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enfin des plaques d’ivoire ou de schiste sur lesquelles étaient représentés d’une manière trèsnette le renne, l’éléphant à crinière et divers autres animaux.
A la même époque (1860-63), M. de Vibraye dans l’Yonne, M. Garrigou dans les Pyrénées, fouillaient les cavernes avec non moins de bonheur, pendant qu’à Moulin-Quignon, près d’Abbeville (1863), M. Boucher de Perthes couronnait ses découvertes de silex travaillés par la rencontre d’une mâchoire humaine, qu’un congrès international de savants, Anglais et Français, réunis dans ce but, reconnaissait comme fossile. Il faut néanmoins avouer que l’authenticité de cette pièce laisse encore quelques doutes ; mais en 1865, dans le terrain supérieur du Vald’Arno, un crâne a été découvert portant les caractères de la plus haute antiquité; enfin, tout récemment (1866), M. E. Dupont, en fouillant les cavernes de la Belgique, a confirmé sur nombre de points et pour le bassin de la Meuse, les découvertes qu’on vient de rappeler. Dans près de trente cavernes, qui ont toutes servi de demeure ou de sépulture à l’homme, il a con-
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staté les mêmes faits : la présence des ossements de renne, d’ours, d’hyène, d’éléphant et de rhinocéros, mêlés à des ossements ou des restes humains.
Il semble donc qu’il ne peut plus y avoir de doutes sur l’ancienneté de l’espèce humaine.
Aussi des géologues , parmi lesquels est maintenant M. Desnoyers, converti à la théorie nouvelle, n’hésitent pas à reporter au delà même de la période quaternaire l’époque de l’apparition du premier homme. M. Desnoyers a trouvé près de Chartres , dans le terrain tertiaire supérieur, des ossements d’éléphant méridional (Elephas meridionalis), caractéristique de cette époque, et qui portent la marque évidente d’entailles faites par un outil tranchant. Après lui, l’abbé Bourgeois a découvert dans le même terrain (1866) des haches et des couteaux de silex. Qu’y aurait-il d’étonnant qu’à la fin de la période tertiaire, à un moment où les conditions climatologiques ne s’opposaient pas à la venue du plus perfectionné des êtres, cet être ait fait son apparition? On ne voit aucune raison valable à ce que œlle-ci ait été retardée, quand
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tous les milieux étaient propres à la production de ce grand phénomène, en vue duquel semble avoir été jusqu’ici conduite toute la formation de la terre.
Malgré tant de preuves qui combattent en faveur de la haute antiquité de l’homme, la question n’est pas encore définitivement jugée pour tous les savants. Bon nombre de géologues, à la tête desquels on compte des noms qui sont parmi les plus marquants de la science, ont refusé jusqu’ici d’admettre qu’il existât un homme fossile. Pour eux les dépôts des cavernes, les alluvions avec silex taillés et ossements , sont récents, et dans tous les cas remaniés. Si les restes de l’homme s’y rencontrent, il n’en est pas moins vrai que l’homme n’est venu qu après les grands mammifères, et si les os de ces derniers sont cassés, taillés, ces cassures peuvent être naturelles ou provenir des animaux carnassiers eux -mêmes. Si ces mêmes os sont quelquefois travaillés , c’est après l’extinction de ces animaux que l’homme aura ainsi façonné leurs restes. Mais il est des cas embarrassants, auxquels nous croyons que ces
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opposants n’ont pas encore victorieusement répondu.
Dans le diluvium non remanié de la vallée de l’Alsace, on a trouvé, à deux reprises différentes, il y a quarante-trois ans et récemment (1866), des restes humains fossiles. 11 est difficile aussi de rejeter les preuves fournies par les dessins gravés à la pointe sur les os trouvés dans les cavernes, et qui représentent soit l’éléphant chevelu ou le renne, soit l’ours, le cheval ou le bœuf primitifs. Ces dessins semblent couper toute retraite aux adversaires de l’homme fossile. Il est vrai que ceux-ci objectent que nombre de ces dessins sont à peine reconnaissables, et que d’autres, par contre, témoignent de qualités artistiques au moins étonnantes pour ces temps -là. A quoi certains anthropologistes répondent que, dès l’âge du renne (on appelle ainsi l’époque de l’homme fossile), les races humaines avaient déjà reçu en don toutes leurs qualités distinctives, et que l’homme qui vivait avec le renne témoignait de dispositions artistiques particulières. D’aucuns vont même jusqu’à reconnaître au crâne de Raphaël une très-grande
HISTOIRE DE LA TERRE
analogie avec celui de l’homme de l’époque du renne.
