PÉRIODE DES MÉROVINGIENS FAINÉANTS. LUTTE
NATIONALE DE LA NEUSTRIE ET DE l'aUSTRASIE. PREMIERS CARLOVINGIENS. CHARLES MARTEL.
Dagobert mourut en 638, laissant pour héritiers de l'empire frank ses deux fils, Sigebert III et Clovis II; le premier âgé de neuf ans, roi d'Aus- Irasie; le second de quatre ans, roi de Neustrie et de Burgondie. Par le règne de ces deux enfants commence cette période de l'histoire des Mérovingiens vulgairement dite des rois fainéants ou des maires du palais; période d'environ quatre-vingts ans, durant laquelle on ne vit régner sur les Franks que des rois mineurs de raison et de caractère comme d'âge, et dégénérés en tout de la vigueur barbare de leurs ancêtres, sans avoir plus ménagé qu'eux les intérêts de la civilisation.
Sous de tels rois, il était inévitable que des maires électifs, chefs naturels de tous les officiers du palais, et choisis parmi ceux desleudes qui avaient le plus de puissance personnelle, c'est-à-dire le plus de terres et d'hommes attachés à leur clientelle, il était inévitable, dis-je, que de tels maires devinssent les véritables chefs de l'Etat, surtout après le
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surcroît d'importance qu'avait pris cet office sous les règnes de Clotaire 11 et de Dagobert. On a vu, en effet, l'unité fortuite de ces deux règnes en quelque sorte rompue par cette institution ; on a vu l'Austrasie et la Burgondie exiger ou se donner pour chefs, à défaut de rejetons mérovingiens, des maires du palais sous lesquels elles s'étaient maintenues en royaumes distincts, ayant chacun, comme son nom et ses limites , ses intérêts et sa vanité propres.
Du reste, si les maires du palais s'élevèrent partout à peu près au même degré de pouvoir, si leur volonté et leurs passions devinrent partout le mobile des événements généraux, cette volonté et ces passions ne se manifestèrent point partout sous les mêmes apparences ni par les mêmes effets; elles furent partout modifiées par des circonstances locales qui leur étaient antérieures et les dominèrent dans leur action. C'est un fait capital qui doit ressortir du tableau rapide de cette triste période.
A la mort de Dagobert, son plus jeune fils, Clovis II, resta sous la tutelle de ^'antilde, sa veuve, et du maire du palais qu'il s'était choisi, quand il avait envoyé Pépin en Austrasie comme tuteur de son fils aîné Sigebert; ce maire neustrien se nommait /Ega. «C'était, dit Frédégaire, un habile homme, de race illustre, très riche, ami de l'équité, instruit et lettré, muis avare*. >* l'ris isolément,
,1, riedtj;. Cluori.I.XXX.