OBSERVATIONS
* Magnésium
Mg.
* Manganèse
Mn.
* Mercure
Hg. 1
1 Du latin hydrar-
Molybdène
Mo.
gyrus, vif-argent.
* Nickol
Ni.
Niobium
Nb
* Or
Au. 3
3 Du latin au mm.
Osmium
Os.
* Oxygène
Palladium
Pd.
Pelapium
Pp.
* Phosphore
Ph.
* Platine
Pt.
* Plomb
Pb.
’ Pbtassium
3 Du latin kalium,
Rhodium
Rb.
ou mieux do l’arabe
Rubidium
Rb.
kali.
Ruthénium
Ru.
Sélénium
Se.
‘Silicium
Si.
* Sodium
Na. *
4 Du latin natiium.
* Soufre
Strontium
St.
Tantale
Ta.
Tellure
Te.
Terbium
Tr.
Thallium
Tl.
Thorium
Th.
Titane
Ti.
Tungstène
4 De l’allemand ivol-
Uranium
fram , minerai du
Vanadium
Vn.
tungstène.
Yttrium.
* Zinc
Zn.
Zirconium
Zr.
LES PIERRES ET LES MINÉRAUX
Nous avons marqué d’un astérisque les corps simples les plus répandus. On voit qu’ils ne forment que la moitié de la liste de tous les corps connus. Cela nous met loin toutefois des quatre éléments des anciens : l’air, l’eau, la terre et le feu, dont on supposait, il n’y a pas encore longtemps, qu’avait été formé le monde, et dont aucun ne représente un corps simple. Le feu même n’est pas un corps, ce n’est que le phénomène résultant de la combustion d’un corps qui se combine avec l’oxygène de l’air, et se gazéifie en passant à une très -haute température.
Un coup-d’œil jeté sur la colonne des poids atomiques montre que, principalement pour les corps les plus répandus et partant les mieux déterminés, presque tous ces nombres sont entiers et par suite des multiples exacts de l’hydrogène, le plus léger de tous ; que par conséquent celui-ci représente peut-être la grande monade, l’unique atome dont toutes les substances, organiques ou inorganiques, sont composées. Cette idée n’a rien de paradoxal, et bien qu’elle rappelle quelque peu celle des alchimistes qui
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croyaient à la transmutation des corps , elle est partagée aujourd’hui par les plus illustres savants, M. Dumas à leur tête.
Si la moitié à peine de tous les corps simples connus entre communément dans la composition des substances terrestres, à quoi bon les autres, eu égard à la sage économie dont la nature fait preuve dans toutes ses conceptions? Très-probablement, ils ne sont que des modifications des premiers, et tous ensemble ne représentent sans doute que les diverses manières d’être, de se grouper, d’un seul et même atome, peut-être l’hydrogène, origine de tous les minéraux.
Les corps simples, s’il n’y en a pas qu’un seul, doivent être dans tous les cas en très-petit nombre. Cela n’empêche pas que les combinaisons qu’ils présentent en s’unissant entre eux ne soient infinies , comme le démontre l’inépuisable variété de toutes les substances animales et végétales, où la chimie ne découvre guère que quatre éléments: l’oxygène, l’hydrogène, l’azote et le carbone , dont les trois premiers sont gazeux. Les autres corps qui se marient à ceux-là
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tiennent bien peu de place. Ce n’est plus la moitié mais le quart de tous les corps simples con-
nus, c’est-à-dire seize sur soixante-cinq, qui entrent dans la composition de tous les corps organisés. C’est à peine si le phosphore, le calcium et le fluor, principes des os ; le fer, le soufre, qu’on trouve dans le sang, entrent dans la formation des substances animales. Chez les plantes, on trouve en outre le potassium, le sodium, l’aluminium, le chlore, le silicium, et quelques autres : c’est là tout. Et ce petit nombre d’éléments a servi à former les cent mille espèces de plantes, et les deux cent mille espèces d’animaux, aux types si divers, qui peuplent le globe! Il est vrai qu’en ce cas il intervient une force particulière, encore bien peu connue, la force vitale, ou pour l’appeler de son nom, la vie.
La vie! c’est ce qui manque aux minéraux. Et cependant ils ont, eux aussi, une forme invariable, toujours la même pour chacun d’eux, offrant les mêmes angles, les mêmes faces :
c’est le cristal, forme probable de l’atome, c’està-dire du dernier élément auquel un corps peut
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se résoudre. L’atome est indivisible, problème insondable! C’est par la juxtaposition des atomes que se forment les minéraux, toujours semblables à eux-mêmes dans toutes leurs parties, ce qui les différencie des espèces animales et végétales formées d’organes variés. Les formes cristallines des corps inorganiques, réduites à leur plus simple expression , se résument en un petit nombre, six au plus, d’une simplicité géométrique étonnante. Ce sont des cubes, des prismes quadrangulaires, droits ou obliques. Ces six formes sont peut-être celles de six atomes élémentaires, si ce n’est pas d’un seul et même germe que procèdent tous les minéraux.