Mais si une partie du camp géologique reste encore incrédule sur l’existence de l’homme antédiluvien, ce que nul savant ne repousse plus aujourd’hui, c’est l’ancienneté de l’espèce humaine ou de l’homme antéhistorique. Cette ancienneté nous est révélée par les dépôts des coraux et des grès marins, par ceux des tourbières, par les kiœkenmœddings ou amas littoraux de coquilles du Danemark, par les cités lacustres alpines et les lerramares du Modénais.
Les dépôts de coraux et de grès quaternaires, formés le long de quelques rivages, à la Guadeloupe,. par exemple, pour les coraux; en Toscane, en Sardaigne, au Chili pour les grès, renferment des débris humains, même des squelettes entiers et des restes de l’industrie primitive de l’homme, tels que des armes en silex ou des vases en terre grossière.
Les tourbières, dans leurs couches successives, présentent des débris différents; elles sont comme un véritable musée où les objets se-
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raient classés dans leur ordre chronologique, depuis les dernières convulsions du globe jusqu’à l’âge historique actuel. On y voit même les essences végétales varier avec le temps : en Danemark, le pin y cède peu à peu la place au chêne et celui-ci au hêtre.
Les kiœkenmœddings ( mot à mot , restes ou rebuts de cuisine), récemment étudiés avec tant de soin sur les côtes du Danemark, sont formés d’amas de coquillages comestibles , huîtres, moules, etc., mêlés à des ossements de renne, de castor, d’auroch, de chien; on y trouve des outils en silex, en os, mais aucun instrument en bronze , aucun reste de poterie.
Dans les cités lacustres, découvertes depuis 1854 sur les bords des lacs de la Suisse, et jusqu’en Savoie le long du lac du Bourget, puis en Lombardie sur le versant italien des Alpes, on trouve également des restes de l’industrie primitive de l’homme : outils et armes en silex, en os, vases de terre, étoffes grossièrement tissées, et sur certains points des armes et des ornements de bronze et de fer, avec des
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morceaux d’étain et d’ambre, et quelquefois des bijoux en or.
On a retiré des cités lacustres quelques crânes humains et beaucoup d’ossements d’animaux.
Gomme pour les tourbières, les dépôts se succèdent chronologiquement : on passe de l’enfance de l’humanité, de la barbarie la plus complète à une sorte de demi -civilisation. Le bronze (alliage de cuivre et d’étain) et l’ambre dénotent déjà les longs voyages, les relations commerciales ouvertes avec le nord de l’Europe ; car l’étain devait venir de la Cornouaille anglaise, et l’ambre des bords de la Baltique. Des grains de blé et d’autres céréales, qu’on a également trouvés dans quelques cités lacustres, indiquent à leur tour une première culture du sol.
La race qui habitait ces lacs y avait construit ses demeures sur des pilotis ou sur des amas de pierre, comme font encore aujourd’hui quelques indigènes de la Nouvelle-Zélande. Ces populations primitives des Alpes habitaient sur les eaux, sans doute pour se mettre à l’abri des attaques des bêtes fauves, alors très-nombreuses dans l’Helvétie, et dont on trouve les osse-
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ments au milieu des ruines des cités lacustres. L’homme antéhistorique a dû disputer sa place et sa nourriture aux animaux sauvages , aux sanguinaires félins, et la fable d’Hercule et du lion de Némée est plus voisine de la vérité qu’on ne pourrait croire. De même, pour l’homme des cavernes, la légende des Troglodytes que nous ont transmise les Grecs et les Romains, s’appuie désormais sur des faits confirmés par la géologie.
Les terramares du Modénais, entre le Pô et l’Apennin, sont frères des habitations lacustres. Sur des pilotis, au bord de marais et de lacs qui aujourd’hui ont disparu, ont campé les premières peuplades italiennes. Dans ces terramares, comme dans les habitations lacustres, on trouve des débris d’ossements humains , de quelques mammifères toujours vivants, et des restes de l’ancienne industrie de l’homme, mêlés quelquefois à des armes en bronze et même en fer. La terre qui contient tous ces débris est alcaline, mêlée de phosphate et d’azotate de chaux , et peut servir d’engrais au sol ; de là le nom que les paysans modénais lui ont donnée :
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terrnmara *, corruption de terramania , terre marneuse.
Les temps antéhistoriques, enfance de l’humanité , se divisent en deux grandes époques : celle de la pierre et celle des métaux. L’époque de la pierre se subdivise en âge de la pierre brute ou simplement ébauchée et âge de la pierre polie. L’époque des métaux comprend l’âge du bronze ou mieux du cuivre et de l’étain, et l’âge du fer, avec lequel commence l’histoire. Cet âge est même le dernier de l’humanité puisque nous le parcourons encore; mais il est passé par bien des phases avant d’arriver jusqu’à nous. L’âge d’or et l’âge d’argent des poètes, l’âge édénique de la Bible , n’ont probablement jamais existé, mais viendront peut-être quel- , que jour.
