‹ Historie de la Gaule Méridionale sous la domination des conquérants germains (volume 2)Chapitre 52 sur 69 · LUTTE DE LA KEISTRIE · texte numérisé non relu

LUTTE DE LA KEISTRIE

lion et à ses machinations pour accroîtie encoie son pouvoir. Saint Arnulfe qui, comme leude, avait été d'abord son collègue fle conjuration contre Brunehaut, et puis, comme évéque de Metz, son conseiller fidèle , avait depuis quelque temps renoncé aux poursuites mondaines pour mener la vie d'anachorète. C'était une perte réelle pour Pépin, qui sentait de quel prix était pour lui la faveur de la classe sacerdotale. Mais il eut bientôt trouvé dans Kunibert, évéque de Cologne, un nouvel appui aussi sûr que celui d'Arnulfe. Secondé par lui, il s'appliqua plus ouvertement que jamais à gagner les leudes d'Austrasie, à se les attacher par des caresses, par des bienfaits ou des promesses; et il était définitivement reconnu pour leur patron et leur chef lorsqu'il mourut en 689, un an après Dagobert*.

Il laissait un fils nommé Grimoald, héritier de ses immenses possessions et de sa popularité, qui aspirait à le remplacer comme maire du palais. Il échoua d'abord; ce fut un leude de la faction opposée et son ennemi personnel, un personnage nouimé Otto, gouverneur de Sigebert III, qui fut élu maire d'Austrasie ; mais ce triomphe d'Otto ne fut que d'un moment. Le parti du vieux Pépin, dirigé par Kunibert, eut bientôt repris le dessus; Otto fut assassiné (en 64^), et Grimoald, nommé à sa place maire du palais, conlinua dans ce poste

(r Kiedc;,'. Cliionic. FAXXV.

KT Dt LA.LSTRASIE. 4^9

le rôle de son père, celui de protecteur de tuus les leudes opprimés, indociles ou suspects*.

Il en vint bientôt à se figurer qu'il pouvait tout sur eux et par eux, si bien que, Sigebert III étant mort vers l'année 600, il s'avisa de la tentative la plus audacieuse qu'un leude se fut jusque là permise contre les rois issus de Mérovée. Il fit tonsurer un fils de trois ans que laissait Sigebert et Tenvova secrètement en Irlande pour y être reni'ermé dans un monastère. Cela fait, il produisit un prétendu testament par lequel le roi défunt adoptait pour fils et pour héritier du royaume d'.\ustrasie le jeune Cliildebert, fils de son maire du palais, c'est-à-dire de Grimoald lui-même. Bien que directement secondée par l'évéque d'Auxerre, la tentative était trop brusque pour réussir; les partisans de Grimoald eux-mêmes n'y étaient pas suffisamment préparés; ils se déclarèrent contre lui ou labandonèrent à ses adversaires, qui, relevés tout d'un coup de leur nullité, l'arrêtèrent lui et son fils (.hildebeil , et les livrèrent au maire de Neustrie, à Erkinoald, qui les fit mourir l'un et l'autre en prison 2. L'Austrasie, n'ayant plus dès lors de roi ni de maire du palais à elle, fut censée faire partie de la Neustrie et n'avoir point d'autre gouvernement qu'elle. La Burgondie était, ainsi que nous l'avons,

•i) M. LXXXVIIl.

• -i] Valesii rer. fiaïuicar. 20, i.\.

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