‹ Historie de Marie AntoinetteChapitre 11 sur 30 · I.IVKE PREMIER · texte numérisé non relu

I.IVKE PREMIER

ciens, en forme d’arcade, avait été établi dans la partie de l’avant-scène bordant le théâtre. L’arcade reposait sur des colonnes de marbre séracolin aux bases, aux chapiteaux, aux roseaux d’or, et les colonnes étaient séparées par de grandes glaces, contre lesquelles s élevaient des tables de marbre chargées de trophées de musique dorés. Au milieu des archivoltes, des groupes de génies portaient les chiffres du Dauphin et de la Dauphine.

L’archevêque de Reims bénissait le lit. Le Roi donnait la chemise au Dauphin, la duchesse de Chartres à la Dauphine.

Le lendemain commençaient à Versailles des fêtes sans exemple : grands appartements, hais parés dans la nouvelle salle de spectacle, bals masqués, feux d’artifice d'une demi-heure, illumination du

du mariage de monseigneur le Dauphin en 1770, divisées en cinq chapitres, sont montées, comprises les taxations de

Le second état de la dépense dudit mariage a consisté dans celles du feu d’artifice, illumination, fêtes des jardins, conslruc tions de charpente, décorations, théâtres dans lesdits jardins, gratifications, et se sont élevées à la somme de. . 661. 675 8*,

Celles du troisième état relatives aux grands spectacles, bals et festins qui ont été donnés tant pour les décorations, habits, payement des musiciens, musiciennes, acteurs, actrices, danseurs, danseuses, symphonistes em[iloyés aux spectacles, bal paré, bal masqué, les bougies, le payement des soldats, journées d’ouvriers, brodeurs, tailleurs, perruquiers, enfin les gratifications accordées à Toccasion dudit mariage montant

toutes les dépenses à celles de i ,267 770 » P

Toi al général de la dépense dudit maria^

Année de M. le duc dAumont.

grand canal et de tous les jardins, remplis de bateleurs, de musiques et de danses (1). Le peuple de Paris eut des écus de six livres, des distributions de pain, de vin, de viande, et la foire des remparts (2).

(.es joies étourdissantes n’avaient point encore délivré la pensée de la jeune épouse de Témotion et du souvenir de cet orage éclatant sur Versailles après son mariage, de ces coups de tonnerre ébranlant le château le jour même où elle y entrait 3). Bientôt une catastrophe l’alarmait de pressentiments plus sinistres.

(l) Le jeudi 19 mars on donnait la première représentation de la reprise de Persée chanté par les demoiselles Duliois, Arnould, Rosalie, les sieurs Geslin, Legros, Cassagnade, dansé par les sieurs Vestris, Gardel, Dauberval, les demoiselles Guimard, Heinel, etc. Le 19 mai le bal paré avait lieu dans trois galeries tendues de brocard bleu et argent, garnies de colonnes de marbre vert-campan, de candélabres supportant des enfants chargés des attributs de l’amour, de guirlandes de fruits ou argent sur fonds d’émeraude encadrés d’or. Au sortir du bal paré, le Roi donnait le signal pour tirer le feu d’artifice qui devait avoir lieu le 16 et qu’avait retardé le mauvais temps. On tirait un corps de feu composé de dix mille fusées volantes, de niille gros pots à feu, de vingt-quatre bombes, qui au milieu de leurs feux et de leurs éclatements laissaient apercevoir un temple de l’Hymen. Une charmante illumination suivait toute semée de dauphins lumineux. Le 2l mai il y avait bal masqué dans la grande galerie, ainsi que dans le salon d’ilercule, de Mercure, des Tribunes où les masques admiraient les jolis enguirlandements de fleurs autour des lustres de cristal. Enfin le 24 mai Athalie était jouée avec toute la pompe imaginable et le talent de Clairon qui, retirée du théâtre, consentait à jouer ce jour- là. {Journal des spectacles de la Cour pendant l’année 1770.)

(V) Gazette de France — Mercure de France^ mai 1770.

(3) Mémoires de Weber, vol. L

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