L’âge de pierre est caractérisé par l’abondance d’instruments, d’outils, d’armes en silex, bruts ou polis, et qui obéissent à des formes connues. La plus répandue est la forme triangulaire
1. Au pluriel terremare. Le mot a été francisé en celui de terramares. On appelle aussi ces dépôts des marières, de l’Italien mariera pour mamiera, au pluriel mariere.
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ou en cœur, dite hache ou celté, parce qu’elle rappelle celle des haches celtiques qu’on trouve sous les dolmens ou les tumulus datant de l’époque des Celtes. Après les haches viennent les couteaux , les grattoirs , éclats de silex à bords taillants, puis les pointes de flèches, de lances, et plus rarement les scies, les poinçons, etc. On rencontre de ces outils en silex dans toutes les formations qui datent de l’époque humaine, dans le diluvium, dans les dépôts des cavernes, dans les alluvions intactes ou remaniées. Les outils de pierre remontent même dans l’âge historique et contemporain, puisque nous les retrouvons, aujourd’hui encore, conservés par toutes les peuplades sauvages. On ne saurait donc arguer des découvertes de silex taillés pour témoigner de la haute antiquité de l’homme en tel ou tel endroit, et à ce sujet les fameux silex ébauchés ou livres de beurre 1 dePressigny-
1. Ainsi appelas par les paysans de la Touraine qui les rencontrent dans leurs champs, parce qu’ils ont la forme allongée des pains de beurre du pays. Les savants les nomment des nucléus ou noyaux. Les longs couteaux de silex qu’on en a détachés ont laissé, sur le nucléus, des traces analogues à celles de la cuillère qu’on aurait promenée sur un pain de beurre pour en séparer des tranches.
le -Grand , à propos desquels on a fait tant de bruit en 1865, ne prouvent rien. Avec un peu plus de calme , on eût vu ces fameuses livres de beurre se fondre d’elles -mômes. Des deux côtés les adversaires nous semblent avoir discuté dans le vide, et donné, comme on dit, des coups de bâton dans l’eau. Les pains de beurre de Pressigny gisent à la surface , et si l’on ne peut prétendre justement qu’ils ont servi à la fabrication de pierres à fusil, on ne peut leur assigner non plus aucune date géologique certaine. Combien plus importante est la découverte , dans le terrain diluvien , d’ossements humains fossiles, surtout de crânes bien authentiques !
Les anthropologistes, venant en aide aux géologues, ont étudié les crânes fossiles et ceux de l’homme primitif. Ils reconnaissent dans pre^jue tous ces crânes la forme à la fois brachycéphale c’est-à-dire ronde, et prognathe ou dont l’angle facial est aigu , la mâchoire proclive, comme dans le singe et tous les mammifères en général. Le crâne de l’homme civilisé de l’Europe est plutôt dolychocéphale ou allongé,
L’ANCIENNETÉ DE L’HOMME
elliptique, et orthognathe, c’est-à-dire à angle facial ouvert, à denture droite.
La petitesse des mains caractérise le type brachycéphale, ce qui explique les poignées si étroites des glaives et des javelots qui datent de l’âge de bronze. Le type brachycéphale se retrouve de nos jours dans presque toutes les races qui semblent indigènes en Europe, la race basque, une partie des races helvétique, ligure, Scandinave, laponne. Le type dolychocéphale se rencontre dans les races émigrées, la race celtique ou gaélique par exemple, qui se rattache au rameau aryan.
La plupart des linguistes, des historiens, des ethnologistes, acceptent aujourd’hui comme démontrée une grande émigration des Aryans ou peuple primitif de l’Asie, qui se seraient répandus du versant nord de l’ Himalaya , ou tout au moins des plateaux de l’Asie centrale, l’Ombilic du monde, comme on l’appelle, jusque dans les régions européennes. A ces aïeux asiatiques se rattachent les races indoues , persanes, sémitiques, helléniques, latines, celtiques , qui forment comme autant d’essaims
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détachés le long de la route. A ces aïeux asiatiques la race blanche doit ses facultés intellectuelles et morales, ses langues, ses religions. Les races jaune et noire forment comme deux autres rameaux de la grande famille humaine. Il semble difïicile de faire partir ces trois branches du même tronc. Les partisans de l’unité de l’espèce admettent que, par la seule influence des milieux, la race blanche est passée à la noire en Afrique et à la jaune en Mongolie; mais quel temps n’a-t-il point fallu pour cela! Quelle immense série de siècles ont dû exiger ces transformations, quand depuis les temps historiques, c’est-â-dire depuis au moins six à huit mille ans en Lgypte, en Assyrie, et dix mille ans en Chine et dans l’Inde, les peintures, les bas-reliefs des monuments, nous montrent les races chinoise, indoue, juive, assyrienne, égyptienne, éthiopique, avec les mêmes caractères tranchés, le même type qu’elles ont aujourd’hui! Si les partisans de l’unité de l’espèce humaine sont conséquents, ils doivent donc admettre l’existence de l’homme fossile, qui ferait remonter peut-être à cent mille ans la nais-
L’ANCIENNETÉ DE L'HOMME
sance de notre premier père. Cette longue durée seule a pu permettre les modifications si diverses qui affectent la race, suivant les contrées où on l’étudie.
