‹ Historie de la Gaule Méridionale sous la domination des conquérants germainsChapitre 25 sur 35 · JO ELEVATION ET CHLTE D A.VITUS · texte numérisé non relu

JO ELEVATION ET CHLTE D A.VITUS

envers leurs filles et leurs femmes, et par les railleries cyniques dont il accompagnait ses outrages*. Odieux et méprisé, it' devait tomber au moindre choc.

Lé gouvernement d'Avitus était plus respecté en; Gaule qu'en Italie. ïhéodoric gardait avec lui toutes les apparences d'un allié fidèle; et ce fut, tous les liistoriens sont d'accord pour l'attester, à l'invitation du premier que celui-ci, au lieu de s'ajrondir dans la Gaule, comme il l'aurait pu aisément, entreprit une guerre pénible au-delà des Pyrénées 2.

J'ai suivi, autant que je l'ai pu, sans entrer dans des détails étrangers à mon sujet, la destinée des trois peuples barbares qui, en 4^9? avaient envahi la péninsule hispanique. Après l'exteripination des Mains et le passage des Vandales en Afrique, les Suèves étaient restés en Galice; et de là, faisant des excursions au midi, ils avaient fini par conquérir les pays qu'avaient jadis occupé leurs confédérés, c'est-à-dire la Lusitanie et la Bœtique. Mais les montagnards du nord et du nord-est de la Galice, les Asturiens, les Cautabres et les Vascons, avaient continué à leur résister et à être gouvernés par des officiers de l'Empire.

Les Suèves avaient fait ces conquêtes sous un chef nommé Rechila, mort en 44^ ^- Ln de ses fils,

(1) Gregorii Turon. Histor. tl. i i.

(1) Idatii Chroiiic. nd nsi. 4-T'i- ['\) Idar. Chroiiic.

Rekhiaire, lui avait succéd(4 cetle niéiiie année, tl la suivante il avait épousé une fille de Théodoric I, roi des Visigoths. Encouragé par cette alliance, mais surtout pai l'invasion d'Attila ([ui occupait alors toutes les forces et toute l'attention des chefs nnlitaires de la Gaule, Rekhiaire commença une guerre acharnée contre les peuples de la province Tarraconaise restés sous la domination romaine*. Cette guerre durait encore à l'avènement d'Avitus, qui entreprit d'y mettre fui , comptant pour cela sur le concours de son allié Théodoric 11"^.

Plusieurs députations furent envoyées de leur part en Espagne , pour sommer Rekhiaire de s'abstenir désormais de toute hostilité contre la Tarraconaise; mais l'audacieux et turbulent Barbare, ne tenant aucun compte de leurs sommations , continua à commettre toutes sortes de ravages sur les confins de cette province. Ce fut alors, et dans l'automne de 456, qu'à la demande de son allié, Théodoric descendit en Espagne, avec une puissante armée, pour faire la guerre à Rekhiaire^. L'entreprise était de son goût et dans ses vues ; il comptait garder pour lui tout le pays qu'il pourrait gagner sur les Suèves, croyant sans doute faire assez pour l'Empire s'il le maintenait en possession de la Tarraconaise, et s'il rendait la sécurité aux lusbitanls de cette province.

(i) Idatius. afl an. l^!^S. l'io.

■ i) Idatiii-;. loc. cit.

^: IdaliiKs. ntl an. 456.,

^J2 KLEVATIOIV ET CHUTE D AYITUS.

Rekhiaire s'avança au-devant de Théodoric, et lés deux adversaires se rencontrèrent le 5 octobre, à douzemillesà l'est de la ville d'Astorga, sur la rivière d'Orbeca ou d'Orbieu , une de^s' branches septentrionales du Duero. Les Suèves ne tinrent pas contre les Goths ; les plus braves furent taillés en pièces , la plupart s'enfuirent en déroute , un certain nombre fut fait prisonnier. Rekhiaire grièvement blessé n'échappa point sans peine à la première poursuite des vainqueurs et s'enfuit vers la côte *.

Théodoric, qui visait aux profits de la victoire, se porta rapidement en avant, rançonna en passant Astorga, où il avait cependant été reçu en ami, et de là continua sa marche sur Bracara, capitale de la Galice, où il entra sans éprouver de résistance. Il n'y eut point de massacre , point de sang répandu ; la chasteté des femmes fut respectée; mais, à cela près, la ville souffrit tout ce que peut souffrir une villeprise d'assaut. Le pillage fut complet; les églises forcées, dévastées, dépouillées de tout, se remplirent en un instant de chameaux , de chevaux, de bœufs et de moutons. Des troupes d'hommes , de femmes , de religieuses, de prêtres furent emmenées prisonnières, sans doute pour être vendues, car il ne restait plus dans la ville personne en état de payer leur rançon 2.

Théodoric était encore à Bracara, lorsqu'on lui

(l) Idatius. loc. cil. — loi'iiand. do Kch. gel. XLIV. (■j.) Idaltus. loc. cit.

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