LIVRE PREMIER
Dauphine voit couler les fontaines de vin pour le peuple. Elle descend au palais épiscopal, où le cardinal de Rohan la reçoit avec son grand chapitre, les comtes de la cathédrale : le prince Ferdinand de Rohan, archevêque de Bordeaux, grand prévôt ; le prince de Lorraine, grand doyen ; le comte de Trucksès ; l’évêque de Tournay ; les comtes de Salin et de Mandrechied; le prince Louis de Rohan, coadjuteur; les trois princes de Hohenlohe ; les deux comtes de Koenigsec; le prince Guillaume de Salm, et le jeune comte de Trucksès. La Dauphine embrasse le cardinal de Rohan, le prince de Lorraine, et les princes Ferdinand et Louis de Rohan ; puis tous les corps sont présentés à la Dauphine. Les dames de la noblesse de la province ont l’honneur de lui être nommées. La Dauphine dîne à son grand couvert, et permet au magistrat de lui présenter les vins de la ville pendant que les tonneliers exécutent une fête de Bacchus, formant des figures en dansant ^vec leurs cerceaux. Le soir, la Dauphine se rendait à la Comédie française. A son retour elle trouvait toutes les rues illuminées, une colonnade et des jardins de feu vis-à-vis du palais épiscopal. A minuit, elle allait au bal donné par le maréchal de Contades, dans la salle de la Comédie, à toute la ville, à la noblesse, aux étrangers, aux olficiers de la garnison, aux bourgeois et aux bourgeoises, habillés à la strasbourgeoise et parés de rubans aux couleurs de la Dauphir|e.
Le 8, la Dauphine recevait les personuf^-s présen- :ées, admises à lui faire leur cour, les oeprtations
du canton et de l’évêque de Bâie, de la ville de Muihausen, du conseil supérieur d’Alsace, du corps de la noblesse et des universités luthérienne et catholique. Elle se rendait à la cathédrale, à la porte de laquelle le prince Louis de Rohan, en habits pontificaux, accompagné des comtes de la cathédrale et de tout le clergé, venait la complimenter. Saluant d’avance la promesse d’une union si belle, il disait : « C’est l’âme de Marie-Thérèse qui va s’unir à Lâme des Bourbons I »
Après la messe en musique et le grand concert au palais épiscopal, la Dauphine quittait Strasbourg, et était reçue à Saverne par le cardinal de Rohan, à sept heures du soir. Un bataillon du régiment du Dauphin, commandé par le duc d« Saint-Mégrin, un détachement du régiment Royal- Cavalerie, commandé par le marquis de Serent, formaient une double haie dans l’avenue du château. Il y avait un bal où la Dauphine dansait jus^ qu’à neuf heures; après le bal, un feu d’artifice; après le feu, un souper qui réunissait autour de la Dauphine les dames de sa maison et ses dames autrichiennes. Le 9, la Dauphine déjeunait, entendait la messe, faisaiit ses adieux aux dames et aux seigneurs autrichiens qui l’avaient accompagnée.
Le 9, la Dauphine arrivait à Nancy. Reçue à la porte Saint-Nicolas par le commandant de Lorraine, le marquis de Choiseul la Baume, elle couchait à l’hôtel du Gouvernement. Le lendemain elle accueillait les respects de la Cour souveraine, de la Chambre des comptes, du Corps municipal et df