Cent mille ans, avons-nous dit. Et qu’a fait l’homme pendant ces mille siècles? Ce qu’a fait l’homme? 11 a purgé la terre d’une partie des bêtes fauves qui l’occupaient; il a rendu peu à peu habitable son immense domaine. Il a créé les arts , et avant tous l’architecture, en bâtissant sa première demeure; il a créé l’industrie, en taillant le silex, les os, puis en fouillant les minerais, retirant de ceux-ci les métaux et alliant ces métaux entre eux. Alors sont nés l’agriculture, le tissage, la navigation, puis la sculpture, la peinture, la gravure, et avec elle l’écriture qui peint et sculpte la parole. Qui sait même si l’homme n’a pas inventé le langage?
Ce serait là la plus grande de ses découvertes, et l’on ne pourrait se plaindre du temps qu’il aurait mis à la faire. Avec les métaux a été trouvée la base des valeurs, la monnaie , et désormais l’échange a été remplacé par le commerce, qu’est venu favoriser la marine. Nous
HISTOIRE DE LA TERRE
touchons ici aux confins de l’histoire; l’homme primitif, l’homme antéhistorique s’efface devant l’homme civilisé. Celui-ci a même quelquefois une histoire muette, et les peuples qui ont élevé les dolmens, les menhirs, ceux qui ont semé les plaines du Mississipi, le Yucatan, les îles de la Sonde, le royaume de Siam, de monuments étranges, grandioses, et révélant parfois les plus hautes inspirations artistiques , ne nous ont point transmis leurs légendes. Il a donc pu y avoir une ère brillante de civilisation avant celles que nous connaissons. D’autre part, l’état stationnaire de quelques peuplades restées sauvages, toujours fixées dans l’âge de pierre ou les premiers tâtonnements de l’âge de bronze ou de fer, nous démontre que les temps de primitive barbarie peuvent éternellement durer. Il n’y a donc pas lieu de s’étonner que l’espèce humaine puisse avoir cent mille ans d’existence. Peut-être faudrait-il plutôt s’étonner du contraire, devant le peu de progrès intellectuel ou moral que nous avons fait depuis l’âge historique. Les éternels problèmes de l’âme, de la vie, n’ont pas fait un pas depuis
L’ANCIENNETÉ; DE L’HOMME
que l’homme bégaye. La science moderne est incapable de les résoudre ; tout au plus a-t-elle découvert, après des siècles de ténèbres complètes, quelques-unes des magnifiques lois qui régissent le grand tout.
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Le feu central. — Les continents. — Les montagnes et les vallées. — Les eaux extérieures et souterraines. — Les glaciers. — Les climats et les saisons. — Les courants de la mer et de l’atmosphère. — La vie animale et végétale.
Nous avons assisté à la formation de la terre, et à l’apparition successive des êtres. Étudions maintenant la planète telle qu’elle est, telle que l’ont faite les divers phénomènes géologiques qu’elle a successivement traversés.
Une masse gazeuze, l’atmosphère, enveloppe le globe ; elle n’a pas une grande épaisseur, quelques-uns disent à peine quinze lieues.
Au-dessous de l’atmosphère viennent les eaux et l’écorce solide , qui est portée comme un radeau sur une mer de feu intérieure. Cette écorce est si mince, que si l’on suppose la terre
HISTOIRE DE LA TERRE
réduite aux dimensions d’une pomme, la peau du fruit représentera la partie solide de la terre; la chair, la mer de feu.
L’existence de cette mer n’est point une hypo-
thèse. La forme du globe terrestre, sphéroïde aplati vers les pôles, renflé vers l’éqfiateur, témoigne de l’état fluide primitif de la planète. Le calcul et l’expérience démontrent en effet que cette forme est celle que prendrait une sphère liquide tournant autour de son axe.
