‹ Historie de la Gaule Méridionale sous la domination des conquérants germains (volume 2)Chapitre 32 sur 69 · GUERRES DIVERSES · texte numérisé non relu

GUERRES DIVERSES

comporté devant Nîmes, cl nomma à sa place le duc Leudegesile , le même qui avait commandé habilement ou du moins heureusement l'expédition contre Gondovald*.

L'année suivante (58G) , Leuvigikle, quoique victorieux, proposa la paix à Contran. Celui-ci la refusa et les hostilités continuèrent ; mais on n'en a point le détail. On sait seulement que Reccarède s'établit à Narbonne, d'où il fit maintes excursions sur le territoire des Franks sans y rencontrer de résistance.

Ce ne fut qu'en l'année 687 que Contran put prendre des mesures pour pousser plus vigoureusement la guerre contre les Visigoths. Les Toulousains, comme je l'ai dit, n'avaient piis jusque là aucune part à cette guerre. Après la catastrophe de Condovald, la ville et le district de Toulouse, qui dépendaient de la Neustrie, étaient restés sous le gouvernement particulier de leur ancien duc Didier; mais il y a tout lieu de penser que celui-ci n'était rentré en grâce avec le roi Contran qu'en s'engageant à le reconnaître pour souverain, soit en sa qualité de tuteur de Clotaire II, soit simplement comme roi de Burgondie. Toujours est-il certain, à quelque titre que ce fût, que Didier servit Contran, de tout son zèle et de toutes ses fores , dans la campagne de 687 contre les Visigoths,

(i) Id. loc. cit.

DES FRA^KS. S-i I

et tout annonce qu'il prit ce parti de lui-nicme et isans consulter'le gouverneiiient de la Neustrie.

Diéiier se mit en marelle avec les hommes de son duché et en compagnie d'Austrovald, qui était sous lui comte de Toulouse. Leur ohjet était de s'emparer de Carcassonne ; mais leurs prépaiatifs avant fait du hruit , les Visigoths avaient eu le loisir de s'apprêter à la défense. Les Toulousains rencontrèrent un corps de cavalerie ennemie en avant de Carcassonne, l'attaquèrent, et, l'ayant mis en fuite, le poursuivirent vivement. La plupart d'entre eux lassèrent leurs chevaux à cette poursuite; mais plusieurs s'v obstinèrent, et ceux-là, ayant à leur tète le duc Didier lui-même, arrivèrent avec les fuyards jusque sous les murs de Carcassonne. Du haut de leurs tours les hommes qui les gardaient, voyant le petit nombre d'ennemis engagés à la poursuite des leurs, sortirent impétueusement delà ville , enveloppèrent dfe tous côtés les Toulousains, qui presque tous furent tués sur la place et Didier l'un des premiers. Ceux qui échappèrent, ayant rejoint leur corps d'ari^c.. , y racontèrent ce qui venait de se passer. Apprenant la mort de son chef, l'armée ne jugea pas à propos de s'engager plus avant dans une expédition où elle n'avait aucun intérêt propre et se retira sans avoir vu Carcassonne. Le comte de Toulouse, Austrovald , se rendit en diligence auprès du roi Contran pour lui demander d'être fait duc à la place de Didier, et il le fut, nouvelle pieuvc de l'autorité de fait ou 11. il

de (iroiL,((n(î Gonlraii exerçait alois sur l'AciLiitaine neusLrieiine*.

Voilà toiU ce que dit l'histoire de cette troisième invasion de la Septimanie par les armées de Contran. Reccarède ne parut point cette fois à la tête des Visigoths; il avait été retenu au-delà des Pyrénées par la maladie et par la mort de son pèie Leuvigilde, auquel il venait de succéder. A peine reconnu roi, il se liàta d'envoyer des ambassadeurs à (ioniran et à Cliildehert. A celui-ci il demandait la continuation de son amitié; à Gontran il proposait là paix et son alliance. Childebert, ou, pour mieux dire, sa mèie Brunehaut reçut favorablement le message de Reccarède dont elle était la sœur du côté paternel ; mais Gontran ne daigna pas même voir les députés; il chargea un de ses leudes d'entendre leurs offies et de les rejeter^.

Ce fut bientôt après cette première ambassade que Reccarède passa de l'arianisme au catholicisme, et détermina par la sienne la conversion de la plupart de ses sujets visigoths. Il pensa sans doute que son titre de^v'àlholique rendrait ses propositions plus acceptables aux rois franks et envoya de nouveaux ambassadeurs à Brunehaut et à Gontran; il demandait pour femme à la première Clodoswintasa seconde fille, et renouvelait à Gontran ses offr^^s de paix et d'amitié.

(i) Greg. Tnr. VIII. /,^>.

Mais ce n'était pas tant connue hérétiques que comme rivaux de gloire et de conquête que Contran détestait les "S'isigotlis et voulait les chasser de la Gaule. Aussi refusa-t-il les propositions de Recearède catholique comme il avait refusé celles de l\ccciirède arien ; il s'opposa même à ce que sa nièce Clodoswinta fût donnée en mariage au roi converti et porta plus de colère que jamais dans ses hostilités contre les Visigolhs. ISarbonne et Agde étaient encore alors deux villes d'un grand commerce , avec lesquelles tout l'intérieur de la Gaule entretenait des relations suivies. Gontran interrompit ces relations et ferma à ses sujets tous les abords de la Septimanie*.

La singulière obstination de ce roi à poursuivre la guerre contre les Visigoths ft son espoir tenace de réparer ses défaites réitérées s'expliquent cette fois par les troubles auxquels la conversion de Reccarède donna innnédiatement lieu en Septimanie. Athaloc, évêque arien de ^'arbonne et plein de zèle pour sa croyance, s'indignant de la voir abjurer par le chef de la nation, résolut de soulever laGallo-Gothie contre ce chef infidèle. Il trouva aisément des ariens ardents ou des ambitieux qui, sous prétexte d'arianisme, embrassèrent ses projets. Deux comtes puissants, Granista etWildigerne, se mirent à la tête des mécontents du pays et cherchèrent des nuxiliîures panni les Franks on les

I ■ ]fi. \ov. cil.

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