‹ Historie de la Gaule Méridionale sous la domination des conquérants germains (volume 2)Chapitre 33 sur 69 · Gl ERRES DIVERSES · texte numérisé non relu

Gl ERRES DIVERSES

Gallo-Romains, qui saisirent avidement celle occasion de piller ou de bouleverser une province des Visigoths. Le soulèvement fut général ; les insurgés persécutèrent cruellement les catholiques, lirenl périr beaucoup de clercs, de moines et de prêtres, et sous un autre roi que Reccarède, c'en était peutêtre fait dès lors de la domination des Visigoths endeçà des Pyrénées; mais Reccarède accourut rapidement d'Espagne, et les conspirateurs ne tinrent pas devant lui. Les principaux d'entre eux furent punis de mort , et la Septimanie resta aux Visigoths.

L'historien qui nous a conservé la mémoire de cette rébellion ne dit point que les Franks ou les Gallo-Romains qui y prirent part, comme auxiliaires des ariens révoltés, y fussent entrés par l'ordre ou à l'instigation du roi Contran; mais il est on ne peut plus naturel de supposer que ce roi avait cherché à tirer parti d'un soulèvement si favorable à ses vues.

Il en avait profité du moins pour faire attaquer par les Aquitains la frontière occidentale de la Septimanie. Le nouveau duc de Toulouse, Austrovald, avait marché à l'improviste sur Carcassonne^ et les habitants de cette ville, emportés sans doute par le mouvement général de l'insurrection arienne, s'étaient i^ndus à lui, et avaient juré entre ses mains fidélité au roi Contran. Dès ce moment la vallée de l'Aude et son débouché sur la plage narbonnaise étaient ouverts aux Acjuitains, et leur

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livraient toute la partie maritime de la Septimanie. Ln duc IVank, nommé Bozon, et un comte galloromain , Anthestius , avaient l'ordre de se porter en avant de Carcassonne avec les milices de Saintes, de Périgueux , de Bordeaux , d'Âgen et de Toulouse, et de poursuivre la conquête commencée par le duc Austrovald*.

Un historien évalue à soixante mille les hommes commandés par Bozon 2, mais ce général était un fanfaron dénué de prudence et de capacité. Parvenu aux bords de l'Aude, sous les murs de Carcassonne, il y campa sans précaution, sans discipline, et sans autre but apparent que celui de boire et de faire bonne chère, dédaignant tous les avis d'Austrovald qui occupait toujours Carcassonne, et auquel il ne pardonnait pas de l'avoir prise sans lui.

Cependant l'armée des Goths, sans doute la même qui venait de battre les ariens révoltés , se trouvait à Narbonne ou dans le voisinage. Le duc romain, Claude, qui la commandait, ayant été informé de la marche des Aquitains et de leur position dans la vallée de l'Aude, se mit aussitôt en mouvement pour les rencontrer. Arrivé au lieu qu'il jugeait convenable à son dessein, il divise son armée en deux corps; se met en embuscade avec l'un, tandis que l'autre s'avance jusqu'au camp ennemi, le surprend

(rj (Irrg. Tur. IX. 3 1, / Isidor. (^hronir.

.).i() GUERRES DIVERSES

et l'attaque. Les Aquitains courent aux armes et font face aux Goths; ceux-ci feignent d'abord de l'irrésolution, puis ils fléchissent et bientôt prennent la fuite, poursuivis par l'armée aquitaine qui s'est ralliée tout entière sur leur trace. Les fuyards se dirigent vers leur embuscade, la dépassent un peu, et, faisant tout à coup volte-face, ils attaquent les Aquitains de front, tandis que la division embusquée derrière eux les prend en queue et les enveloppe.

Le carnage des troupes de Bozon fut horrible ; Grégoire de Tours, plus enclin à rabattre des victoires des Goths qu'à les exagérer, avoue que les Aquitains eurent près de cinq mille hommes tués et plus de deux mille pris ^. Les écrivains espagnols, naturellement plus favorables aux Goths, parlent de cette victoire comme de la plus grande que ce j>€uple eut jamais remportée, toutefois sans préciser les milliers de morts et decaptifs^. Les débris de l'armée aquitaine furent poursuivis jusqu'aux frontières de Toulouse, et Carcassonne fut immédiatement reprise par les vainqueurs. A dater de cette défaite, Gontian ne parla plus de chasser les horribles Goths de la Septimanie; mais il persévéra dans son inimitié et ne fit point formellement la paix avec eux.

Cette guerre ne fut point la seule par laquelle

(i) Loc. cit.

(t.^ Wulla uiK|uain in Hispaniis Gothorum vei major vel similis exliiit (victoria.) Isidor. Claonic.

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Gontraii essaya de compléter la conquête de la Gatde; il attaqua les Bretons presque en même temps que les Visigoths, de sorte que les événements de cette seconde guerre coïncident ou alternent de très près avec ceux de la première. Seulement ce ne fut pas en son nom propre et dans l'intérêt immédiat du royaume deBurgondie qu'il fut censé faiie la guerre aux Armoricains; mais en sa qualité de tuteur de Clotaire II et dans les intérêts neustriens. C'était une manière de disputer à Frédégonde le pouvoir que cette vieille reine exerçait au nom de son fils. Aussi Frédégonde soutint-elle constamment les Bretons contre Contran , encourageant à propos, tantôt leur résistance, tantôt leurs agressions*.

La lutte de ce reste des vieux Celtes contre les Franks n'était suspendue que depuis peu d'années. En 579 ils avaient ravagé et pillé le territoire de Rennes; le duc Beppolène, qui tenait de Chilpéric le commandement de cette frontière, avait, par représailles, envahi et dévasté une partie de leur pays; mais ils avaient pris sur-le-champ leur revanche de cette excursion par une autre qu'ils avaient poussée jusqu'aux environs de Nantes et où ils avaient fait d'énormes dégâts.

La guerre recommefiça en 687. Vers la tin de cette année, les Armoricains ravagèrent de nouveau les bords de laLoiie. Contran, en ayant été instruit,

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