L’accroissement de température qu’on observe sur le thermomètre, à mesure qu’on descend sous terre, est une preuve que le feu central est toujours allumé. Cet accroissement de température est moyennement de trois degrés par cent mètres, comme l’ont démontré tous les essais entrepris dans les sondages artésiens et les puits de mine les plus profonds. A trois mille mètres sous le sol, moins d’une lieue, on a donc la température de l’eau bouillante, cent degrés ; à quelques lieues , tous les métaux, tous les corps sont en fusion.
Il n’est pas besoin d’aller chercher ailleurs d’autres preuves de la mer de feu. L’existence
LA TERRE ACTUELLE
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de cet océan igné explique tous les phénomènes géologiques plutoniens qui ont marqué le passé de la planète , et rend compte de tous ceux d’aujourd’hui; mais le radeau qui nous porte est solide, répare facilement ses avaries, et ne sombrera pas de sitôt.
Parmi les phénomènes actuels dus au feu central, il faut citer les sources thermales et les sofïioni ou vapeurs boracifères, les geysers ou vapeurs siliceuses, qui se dégagent avec fracas par les fissures du sol en quelques contrées; puis les éruptions volcaniques, les tremblements de terre, enfin les mouvements lents, les pulsations du globe.
Les volcans sont comme les soupapes de sûreté qui donnent issue à un excès de pression de la chaudière. Ici la figure est d’autant plus vraie, que des infiltrations des eaux marines ou continentales amènent toujours les éruptions volcaniques, en passant subitement à l’état de vapeurs au contact de la mer ignée.
Les tremblements de terre sont provoqués par la même cause. Quelques savants admettent qu’ils sont dus à des maréete de la mer de feu
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HISTOIRE DE LA TERRE
qui réagissent contre l’écorce solide , ou bien à la contraction qu’éprouve la surface de cette mer en se refroidissant. Alors le radeau se rapproche de la mer de feu, non sans de violentes trépidations, accompagnées de craquements et d’énormes fissures.
Les mouvements lents, ce que nous avons nommé les pulsations du sol, sont des tremblements de terre insensibles. Sur quelques points, comme en Suède , on constate , depuis un siècle et demi , un exhaussement progressif des côtes; le môme phénomène existe au Chili. Sur d’autres points, comme sur les bords du golfe de Naples à Pouzzoles, il y a eu, depuis le commencement de l’ère chrétienne, aflaissément, puis exhaussement du rivage, comme le témoignent les monuments anciens qui sont restés debout. A une certaine époque, les colonnes du temple du Sérapis ont été enfouies sous les eaux jusqu’à six mètres, moitié de leur hauteur, rongées sur une partie de leur pourtour par des coquilles lithophages, puis ont de nouveau émergé. Or le niveau de la mer ne varie pas , les lois de la mécanique le prouvent; il faut
LA TERRE ACTUELLE
donc admettre de toute nécessité que c’est le niveau du sol qui a changé. L’existence de la mer de feu rend compte de ces oscillations lentes, de ce mouvement respiratoire de la terre. Pour cela il suffit d’admettre que, par l’effet du refroidissement , la partie ignée se contracte peu à peu, le sol s’affaisse sur un point, tandis qu’il se relève sur un autre comme par un mouvement de bascule.
Nous ne devons pas oublier que plusieurs savants nient aujourd’hui la liquidité intérieure du globe , se fondant sur ce qu’il est impossible d’expliquer certaines lois de l’astronomie, comme par exemple celle de la précession des équinoxes ou de l’oscillation régulière de l’axe terrestre autour de la perpendiculaire à l’écliptique, autrement que par une sphère massive et compacte. Selon eux les tremblements de terre, les éruptions volcaniques, sont dus à des phénomènes purement chimiques et locaux , à des courants électro-magnétiques , à des lacs souterrains de matières ignées. Ils oublient que M. Perrey explique très-bien tous les tremblements de terre par des marées de la mer de feu,
HISTOIRE DE LA TERRE
et démontre que ces trépidations suivent à peu près les mêmes lois que les marées de l’Oçéan, occasionnées par les attractions combinées de la lune et du soleil sur la terre. En tout ceci il faut tenir compte des errements de l’esprit humain, qui procède toujours par action et par réaction dans les sciences spéculatives, et la géologie est encore au nombre de ces dernières, au moins pour l’explication des phénomènes. Il semble être de mode aujourd’hui d’attaquer l’hypothèse du feu central et la théorie cosmogonique de Laplace. Ces deux hypothèses sont cependant le meilleur fondement de la géologie ; elles étaient admises sans conteste depuis un demi-siècle, et ceux qui proposent leur renver- • sement ne sont ni des Arago ni des Laplace. On parle quelquefois de substituer à la théorie du feu central l’hypothèse de Davy, qui regardait la croûte solide du globe comme les cendres, la scorie de métaux alcalins, sans cesse en ignition au-dessous de l’écorce terrestre ; au delà de ce lac de feu , serait venue la sphère solide. Mais Davy, inventeur des métaux alcalins, devait avoir pour eux un faible naturel, et sans vou-
LA TERRE ACTUELLE. 135
loir pousser plus loin la discussion, nous croyons que son hypothèse ne vaut peut-être pas les précédentes.
