LIVRE PREMIER
parler sans rien dire; dans une conversation, son visage prenait-il un air de sympathie et d’intelligence, c’était un insupportable air de tout comprendre; riait-elle avec sa gaieté d’enfant, c’était une gaieté simulée, des éclats de rire forcés (I). Cette vieille femme soupçonnait et calomniait tout, Marie- Antoinette s’en vengeait comme elle se vengeait de madame de Noailles, sans songer que madame de Marsan était la gouvernante des sœurs du Dauphin, la confidente et Tamie de ses tantes, sans imaginer quelle censure et bientôt quelle calomnie du moin dre de ses actes, de la plus indifférente de ses paroles, elle allait trouver de ce côté, à Versailles et à Marly.
l) Supplément historique et essentiel à l’étal nomma Uf pseirsiousi
fjaisons de la Dauphine. — Madame de Picquisrriy. — Madnml de Saint-Mégrüi. — Madame de Cessé. — Madame de Lam* balle. — Entrée du Dauphin et de la Dauphine dans leur bonne ville de Paris. — Popularité de la Dauphine. — Intrigues du parti français contre la Dauphine et l’alliance qu elle représente. — M. d’Aiguillon. — La Dauphine appe lée X Autrichienne,
Poursuivie de ces ennuis, ainsi entourée de malveillances et d’espionnages, sans appui, sans amis, sans épanchement, seule dans cette cour de scandale, étrangère dans sa famille, mariée et sans mari, cette jeune femme se laissa aller à des liaisons qu’elle devait croire sans danger : forcée d’amuser son cœur, c’est ainsi que madame de Motteville parle d’une autre reine de France, elle le donna, comme l’avait donné Anne d’Autriche, à des amies. Marie-Antoinette chercha des compagnes pour s’étourdir, pour échapper aux larmes, à l’avenir, à clic-même. Elle se lia comme une jeune ûlle, ou