i VASr,0]tIE
romans, tous sont tirés de la langue nationale, et les mêmes dont les Basques se servirent dans leurs temps païens. On voit que chez eux, comme chez les anciens Grecs, ces dénominations des mois variaient de peuplade à peuplade, de vallée à vallée. Toutes étaient pittoresques et tirées de l'aspect ou des productions delà nature, à la période de l'année qu'elles désignaient, circonstances qui toutes indiquent un état de société peu avancé, une race d'hommes morcelée en petites tribus indépendantes, ayant peu de communications entre elles et n'occupant, chacune qu'un très petit territoire.
Quelques mois ont plusieurs noms; celui de septembre, par exemple, en a deux en Biscaye et en Guipuscoa, où on le nomme indifférenmient irailla et buruilla. Ce dernier nom donne lieu à une conjecture que je hasarde en passant; il signifie le chef mois, la tète ou le premier des mois, et me paraît supposer un temps ancien de l'histoire des peuples des Pvrénées où l'année commençait par ce mois.
Ces faits divers autorisent, ce me semble, à soupçonner que ces mêmes peuples eurent autrefois une astronomie civile, sans doute très imparfaite et très grossière, mais originale et déduite de leurs propres observations. Les noms basques des signes du zodiaque viendraient encore à l'appui de ce soupçon. Ils sont nationaux, et tirés de la langue escara, comme ceux des mois et des jours. Le cancer, par exemple, se nomme argui-marra, le terme, la borne de la lumière.
1>« DEPENDANTE. ÔJ-J
Les Basques donnent à la lune un nom tlont on a voulu tirer une preuve du savoir astronomique de leurs ancêtres; ils la nomment hillarguia ^ ce ([ui signifie lumière morte, c'est-à-dire, suivant cjuelques personnes, lumière empruntée, réfléchie. Mais ici l'épi thète morte ne me semble point exprimer une idée scientifique; elle n'est qu'un terme poétique, pourcaractériser une lumière pâle, froide, variable et mvstérieuse, et comme qui dirait le soleil de la nuit et des morts, par opposition à celui du jour et des vivants.
Au sixième siècle de notre ère, les montagnards des Pyrénées étaient encore païens ; ils ne commencèrent qu'au huitième siècle à entendre des missionnaires chrétiens. On ignore quels étaient leurs dieux, leurs croyances et leur culte ; mais il y a beaucoup d'apparence qu'ils professaient encore le même polythéisme dont j'ai dit quelques mots ailleurs à propos des populations ibériennes de la Gaule, et dont on a récemment trouvé divers monuments dans les Pyrénées. Du reste, quelle que fût leur religion, il est probable qu'elle occupait peu de place dans leurs habitudes.
Ils avaient indubitablement une poésie, et quelques rudiments des arts immédiatement liés avec elle, tels que la musique et la danse. Le nom i^'eresslac^ dont ils se servent encore pour caractériser les chants populaires qui roulent sur quelque histoire vieille ou antique, a l'air d'être fort ancien dans la langue, bien que les pièces de poésie