L’écorce solide du globe, ce radeau mouvant porté par la mer de feu, est entourée d’une masse d’eau salée , qui y est contenue comme dans un bassin. Les bords, les parties saillantes du bassin, qui se montrent çàet là au-dessus de l’eau, forment ce qu’on appelle en géographie les continents et les îles. Une île est une terre environnée d’eau, et les continents ne sont eux-mêmes que de grandes îles. A ce point de vue on peut dire que l’on remarque tout d’abord sur le globe trois îles principales : l’ancien continent ou l’Europe, l’Asie et l’Afrique; le nouveau continent ou les deux Amériques; enfin le continent Australien, beaucoup moins étendu que les deux premiers. L’Europe et l’Asie sont soudées, adossées l’une à l’autre par la chaîne de l’Oural; mais l’Afrique ne tient à l’Asie que par une langue étroite de terre, l’isthme de Suez. Les deux Amériques sont également unies par l’isthme de Panama. Ces deux isthmes jalonnent les deux plus grandes routes
HISTOIRE DE LA TERRE
du monde, et sont de véritables bornes miliaires jetées entre les océans. Les hommes tentent aujourd’hui de renverser ces bornes qui leur semblent interposées comme un obstacle sur le passage des voyageurs. Le percement se ferat-il , et la route de terre ou de fer sera-t-elle un jour économiquement remplacée sur ces points par la route d’eau ? C’est ce que dira l’avenir.
Autour des continents, comme des satellites, flottent les îles, grandes et petites, qui sont autant de mondes distincts.
Parmi ces îles, il en est qui offrent aux géologues le sujet des plus intéressantes études. Celles de l’Océanie, que bâtissent lentement les coraux le long de volcans sous-marins, semblent destinées à être le noyau d’un futur continent. Un soulèvement, une éruption volcanique générale, élèvera un jour au-dessus des eaux les chaînons qui unissent ces îles entre elles, pendant qu’une partie correspondante du globe disparaîtra peut-être sous l’Océan; telle dut s’engloutir autrefois l’Atlantide des Égyptiens et de Platon.
LA TERRE ACTUELLE
Quand on étudie le relief des îles et des continents, on y remarque des proéminences et des dépressions, des montagnes et des vallées. Les montagnes obéissent dans leur direction à des lois mathématiques; elles ne sont pas disséminées au hasard à la surface de la terre. C’est à M. Elie de Beaumont que l’on doit cette grande découverte , une des plus belles qu’ait faites la science de ce temps. La direction des chaînes de montagnes règle celle des vallées correspondantes. Elle fixe même les principaux accidents géologiques d’une contrée : l’alignement des sources thermales , des filons métallifères et d’autres gîtes de minéraux utiles, les ruptures souterraines du sol ; elle va jusqu’à déterminer les contours généraux des côtes, CQmme on peut s’en assurer sur les cartes.
Des montagnes dépendent avant tout les vallées, qui, considérées par rapport au régime des eaux qui les parcourent, forment ce qu’on appelle les bassins hydrographiques. Les bassins sont séparés entre eux par les lignes de faîte, qui passent par les points culminants des chaînes de montagnes. Toutes les eaux qui tombent dans un
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bassin se rendent dans la vallée principale, d’où elles gagnent la mer. L’évaporation les y reprend; elles montent dans l’air en vapeurs souvent invisibles, s’y condensent en nuages épais que <
transporte le vent , et qui au moindre refroidissement, finissent par se résoudre en pluie. L’eau retombe sur le flanc des montagnes , comme sur les pentes d’un toit; elle gagne en partie les vallées latérales, comme l’eau du toit les gouttières, et se rend de nouveau à la mer par la vallée principale , en fertilisant , en fécondant les campagnes environnantes, et en abandonnant à l’air l’humidité indispensable à la vie.
Une autre partie des eaux, courant souterrainement sous le sol , réapparaît en sources , en fontaines naturelles, continues ou intermittentes, et fournit à l’homme sa plus saine boisson.
