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lorlifié par la nature même, sur une montagne escarpée, au sommet de laquelle s'élevait une église en l'honneur de saint Martin. Cette église, les deux rebelles l'avaient prise pour demeure et pour asile, eux, leurs familles et leurs hommes armés. La force envoyée contre eux commence par dévaster ou brûler, chemin faisant, toutes les terres et tous les lieux qui leur appartenaient. Arrivée à la montagne de Vabres, elle gravit jusqu'à l'église qui en couronne le sommet et l'entoure de tous côtés. Les assiégés ne se rendant pas, les assiégeants s'apprêtent à brûler les portes de l'église; mais Ursio se précipite alors , l'épée à la main, sur la foule environnante, et en fait un grand carnage, jusqu'au moment où il tombe blessé à la cuisse et bientôt percé de mille coups*.
ÏIrsio était le plus redoutable et le plus abhorré des deux rebelles, de sorte que Godegesile, le voyant mort, regarda son expédition comme terminée et laissa s'échapper Berktefried, qui prit au galop de son cheval la roule de Verdun, songeant à se réfugier dans l'église de cette ville; mais Childebert, informé de son évasion, en fut courroucé outre mesure et menaça de s'en venger sur la tête de Godegesile, Celui-ci courut alors bien vite à Verdun compléter la justice royale 2.
Des hommes puissants qui avaient autrefois
(1) Ici. IX. la.
(2) Ici. loc. cit.
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troublé le royaume d'Austrasie et ofTensé Brunehaut, il en restait encore un à punir, et c'était le chef de tous les autres. C'était l'évèque .^î^gidius; mais sa qualité d'évèque le rendait plus difficile à frapper, et l'humilité avec laquelle il demanda grâce, les riches présents dont il accompagna ses protestations de fidélité pour l'avenir, lui valurent un répit de trois ans. Ce fut seulement en 590 (ju'il fut arrêté, amené à 3Ietz et livré à un concile qui le condannia , pour ses anciennes intrigues avec Chilpéric, à être déposé, dégradé et envoyé en exil à Strasbourg*.
La rigueur avec laquelle Brunehaut firisait poursuivre les anciennes conspirations était faite pour en provoquer de nouvelles; ily en eut une, tramée dans l'intérieur niéme du palais, par les principaux officiers , et principalement dirigée contre elle. Le but des conspirateurs était de forcer le roi à écarter sa mère d'auprès de lui, ou, s'il persistait à la retenir, de le détrôner lui-même. Cette conspiration, œuvre d'hommes du palais, qui ne pouvaient ignorer d'où partaient les coups qui tombaient de toutes parts sur leurs pareils, prouve bien que c'était à Brunehaut plus qu'au roi que l'on s'en prenait de la persécution.
Sonnegesile, comte de l'Etable, Gallomagnus référendaire, et Droklulfe, gouverneur des fils de Childebert, étaient les principaux auteurs du com-
|)loL Ils ne (ineiit d'abord piitiis que par i'c.vll et par la confiscation de leurs biens; mais on ne tarda pas à reprendre les poursuites, et celte lois elles furent atroces*.
La réaction du pouvoir royal contre les leudes austrasiens ne se borna pas à ces disgrâces éclatantes des plus puissants ou des plus téméraires d'entre eux; la plupart étaient suspects; plusieuis furent destitués, beaucoup s'enfuirent dans d'autres pays; la classe entière était frappée.
Brunebaut semblait donc avoir réussi dans le plus sérieux de ses projets, celui de mettre enfin le pouvoir monarcbique bors de l'atteinte de ces leudes indisciplinés, de ces fiers Germains dont cbacun aspirait à être loi dans son office ou dans sa terre. Mais il y avait un autre point qui lui importait autant que celui-là et sur lequel l'accomplissement de ses vues dépendait moins d'elle-même et devait rencontrer plus d'obstacles; c'était l'abaissement de Frédégonde et de la Neu strie.
Peut-être le temps aurait-il calmé les anciens ressentiments de Brunebaut contre la veuve de Cbilpéric; mais celle-ci faisait tout ce qui dépendait d'elle pour en entretenir la vivacité. En 584, pi'esque aussitôt après la mort de Cbilpéric, elle avait envoyé à la cour d'Austrasie un clerc qui lui était dévoué, avec la commission de tuer Brunebaut, sans autre motif plus urgent ou mieux connu que
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