LUTTE DE LA NEUSTRIE
la INeustrie, où le pouvoir royal avait prévalu et s'était même accru de règne en règne , la lutte devait avoir pour objet ou pour prétexte les intérêts de ce pouvoir; en Burgondie et en Austrasie, où l'aristocratie avait eu le dessus, l'aristocratie devait combattre pour son triomplie définitif, en d'autres termes pour morceler autant que possible le pouvoir de la conquête.
La rupture des Austrasiens et des Burgondiens avec Ebrouin éclata dans la même occasion et de concert. Clotaire III étant mort vers 660 , son frère Thierry, troisième du nom parmi les Mérovingiens, alors âgé de quinze ans , fut installé à sa place par Ebrouin, sans que celui-ci se donnât la peine d'appeler et de consulter les leudes franks , comme l'exigeaient l'usage et le droit germaniques*. Mais, d'un côté , ce droit avait été déjà violé tant de fois et en tant de manières qu'il pouvait bien passer pour aboli; et d'un autre côté, les trois fils de Clovis II ayant déjà été reconnus collectivement par les leudes des trois royaumes à l'époque de la mort de leur père , Ebrouin devait naturellement se croire dispensé de faire de nouveau reconnaître l'un d'eux en particulier.
Les Austrasiens n'avaient pas même attendu de savoir quel serait le nouveau roi de INeustrie pour témoigner qu'ils ne voulaient plus lui obéir, et pour demander un roi à eux, assisté par un maire du pa-
i) Fn>deg. Cont. I. XCIII.