Quelquefois, se chargeant en chemin de substances chimiques, elle donne naissance aux sources minérales, et celles-ci sont dites ther- ,
males quand elles viennent d’un point assez profond pour être chaudes. Ces sources sont gazeuses, alcalines, ferrugineuses, sulfureuses, iod urées, suivant qu’elles se sont incorporé dans
LA TERRE ACTUELLE
leur parcours des gaz, des sels alcalins ou ferrugineux, du soufre, de l’iode.
En somme la terre pompe l’eau comme une éponge, et l’eau parcourt toutes les fissures, toutes les cavités souterraines, comme le sang nos veines et nos artères ; mais la terre restitue ce qu’elle a pris, et l’on peut dire que si toute l’eau des continents vient de la mer par l’évaporation, elle y retourne par les pluies. Il y a mieux : la chaleur du soleil élève dans l’air la molécule liquide qui, retombant sur le sol, transforme en force motrice une partie du calorique qui avait servi à l’élever. Admirable phénomène , harmonique évolution , où rien ne se perd si rien ne se crée, et où il semble que tout a été prévu d’avance. Qui donc dira l’œuvre de la nature; qui nous fera l’histoire d’une goutte d’eau ?
L’eau des pluies, en tombant sur les plus hautes montagnes, où la température est toujours audessous de la glace fondante, y reste à l’état de neige. Une partie de cette neige fond pendant l’été; l’autre partie, la plus élevée, ne fond jamais, et donne les neiges éternelles, dont
HISTOIRE DE LA TERRE
la limite inférieure de hauteur est variable suivant les latitudes ou les climats. Ces neiges perpétuelles forment les glaciers qui , dans un mouvement très- lent, produit sans doute par leur poids et la déclivité du sol, s’avancent vers les vallées. Ils charrient au milieu d’eux , devant eux et latéralement , de gros blocs de rocher que le frottement raie et polit, et qu’ils abandonnent sur place, si par une cause quelconque ils viennent à fondre. De là ce qu’on nomme dans les Alpes les moraines frontales et latérales, de là les blocs erratiques. Ces phénomènes glaciaires actuels ont la plus grande analogie avec ceux de l’époque du diluvium , qui ont laissé tant de traces de leur passage.
La présence des neiges éternelles sur les hautes montagnes est due à l’abaissement de la température qui règne à ces grandes hauteurs. Le thermomètre, qui monte à mesure qu’on s’enfonce sous le sol, baisse au contraire à mesure qu’on s’élève dans l’air. De tous les essais que l’on a faits dans les ascensions de montagnes ou dans les voyages en ballon, il résulte que la loi de cette diminution est à peu
LA TERRE ACTUELLE
près d’un degré du thermomètre pour une élévation verticale de deux cents mètres. 11 s’en suit que sous l’équateur, où la moyenne de la température annuelle est de vingt-cinq à trente degrés, il faudra monter à cinq ou six mille mètres pour rencontrer les glaces éternelles; à quatre mille mètres, sous les climats tropicaux ; à deux ou trois mille , sous les climats tempérés; à mille ou quinze cents, sous les climats froids. Enfin , dans les régions polaires, les glaciers commenceront au niveau du sol.
Le froid qui règne sur les hauteurs explique comment, dans le même pays, à mesure qu’on s’élève sur les montagnes, on voit la végétation changer. En France, le mont Ventoux, haut de deux mille mètres, présente à la cime non plus la végétation des pays tempérés , qu’on avait laissée à la base, mais la végétation des pays froids. Au sommet du Ventoux , on retrouve les plantes de la Suède et de la Laponie.
La présence des neiges éternelles dans les régions qui entourent les pôles, est due au froid de ces contrées, qui reçoivent les rayons solaires sous une trop grande obliquité pour que la tem-
HISTOIRE DK LA TERRE
pérature s’y élève au-dessus de la glace fondante; De cette diminution de plus en plus giande d’obliquité, à mesure qu’on s’éloigne des pôles, proviennent les climats.
L’abaissement de température sur les hautes montagnes obéit à une autre cause. Les rayons solaires traversent l’air sans l’échaufTer, car tous les gaz sont mauvais conducteurs du calorique. La chaleur de l’atmosphère, au voisinage du sol , ne résulte que de la réflexion et même de l’imbibition des rayons solaires par la partie superficielle de l’écorce terrestre. De là vient que plus on s’élève dans l’air, et plus on a froid, bien qu’on se rapproche du soleil..
