‹ Historie de Marie AntoinetteChapitre 13 sur 30 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

« Votre Majesté est bien bonne de vouloir oien $*in^ téres.<er à moi et même de vouloir savoir comme ie passe mu journée. Je lui dirai donc que je me lève à 10 heures ou à ^ heures et demie^ et, m*ayant habillée, je dis mes ptières du matin, ensuite je déjeune , et de là je vais chez mes tantes où je trouve ordinairement le roi. Cela dure jusqu'à Ki heures et dentie ; ensuite à onze hetms je vais me coiffer. A. midi on appelle la chambre, et là tout le monde peut entrer, ce quJ n'est point des communés gens. Je (mets) mon rouge et lave mes maim devant tout le monde. Ensuite les hommes sot lent et les darnes restent, et je m'habille devant elles. A midi est la messe ; si le roi est à Versailles, je vais avec lui et mon mari et mes tantes à la messe; s'il n'y est pas, je vais seule avec M. le Dauphin, mais toujours à la même heure. Après la messe, nous dînons à nous deux devant tout le monde, mais cela est fini à une heure et demie, car nous mangeons fort vite tous les de ux. De là je vais chez M, le Dauphin, et s'il a affaires, je reviens chez moi; je lis, V écris, ou je travaille, car je fais une veste pour le roi qui n'avance guère , mais j'espère qu'avec la grâce de Dieu elle sera finie dans quelques années, A 3 heures je vais encore chez mes tantes où le rot vient à cette heure-là: à 4 heures vient l'abbé chez moi; à 5 heures tous les jours le maître de cia’ vecin ou à chanter jusqu'à 6 heures, A 6 heures et demie je vais presque toujours chez mes tantes, quand je ne vais pas promener; il faut savoir que mon mari va presque toujours avec moi chez m?t

tantes. A 7 heures on joue jusqu'à 9 heures, mais quand il fait beau, je m'en vais promener, et alors il n'y a pas de jeu chez moi mais chez mes tantes. A 9 heures nous soupons, et quand le roi ny est point mes tantes viennent souper chez nous, mats quand le roi y est, nous allons après. souper chez elles, nous at* tendons le roi, qui vient ordinairement à 10 heures trois quarts, mais moi, en attendant, je me place sur un grand canapé et dors jusqu'à l'arrivée du roi, mais quand il n'y est pas, nous allons nous coucher à il heures. Voilà toute notre journée (1). »

La Dauphine est encore une enfant (2), selon la remarque de Louis XV. Ses grands plaisirs sont des parties de jeux avec les enfants de sa première femme de chambre, gâtant ses habits, cassant les meubles, mettant tout sens dessus dessous dans ses appartements; ses folles équipées sont des parties d ânes. Et faut-il le dire? l’enfant qu’était la Dauphine trouvait d’autres enfants dans son mari, dans ses beaux-frères. A ce sujet, Mercy-Argenteau ne raconte-t-il pas cette curieuse anecdote? « Il y avait sur la cheminée de la chambre de M. le comte de Provence, une pièce de porcelaine trèsartistement travaillée. Quand M. le Dauphin se trouvait dans cette chambre, il avait coutume d’exa-

(1) Maria Theresia und Marie- Antoinette, von Arneth. Wien., 1865.

(2) M<;rie- Antoinette c’avait guère que quatorze ans à l’époque Jè son mariage, et la petite fille qu’elle était encore se refusait à porter un corps de baleine, négligeait parfois de se laver les dents, n’aimait qu’à parler et à rire à l’oreille des ieunes dames.

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