondée dès le principe, ou plus tard et lorsqu'elle avait déjà éclaté, y avaient vu une occasion de restreindre ou de contenir ce pouvoir mo-

GUERRES DIVERSES DES FRANKS. SoQ

narchique dont ils se défiaient et qu'ils craignaient de plus en plus.

Enfin, dans Favénement d'un chef civilisé , protégé par l'empereur d'Orient qui s'était peut-être flatté de recouvrer par lui quelque pouvoir dans la Gaule, les chefs ecclésiastiques ou laïcs des Aquitains avaient vu la chance de secouer ou d'alléger le joug de cette domination franke sous laquelle leur contrée devenait de jour en jour plus agitée, plus malheureuse et plus harbare.

Une fois Gondovald mort, toutes ces prétentions diverses, tous ces intérêts contraires des rois, des leudes franks, du clergé et des Aquitains qui s'étaient un moment compliqués ensemble, se dégagèrent bien vite les uns des autres pour reprendre tous leurs tendances opposées.

L'état général de l'empire frank, après le dernier soulèvement de l'Aquitaine, n'était pas, de bien s'en fallait, un véritable état de calme; mais telle était au moins la situation respective des trois royaumes dont se composait cet empire, qu'il n'y avait aucune chance bien prochaine de guerre entre eux.

L'alliance que Contran avait contractée avec Childebert , dans la crise de la conspiration gondovaldienne, fut confirmée de la manière la plus solennelle, au mois de novembre 687, par le fameux traité d'Andelot, dans lequel Contran garantit de nouveau à son neveu l'héritage complet du royaume de Burgondie et toutes les autres concessions qu'il

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lui avait déjà faites en 585. Brunehaut intervint comme partie dans ce nouveau ti*aité , }3ar lequel elle se réconcilia avec le roi de Burgondie , moyennant la donation ou la restitution que lui fit celui-ci de cinq villes de l'Aquitaine ou de la Vasconie , à quelques-unes desquelles elle avait des droits à raison de son douaire. C'étaient Bigorre, Lescar, Bordeaux, Limoges et Cahors*. Elle fut mise immédiatement en possession de cette dernière; mais pour les quatre autres, il fut convenu qu'elles ne lui seraient rendues qu'après la mort de Gontran^ Il y avait, comme nous le verrons bientôt , quelque chose d'illusoire dans celte restitution ; mais Brunehaut s'en tintpour contente et la paix en fut plus solide entre les royaumes de Burgondie et d'Austrasie.

Oe dernier royaume ayant ainsi recouvré, du moins en partie, son indépendance et ses forces, Brunehaut et Childebert en auraient profité volontiers pour attaquer la JN eu strie et se venger de Frédégonde contre laquelle ils avaient maints griefs, anciens ou nouveaux; mais, en sa qualité de tuteur de Clotaire II, Contran avait intérêt à ménager la Neustrie, où il exerçait un certain pouvoir et où il aspirait à devenir complètement le maiîre. Or, Childebert et sa mère qui s'étaient engagés envers Goiilian à ne rien faire d'important sans son conseil et auxquels il importait de tenir parole, s'abste-

(i) Grcgor. Tur. Hist. IX. 20.

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