Quant aux saisons, elles proviennent ellesmêmes du plus ou moins d’inclinaison de l’angle sous lequel les rayons solaires viennent toucher le sol à un moment donné de l’année. On sait que la terre décrit en un an une courbe elliptique autour du soleil, et que le plan de l’équateur terrestre fait avec le plan de l’équateur solaire un angle d’un peu plus de vingt -trois degrés. C’est ce qu’on nomme l’obliquité de l’écliptique , ou de l’orbite que décrit la terre
LA TERRE ACTUELLE
autour du soleil. Les saisons changent suivant que la planète occupe telle ou telle position sur l’écliptique, et que les rayons solaires tombent plus ou moins perpendiculairement sur elle , et non suivant que la terre est plus ou moins rapprochée du soleil. C’est au contraire quand elle en est le plus éloignée, au solstice d’été, le 22 juin, que commencent pour notre hémisphère les plus grandes chaleurs.
Si l’équateur terrestre et l’équateur solaire étaient dans le même plan, il n’y aurait partout qu’une même saison et qu’un même climat. L’un et l’autre ne sont produits que par le plus ou moins d’inclinaison des rayons solaires tombant sur le globe en un point donné, et en vertu de cette loi physique , que plus un corps réfléchit de la chaleur, et moins il en absorbe.
Revenons aux enveloppes du globe, et après avoir examiné les eaux continentales, étudions les eaux marines. Ces eaux, très-probablement salées de tout temps, composent les océans. La surface des océans forme environ les trois quarts de la superficie terrestre, si bien que, si l’on coupe le globe en deux hémisphères suivant un
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certain méridien, on n’aura que des eaux dans un des hémisphères , et les continents entourés d’eaux dans l’autre.
Les océans, comme les continents, comprennent plusieurs subdivisions. Il y a l’océan Atlantique, qui sépare, comme un vaste fleuve, le vieux monde du nouveau ; l’océan Pacifique, qui s’étend entre le nouveau monde et l’Asie , entoure les archipels océaniens , baigne le rivage oriental de l’Australie et les grandes îles de la Sonde. L’océan Indien se déroule entre le sud de l’Asie, la côte orientale d’Afrique et la côte occidentale australienne. Enfin au pôle nord est l’océan boréal, au pôle sud l’océan austral; ce sont là les mers glaciales. Une éternelle calotte de glace recouvre les deux pôles du monde.
Pendant l’été, il se détache de ces énormes masses congelées des radeaux flottants. Voiturés par les courants de la mer, ils viennent échouer vers Terre-Neuve pour l’hémisphère nord, vers le cap de Bonne -Espérance pour l’hémisphère sud.
Les océans se subdivisent en mers. La plus célèbre de celles-ci est la Méditerranée, fille de
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l’océan Atlantique, et qui vit fleurir sur ses bords les civilisations chantées par Homère et Virgile.
L’étude des phénomènes qui se sont passés jadis sur la terre , nous a enseigné que les océans n’ont pas toujours été renfermés dans leurs limites actuelles. Ce qui est terre aujourd’hui a été autrefois sous les eaux, et il en reste des preuves non moins palpables que toutes celles que nous avons données. Ainsi à l’intérieur des continents il existe des lacs salés, qui sont pour la plupart des restes d’anciennes mers : tels sont la mer Caspienne, la mer Morte, le lac d’Aral, le grand lac Salé de l’Utah.
Les océans obéissent à des mouvements superficiels réguliers, qui ont lieu deux fois par jour, le long des côtes, et qu’on -nomme les marées. Les marées sont dues, on le sait, aux attractions combinées de la lune et du soleil sur la terre. En outre les océans présentent des mouvements intérieurs, ce qu’on appelle des courants. Le plus célèbre de ces courants est celui qui part du golfe du Mexique, et que les Anglais ont nommé pour cette raison le gulf-slrcam ou courant du golfe. • ' a
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Les eaux chaudes de cette espèce de vaste fleuve sous-marin traversent l’Atlantique en écharpe , et caressant les côtes de l’Irlande, de l’Angleterre, de l’Écosse et de la Norvvége, élèvent la température de tous ces pays. Gomme on le devine, le gulf-stream facilite singulièrement la navigation entre l’Amérique du Nord et l’Europe; c’est un fleuve dont les vaisseaux suivent alors le cours. Un contre- courant qui descend du pôle vers le banc de Terre-Neuve et New-York , comble en quelque sorte le vide qu’a fait la marche du gulf-stream. Il refroidit la température des contrées le long desquelles il s’avance. New- York, à la latitude de Naples, a des hivers qui rappellent ceux de Pétersbourg.
Un autre courant polaire qui règne le long de la côte du Pacifique, de l’autre côté de l’Amérique du Nord, et qui entre même dans la baie de San - Francisco de Californie, y produit le même phénomène. San-Francisco, qui est à la latitude de Lisbonne, n’a pas à proprement parler d’été, tandis qu’à cinquante lieues dans les terres, au pied de la Sierra-Nevada, dans la région des place rs, la température est celle