‹ Historie de la terre origines et métamorphoses du globeChapitre 7 sur 41 · LA TB R 11 K ACTUKLLK. IM · texte numérisé non relu

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Si les alizés sont les plus remarquables des vents constants, les cyclones ou les ouragans sont les plus curieux des vents irréguliers. Ces vents, particuliers aux contrées tropicales, ont un mouvement de rotation parabolique. Ils marchent dans le sens des aiguilles d’une montre pour l’hémisphère sud et en sens inverse pour l’hémisphère nord. Aujourd’hui les marins ont des règles certaines pour échapper aux ouragans, pour les prévoir, et l’honneur en revient surtout à M. Piddington qui a découvert la loi des tempêtes, comme M. Maury les lois des courants de l’atmosphère et de la mer.

Tels sont les phénomènes physiques principaux que nous offrent la terre , et l’eau et l’air qui l’enveloppent. Que si nous jetons les yeux autour de nous, pour constater les phénomènes de la vie, quelle admirable variété se présente suivant les climats et les saisons! Sous les tropiques, la nature est ornée des plus riches et étincelantes couleurs ; elle est partout et toujours féconde. Partout l’eau, la lumière, la chaleur, tout ce que la terre demande pour produire. Là, le règne animal se présente paré

HISTOIRE DE LA TERRE

comme la flore. Les plus belles coquilles, les plus brillants oiseaux ne se rencontrent que sous les tropiques; mais ces contrées sont également la patrie des sanguinaires félins et des ophidiens venimeux.

Le règne minéral fait concurrence en ces pays à la faune et à la flore. L’or, les perles, le diamant, toutes les gemmes et les métaux précieux, y ont été répandus à profusion. On dirait que c’est à dessein qu’un attrait irrésistible a été ainsi offert par la nature à l’homme civilisé, qui sans cela n’aurait pas émigré vers ces lointains parages, pour en tenter la colonisation.

Dans les climats tempérés, d’autres productions, d’autres merveilles sont réservées à l’homme : ce sont là les pays des animaux domestiques par excellence, les pays du vin et du blé ; du charbon de terre , de la grande industrie, des longues voies ferrées. Il n’est pas jusqu’aux climats polaires qui n’aient aussi leur monde spécial : c’est là que se sont réfugiées les baleines; mais ces climats sont déshérités de la chaleur, et de la lumière pendant de longs

LA TERRE ACTUELLE

mois. La terre y est couverte de glace, la civilisation ne s’y fixera jamais. Au temps des anciennes périodes géologiques, la vie n’y fut pas toujours aussi sommeillante. Des fougères arborescentes, des plantes tropicales, y poussaient en épais taillis, et ont produit, par leur décomposition, des couches de houille que les marins étonnés ont un jour découvertes. Des reptiles, des sauriens des pays chauds ont également vécu dans ces parages, aux temps antédiluviens, et y ont laissé leurs débris.

Tandis que nous constatons, dans les anciennes formations géologiques, des climats si dissemblables de ceux qui existent actuellement, ceux-ci semblent avoir bien peu varié depuis l’époque historique. L’homme est incapable de mesurer, autrement que par les spéculations de l’esprit, la durée du plus petit phénomène géologique, et la terre actuelle lui apparaît comme si elle avait toujours été telle qu’il la voit maintenant. C’est que le temps qui nous écrase n’existe pas pour la nature, et que l’immense durée des âges est moins pour elle qu’une seconde,

Vf r.

l’avenir DE LA PLANETE.

Systèmes cosmogoniques. — Hypothèse de Laplace. — Théories de Buffon, de Descartes. — Age du globe. — Sa jeunesse. — Son âge mûr. — Sa vieillesse. — La fin du monde.

La terre est un enfant du soleil, et la lune un enfant de la terre.

Diverses hypothèses ont été émises par les savants pour expliquer l’origine du monde solaire et de notre terre en particulier. Nous avons adopté, dès le commencement de ce livre, l’hypothèse proposée par Laplace, qui rend le mieux compte de tous les faits, et sur laquelle il est maintenant indispensable de revenir avec quelques détails.

D’après ce grand astronome, les sphères proviennent de nébuleuses, c’est-à-dire de masses gazeuses ignées, de nuées cosmiques dispersées

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dans l’espace infini, et dont la voie lactée nous offre un exemple familier à tous. Ces masses se condensent peu à peu autour d'un centre commun , dans un mouvement d’attraction dont toutes leurs molécules sont animées. Ces molécules ont sans doute elles-mêmes la forme sphérique.

La sphère primitive ainsi engendrée reste d’abord gazeuse ; elle ost animée d’un mouvement de rotation qui a lieu autour de son axe , et qui lui donne une forme aplatie aux pôles, renflée vers la partie centrale ou équateur. De cet équateur des anneaux se détachent peu à peu par l’effet du refroidissement et de la force centrifuge , comme on le voit encore aujourd’hui dans les anneaux de Saturne, puis un anneau se rompt et forme une planète. Animée d’un côté par l’impulsion qu’elle reçoit et la vitesse qu’avaient déjà ses molécules; attirée de l’autre par l’action qu’exerce sur elle la masse dont elle est sortie , la planète tourne sur elle-même et autour de son point de départ , vers lequel elle converge sans cesse en décrivant cette courbe presque cir-

L’AVENIR DE tA PLANÈTE.

culaire qu’on appelle une ellipse, et dont la nébuleuse primitive occupe l’un des foyers. A son tour la planète peut devenir le siège des mêmes phénomènes. Tous les mondes ont été ainsi formés, procédant les uns des autres, et tournant autour d’eux-mêmes et autour de leur point d’origine.

Bornée à notre système planétaire, dont le soleil occupe le centre, la grandiose conception de Laplace explique tous les faits constatés par l’astronomie. Elle rend compte du mouvement des planètes qui tournent toutes autour du soleil et autour d’elles-mêmes dans le même sens et dans des plans qui se rapprochent sensiblement du plan de l’équateur solaire ; elle explique comment toutes les orbites que les planètes décrivent autour du soleil se rapprochent d’un cercle dont le soleil occuperait le centre, et comment les satellites des planètes exécutent autour de celles-ci les mêmes mouvements que les planètes autour du soleil. Enfin les anneaux de Saturne perdent devant cette conception une partie de leur mystérieuse apparence, La théorie de Laplace explique éga-

HISTOIRE OE LA TERRE

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lement très-bien la formation et le mouvement de translation des comètes.

Une hypothèse qui rend compte de tant de faits doit toucher de bien près à la vérité. Un physicien belge, M. Plateau, célèbre par tant d’ingénieuses expériences, s’est plu à rendre palpable la conception de Laplace , et à faire passer l’hypothèse à l’état de phénomène démontré. Dans un verre qui renferme un mélange d’eau et d’alcool ayant exactement la densité de l’huile, M. Plateau fait descendre, au moyen d’un tube de cristal, une goutte d’huile, qui prend immédiatement la forme d’une boule. Dans ce milieu où elle plonge, la goutte est soustraite à l’action de la pesanteur, et la forme quelle prend naturellement nous prouve que la figure sphérique est celle de tout corps sur lequel n’agissent plus que les actions moléculaires.

La goutte d’huile reste immobile. Si on lui imprime, au moyen d’un axe vertical qu*on fait passer par son centre, un mouvement de rotation sur elle-même, peu à peu on voit la boule s'aplatir, puis un disque lenticulaire s’échapper

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