‹ Historie de la Gaule Méridionale sous la domination des conquérants germains (volume 2)Chapitre 53 sur 69 · JO LUTTE DE LA NELSTRIE · texte numérisé non relu

JO LUTTE DE LA NELSTRIE

VU, exactement dans la même situation, de sorte que l'empire frank semblait revenu comme de luimême, sous le règne de Clovis II, à l'unité qu'il avait eue sous Clotaire II et sous Dagobert.

Clovis II mourut vers 656, laissant trois fils en bas âge, Clotaire III, Cliildéric II et Thierry II ^. Le maire Erkinoald, qui gouvernait toujours la Neustrie, et avec elle et par elle la Burgondie et l'Austrasie, fit alors une chose tout-à-fait nouvelle, dans la vue de concilier l'unité de l'empire et la prépondérance neustrienne à laquelle tenait cette unité, d'un côté avec les idées frankes sur l'hérédité de l'empire, et de l'autre avec le sentiment prononcé que les Burgondiens et les Austrasiens gardaient de leur nationalité et leur désir non moins prononcé de maintenir leurs pays en Etats séparés. Il fit reconiiaitre pour rois par les trois royaumes les trois lils de Clovis; mais il n'en plaça qu'un seul, Clotaire III, sur le trône, et ce fut sur le trône de Neustrie^.

Les chefs burgondiens et austrasiens ressentirent vivement l'espèce de violence et d'outrage que leur faisait le gouveinement neustrien de les retenir sous sa domination, et de laisser ainsi deux Irônes vacants, quand il y avait deux rejetons mérovingiens proclamés aptes à les occupei'. Cepen-

i) Fredeg. Contin. I. XCl.

•j) C.osi;, l'iancor. XMV.

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claiit ils s eii linrciit aii\ miunmies. et le maire Erkiiioald iiioiiiut vers 637 sans avoir éprouvé de leur part d'opposition déclarée.

Le choix de son successeur fut, à ce qu'il paraît, (orageux et disputé ; mais le parti royal l'emporta et donna pour maire du palais, à Clotaire III, Ebrouin, liomme plein d'ambition et d'énergie, brave à la Lçuerre et rompu à l'intrigue, qui défendit avec ardeur et comme quelque chose de personnel l'autorité monarchique remise entre ses mains *. Dans le moment de crise où il se fit, un tel choix annonçait une rupture inévitable de la Neustrie avec l'Austrasie et la Burgondie; il était comme le prélude de nouvelles guerres entre les trois pays, mais de guerres bien différentes, par leurs motifs et leurs chances, de celles que s'étaient faites auparavant l'un à l'autre les fils et les petits-fils de Clovis. Ces dernières avaient été des guerres d'ambition de frère à frère, de roi à roi, des guerres entre des forces et des droits de même origine et de même nature, dont les résultats tendaient, comme nous avons vu, à concentrer plutôt qu'à diviser les pouvoirs dérivés de la conquête; les guerres nouvelles allaient éclater entre des forces diverses et naturellement ennemies. C'était l'ancienne lutte entre les rois et les leudes, qui , déjà presque décidée dans l'intérieur des trois royaumes franks, allait continuer en grand entre ces trois rovaumes. Poui-

(i) Fredfii. Contin. 1. XCIl.

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