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d'assaut; ce ne fut pour eux qu'une honte de plus, ïerentiolus, ancien comte de Limoges qui, selon tonte apparence commandait cet assaut, ayant eu la tête écrasée d'une pierre lancée du haut des murs, les Aquitains découragés s'éloignèrent en tumulte de Carcassonne et reprirent par bandes détachées la route de leurs foyers; mais la retraite même ne tarda pas à leur devenir difficile. Les Gotlis embusqués de tous côtés sur leurs pas, les assaillaient, les dépouillaient et les égorgeaient sans risque et sans fatigue. Ils eurent encore plus à souffrir des Toulousains , sur le territoire desquels ils avaient commis de grands dégâts à leur premier passage et qui pour lors sur leurs gardes, et n'ayant plus à faire qu'à des fuyards consternés, leui- rendirent avec usure le mal qu'ils en avaient souffert. Beaucoup de fuyards périrent avant de regagner la terre natale; la plupart y arrivèrent dépouillés du leur, et pas un ne revint avec le butin qu'il avait fait sur autiui*.
Mais si le désordre, la misère et l'indiscipline furent grands pour les Aquitains, il n'y a pas de termes pour décrire toute l'horreur du désastre doî l'armée burgondienne qui avait fait le siège de Nîmes. Comme celte armée avait commis à son premier passage toutes sortes de violences et de brigandages, connue elle avait brûlé partout les moissons et les récoltes, détruit ce qu'elle n'a-
\^i} fd. loc. cit.
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vait pas consommé ou pillé, elle ne trouva plus à son retour ni population pour la recevoir, ni provisions pour se nourrir. Beaucoup d'hommes tombèrent morts de faim le long des chemins, d'autres périrent au passage des rivières; les plus vigoureux ou les plus féroces s'entr'égorgeaient pour s'arracher le peu qu'ils rencontraient çà et là, ou de vivres ou de ce qui leur en tenait lieu. Grégoire de Tours dit qu'il y en eut plus de cinq mille qui périrent de la sorte, de la main de leurs compagnons*.
De retour de cette expédition , les ducs qui y avaient commandé n'osaient paraître devant le roi Contran, tant ils le savaient indigné de tout ce qui s'était passé, lis se réfugièrent dans une église, et il fallut leur donner des garanties pour les déterminer à se présenter au roi et à subir un examen solennel de leur conduite. Contran convoqua pour cet examen quatre évèques et plusieurs leudes devant lesquels il accusa lui-même ses généraux. Le discours que lui fait tenir à celte occasion Grégoire de Tours et la réponse qu'il y fuit faire par les accusés sont également caractéristiques et du plus haut intérêt historique.
«Comment serons-nous victorieux à la guerre, dit le roi, nous qui ne savons pas conserver ce ([ue nos pères ont conquis? Nos pères bâtissaient des églises, mettaient leur espoir en Dieu , honoraient les martyrs, respectaient les prêtres, et voilà
(i) Id. ioc. cit.
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comment ils remportèrent des victoires, comment avec l'aide de Dieu , armés du glaive et couverts du bouclier, ils soumirent les nations ennemies. Mais nous, non-seulement nous ne craignons pas Dieu; nous dévastons ses temples, nous tuons ses j^rètres et nous brisons ou dispersons dérisoirement les reliques des saints. Voilà pourquoi nos mains sont débiles, pourquoi notre épée ne taille plus, pourquoi notre bouclier ne nous couvre plus comme autrefois. Si ces malheurs sont ma faute, que Dieu en fasse tomber la punition sur ma tête; mais si c'est vous qui méprisez l'autorité royale, qui négligez mes ordres , c'est sur votre tête que la hache doit tomber. Un des chefs puni sera un exemple pour toute l'armée. «
Les ducs accusés répondirent : «Excellent roi! toutes les choses que vous dites sont vraies ; mais que pouvons-nous faire quand le peuple entier est tombé dans le vice et quand chaque individu se complaît au mal? Personne ne craint le roi; personne ne respecte ni duc ni comte; et si par hasard il est quelqu'un de ceux-ci à qui les désordres déplaisent et qui cherche à les réprimer pour la prolongation de vos jours, aussitôt le peuple est en sédition , aussitôt s'élève un tumulte ; chacun s'emporte contre son seigneur; chacun cherche à lui imposer silence comme s'il y allait de sa propre
(i) Id. loc. cil.
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Cette discussion constate solennellement la perte de toute discipline militaire et de tout sentiment social parmi les Franks; mais elle ne lait point assez sentir ce qui se verra mieux par la suite des événements, que l'exemple du brigandage était descendu des chefs aux soldats et des forts aux faibles. Du reste , elle n'aboutit à rien contre ceux dont la conduite l'avait provoquée.
Tandis que Contran disputait avec ses généraux sur les causes de leurs défaites, le jeune Reccarède, fils de Leuvigilde , arrivait d'Espagne avec une puissante armée de Visigotbs, à la tète de laquelle il se porta où il voulut, assuré de ne trouver de résistance nulle part. Il s'avança d'abord par Carcassonne jusqu'à une forteresse désignée par le nom de Cab-Aret {Caput-Arietis)^ qui paraît n'avoir été autre que le lieu aujourd'hui nommé Castelnaudari, le prit et de là se jeta sur les teires des Toulousains, où il fit le dégât et d'où il enleva beaucoup de prisonniers. Prenant ensuite la direction de l'est, il descendit jusqu'au Pdiône et s'empara du château d'Lgernum, sur la rive droite du fleuve, menaça un moment la ville d'Arles, et, revenant sur ses pas, fit halte à Nimes aAec son armée victorieuse. Contran, consterné du désastre de ses armées et inquiet pour la Provence, ne put dans le moment rien faire de plus pour en assurer la défense que d'en changer le gouverneur. Il en éloigna ce Calomniosus, qui s'était si mollement