11 semble donc prouvé que le nombre des corps simples, s’il ne se réduit pas à l’unité, est plus restreint que ne l’admet lachimie moderne. Les chiffres qui servent à désigner les équivalents, si l’on sait les interroger, démontrent clairement le fait, et révèlent les futures découvertes de la science quand les procédés de nos laboratoires seront encore plus perfectionnés qu’aujourd’hui. Pour n’en citer que deux exemples qui se fondent en un, l’iridium et l’osmium,
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frères du platine, ayant les mêmes propriétés, trouvés dans les mêmes placers que lui, ont, on peut dire, le même équivalent. Le palladium, le rhodium et le ruthénium , qui jouissent des mêmes qualités physiques que les précédents, ont chacun un équivalent qui est moitié environ de celui du platine, et pèsent aussi moitié moins. Cela ne semble-t-il pas clairement indiquer que ces cinq corps, l’iridium, l’osmium, le palladium, le rhodium et le ruthénium, ne sont que des modifications d’un seul et même métal, le platine, et que, pour ce cas spécial, six corps regardés comme simples se réduisent évidemment à un seul ? Allons plus loin : le platine, qui a le même équivalent que l’or, avec lequel il a d’ailleurs tant d’analogies, si bien qu’on le rencontre inévitablement dans tous les gîtes aurifères d’alluvion, le platine n’est-il pas simplement de l’or sous un nouvel aspect ?
Il ne faudrait pas croire que les faits que nous avons relevés pour le platine et les métaux ses cousins, soient isolés. Les mêmes observations pourraient s’appliquer à l’aluminium et au magnésium d’une part, et d’autre part au fer, au
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chrome, au nickel, au cobalt. Dans les deux cas, ces métaux ont sensiblement le même équivalent, et de plus les chimistes les rangent dans une même famille, comme des métaux doués de propriétés analogues. Nous ne voulons pas varier davantage ce genre d’observations; le tableau des équivalents est dressé pour le lecteur qui voudra pousser plus loin, mais qui devra se tenir en garde contre quelques analogies qui ne sont qu’apparentes, celles qu’offrent par exemple l’azote et le silicium.
Les chimistes divisent les corps simples en deux classes : les métaux et les métalloïdes. Les premiers sont opaques, ont un éclat particulier, se laissent facilement traverser par la chaleur et l'électricité. Les seconds, au nombre desquels sont les corps simples gazeux, ne possèdent généralement aucune de ces propriétés. On compte quinze métalloïdes, et par conséquent cinquante métaux.
Un métalloïde a une avidité particulière pour tous les autres et pour tous les métaux : c’est l’oxygène. Il se combine volontiers avec tous les corps. On appelle oxydes les composés les
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moins oxygénés qui en résultent, et acides (à cause de leur saveur habituelle) les plus oxygénés. Les oxydes sont généralement métalliques. La combinaison des acides avec les oxydes donne les sels. Presque tous les corps de la nature sont ou des oxydes ou des sels. L’eau est un oxyde d’hydrogène. Parmi les sels, les plus répandus sont les silicates, combinaison de l’acide silicique avec un métal facilement oxydable, tel que le potassium, le sodium, etc., qui brûlent spontanément à l’air ou dans l’eau ; après viennent les carbonates, combinaison de l’acide carbonique avec d’autres métaux presque aussi oxydables, le calcium, le magnésium, etc. Les silicates sont de la nature des verres, des cendres, des scories. Le carbonate de beaucoup le plus commun est le carbonate de chaux. On peut donc dire que des cendres durcies et une croûte de pierre à chaux composent essentiellement l’enveloppe solide du globe, ce que l’histoire de la terre nous avait déjà appris, et ce que la chimie nous explique.
Sans aller plus loin, on comprend maintenant
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comment la chimie moderne pouvait seule permettre à la géologie d’entrer dans le domaine des faits positifs. Sans la chimie, on ne saurait en effet se rendre compte de l’origine et de la composition des roches et des minéraux ; et les découvertes de Lavoisier étaient non , moins indispensables que la théorie de Laplace pour fonder d’une manière définitive la science des pierres et celle des terrains.
La nomenclature phimique, ce modèle si parfait de langue universelle et méthodique, pourrait prêter un grand secours à la classification des minéraux, si ceux-ci étaient simples ou seulement composés d’un petit nombre d’éléments comme les corps que la chimie combine ; mais il n’en est point ainsi. La nature, artiste infatigable, aux merveilleuses conceptions, ne s’est pas contentée de produire des corps simples, puis des combinaisons binaires ou multiples, les oxydes, les chlorures, les sulfures, les silicates, les carbonates, les sulfates, etc. Dans son laboratoire, elle a procédé sur un plan à la fois si grandiose et si varié, quelle déroute la chimie des hommes. Tous les savants se sont
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perdus dans leurs essais de classification minérale, et dans ce cas, de même que dans les classifications géologiques et litliologiques , une langue rationnelle reste à trouver.
Les anciens se bornaient à voir dans les minéraux des pierres, des terres, des sels, des combustibles et des métaux. Cette classification était même encore, au siècle dernier, celle du grand Werner, ce Socrate de la minéralogie, comme l’appelèrent les Italiens. Et la science avait en effet besoin de son Socrate; car au temps de Werner on croyait toujours aux minéraux nobles et ignobles, et aux pierres mâles et femelles !
Les pierres, les terres, les sels, les combustibles et les métaux, auxquels il faut joindre, pour avoir une nomenclature complète, les liquides et les gaz, tels sont donc, — si nous nous laissons guider par les anciennes classifications, et c’est ici ce qu’il y a de mieux à faire, — les sept membres principaux de la grande tribu minérale. Les pierres comprennent toutes les roches solides proprement dites dont nous avons parlé, et les reines du monde souterrain, les pierres pré-