‹ Historie de la Gaule Méridionale sous la domination des conquérants germains (volume 2)Chapitre 30 sur 69 · DES FRANKS. 01 I · texte numérisé non relu

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liaient par cette considération d'une guerre où leurs ressentiments personnels auraient été secondés par la tendance nationale des Austrasiens.

A la mort de Cliilpéric , la Aeustrie , quelque temps le plus fort des trois royaumes franks, en était tout d'un coup devenu le plus faible. Ce n'était pas la faute de Frédégonde; cette femme extraordinaire e\erç;iit énergiqiiement le pouvoir royal au nom de son fils Clotairc et s'opposait avec autant de persévérance que d'habileté aux vues ambitieuses de Contran sur la >eustrie. Entremêlant à propos les ménagements et la fermeté, elle contenait les leudes neustriens dans la soumission , et avait réussi à faire nommer maire du palais ce même Landric que des bruits publics avaient signalé comme son amant et comme le meurtrier de Cliilpéric, mais dauslequelellen'avait vu, elle, que rbomme brave, actif et dévoué dont le pays avait besoin dans des conjonctures difficiles. Telle était enfin la situation de la Xeustrie, que ce royaume, capable encore de soutenir la guerre, ne pouvait cependant guère être tenté de la Caire.

Dans cet état de choses, ce qui restait aux rois franks d'ardeur belliqueuse et conquéraiîte devait uaturellement se tourner à d'autres guerres qu'à des guerres intestines ou de parent à parent. Gontrau entreprit de compléter la conquête de la Gaule par la soumission de la Septimanie et de la Bretagne. Childebert, qui arrivait à l'âge d'aimer la guerre et de la faire, résolut de descendre de nouveau en

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Italie, pour y attaquer sérieusement les Lombards ([u'il n'avait voulu jusque là que rançonner. Je décrirai ces diverses expéditions avec le détail nécessaire , pour en faire ressortir les graves résultats ({u'elles présentent pour l'histoire des Franks et de la Gaule sous leur domination.

Les dernières hostilités entre les Franks et les Visigoths dataient de l'an 5'ji ; elles n'avaient pas été à l'avantage des premiers qui y avaient perdu Lodève et son territoire. Le motif pour lequel Gontran reprit cette guerre suspendue quatorze ans était indnl)itablement de conquérir la Septimanie; car, comme il disait lui-même, « c'était une honte « pour les Franks de souffrir que les limites de ces « horribles Goths s'étendissent jusque dans la « Gaule *.» Toutefois il croyait avoir besoin d'un prétexte pour les attaquer; mais ce prétexte , il le trouva aisément.

Vers l'année 58o, Ingunde, une des deux filles de Brunehautetde Sigebert, avait été donnée pour femme à Herménegilde, fils de Leuvigilde, alors roi des Yisigoths. Ingunde avait pris sur son mari un ascendant dont elle usa pour le convertir au catholicisme; or, cette conversion avait brouillé|Herménegilde avec son père et l'avait jeté dans le parti des Grecs encore alors en guerre avec les Visigoths pour la possession de l'Espagne. Battu et pris par Leuvigilde, le jeune révolté n'avait d'abord été

(i) Bis. fV/. VU. 3o.

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coiiclamné qu'à l'exil ; mais bientôt après son père s'était ravisé et l'avait fait mourir. Le sort d'Ingunde n'avait guère été plus heureux; avant d'entrer en guerre ouverte contre son père, Herménegilde l'avait confiée aux Grecs ses alliés; ceux-ci ne sachant plus que faire d'elle après la mort de son mari, avaient décidé de la conduire à Constantinople à l'empereur; mais elle était morte en Afrique et comme prisonnière entre leurs mains*. Contran imputa sa mort àLeuvigilde, et ce fut sous prétexte de la venger qu'il déclara la guerre aux Visigoths.

Levant contre eux toutes les forces de son royauuje, il envoya d'abord sur les côtes occidentales de l'Espagne une flotte probablement partie de Bordeaux, et qui avait l'ordre de descendre en Galice pour la dévaster, tandis que son armée de terre envahirait la Septimanie par plusieuîs points à la fois.

Les milices du royaume de Bu rgon die, composées lant de Burgondiens que de Franks et de Gallo- Romains, passèrent les unes la Saône et la Loire, les autres le Rhône, pour descendre dans la partie orientale de la Septimanie. Là, renforcées par les \rvernes, elles entreprirent le siège de Nîmes, ('elle portion de l'armée de Gontran était commandée par un duc gallo-romain, probablement gouveineur de la Provence burgondienne, lequel,

(i) Greg. Tur. Hist. V. ir,. —VI 43.

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à son nom latin de Calomniosus,joignait le suinoni germanique d'.Egliilan *.

La population militaire de l'Aquitaine alors souniise à Contran , c'est-à-dire celle de Bourges , de Saintes, de Périgueux, d'Angouléme et de plusieurs autres villes, se porta de son coté sur Garcassonne. Les Toulousains, et en général les Aquitains méridionaux, ne prirent aucune part à l'expédition.

Les forces burgondiennes échouèrent partout; et d'abord la flotte, au lieu de dévaster la Galice, comme elle en avait la consigne, fut horriblement mLihraitée par les Visigoths. La plupart des vaisseaux furent détruits, et les hommes qu'ils portaient taillés en pièces ou faits prisonniers. Il n'y en eut qu'un petit nombre qui parvinrent à se sauver sur de légers bâtiments et vinrent raconter en Gaule la perte de tout le reste .

La portion de l'armée qui de\ait prendre Mmes s'effraya bientôt de la difficulté de l'entreprise; elle se contenta de tout dévaste'- aux environs, de détruire les moissons , d'ari-acher les vignes, d'abattre les oliviers par le pied, et alla successivement mettre le siège devant plusieurs autres villes des plus voisines. Toutes étaient fortes, bien approvisionnées, bien gardées, et aucune ne fut prise. Un seul «bateau dont on ne dit pas le nom traita avec les assiégeants et leur ouvrit ses portes, à condition qu'il n'y serait fait aucun mal; mais les Bur-

(i) Gicg. Tur. Hist. VIII. 3o.

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goudiens n'y furent pas plutùl entrés qu'ils mirent tout au pillage et emmenèrent les habitants prisonniers. Ce fut là l'unique exploit d'une nombreuse armée qui avait plusieurs ducs à sa tète; les différents corps dont elle était composée se retirèrent là-dessus, chacun de son côté*.

Ce qui arriva à l'armée de Qircassonne est plus singulier, mais plus obscur et plus vaguement raconté par Grégoire de Tours. Il paraîtrait, d'après le récit du hou évéque, que les Aquitains venus à Carcassonne pour en faire le siège y seraient entrés sans tirer flèche, les habitants leur ayant ouvert leurs portes de plein gré et de manière à faire soupçonner qu'ils étaient d'intelligence avec eux. Cependant la suite répondit mal à un tel début. Par un brusque changement que l'histoire n'explique pas, mais probablement occasionné par l'insolence de l'armée burgondienne , cette ai'mée se vit en quelques instants rejetée hors des murs de Carcassonne ; les portes furent refermées sur elle et les Visigoths parurent de toutes parts à leurs postes, sur les terrasses de leurs murs et sur les cimes de leurs tours, prêts à défendre jusqu'à la dernière extrémité une \iHe qu'ils venaient de livrer, il n'y avait qu'un moment^.

Dans le premier transport de leur colère, les hommes de Gontran tentèrent de repiendre la plaoe

(i) Giegor. Tur. Hist. VIII. 3o.

(2) 1(1. lot. cit.

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