‹ Historie de la terre origines et métamorphoses du globeChapitre 10 sur 41 · L'AVEN III DE LA PLANÈTE · texte numérisé non relu

L'AVEN III DE LA PLANÈTE

bien quelle ne compte encore que quarantedeux mille siècles d’existence.

De la vieillesse à la décrépitude il n’y a pas loin, et de la décrépitude à la mort, le pas est bref. L’avenir de la planète n’est donc pas rassurant, si nous l’examinons à notre point de vue, eu égard au sort qui attend l’espèce humaine. Les légendes de tous les peuples, dictées comme par un esprit d’intuition infaillible, ont prévu la fin de l’homme et du monde, et dans ce sens elles ne paraissent pas s’être trompées davantage que dans la tradition d’un grand déluge et de certains animaux disparus, qu’elles ont également adoptée.

Mais comment aura lieu la fin du globe terrestre? La série géologique s’est-elle réellement arrêtée à l’homme? L’homme, comme il l’a proclamé si souvent, est-il le dernier être, le roi de la création, pour employer ses propres termes? Ou bien après l’homme, et à l’issue de quelque grand cataclysme dans lequel toute l’espèce humaine sombrera, un être plus parfait viendrat-il, qui ouvrira l’ère d’une nouvelle période géologique? Cet être, que toutes les religions

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ont deviné quand elles parlent de ces esprits pour qui l’espace et le temps ne comptent pas, cet être fera-t-il quelque jour son apparition? Si l’on veut rester d’accord avec les enseignements et les prévisions de la géologie, il faut répondre affirmativement. Oui, un jour l’homme s’en ira, et un être plus parfait le remplacera sur le globe. Pour cet être réellement supérieur, tous les grands problèmes qui désespèrent la philosophie seront sans doute résolus, et tous les mystères de la nature, de la vie, de l’âme, n’existeront plus pour lui.

Mais après cet être que nous ne pouvons qu’entrevoir, en viendra- 1- il un autre encore plus parfait , dans lequel s’incarnera toujours plus cette essence divine, ce nescio quid dirinnm, dont chaque être, quelque infime qu’il soit, semble avoir reçu une part qui le vivifie et l’anime? La matière ne périt pas; si rien ne se crée, rien ne se perd, et aucun atome matériel ne disparaît du monde physique; à plus forte raison aucune parcelle de vie ne quitte non plus le monde animé. La somme de vie reste toujours la même sur la globe, seule-

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ment la vie peut se modifier avec le temps, et revêtir des formes diverses , de plus en plus compliquées et parfaites. Là est le nœud du problème ; et comme rien ne semble faire prévoir que le cycle des périodes géologiques soit fermé, un jour viendra où, l’homme disparaissant à son tour pour aller rejoindre les êtres qui l’ont précédé , des êtres supérieurs le remplaceront, comme il avait remplacé ceuxlà. Mais toutes ces modifications, toutes ces transmutations de la vie, n’empêcheront pas le monde d’avoir une fin. Le monde est né, le monde doit mourir, comme l’a dit le poète. Cette fin, que la science regarde désormais comme certaine, marquera la dernière phase de l’avenir de la planète, sur laquelle nous allons nous arrêter un moment.

La nébuleuse qui s’échappa un jour du soleil, laissa en chemin la lune. Celle-ci, satellite en retard, mais fidèle, tourna autour de la terre, comme la terre autour du soleil, passa par les mêmes âges géologiques que la planète dont elle s’était détachée; mais comme elle était d’un volume plus faible, elle accomplit toutes

HISTOIRE DE LA TERRE

ses révolutions en beaucoup moins de temps.

Aujourd’hui la lune est sans air et sans eau ; la vie s’en est allée d’elle, et nue et glaciale, elle promène dans l'empyrée son disque veuf d’habitants. C’est une planète en retraite, qui a fait son temps de service. Elle prend ses invalides, et ne continue plus qu’à tourner ; elle éclaire aussi les nuits de la terre, à laquelle elle renvoie, compagne bienfaisante et généreuse, tous les rayons qu’elle reçoit du soleil.

Le sort de la lune ne semble-t-il pas réservé à la terre? Un jour (ce jour est bien loin sans doute, mais il est prévu) un jour viendra où l’eau et l’air auront aussi disparu de la surface de la terre. Déjà les chimistes se sont plu à calculer que les roches absorbaient chaque jour des quantités assez notables d’eau et d’air. D’autre part, si l’on compare le lit et le régime des fleuves tels qu’ils étaient au début de la période quaternaire avec ce qu'ils sont aujourd’hui, on reste confondu devant l’énorme volume qu’ont jadis roulé les eaux, et le volume si restreint qu’ elles promènent maintenant entre leurs berges resserrées, l e même, aucune végétation d’à pré-

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