‹ Historie de Rome et des papes au moyen ageChapitre 105 sur 165 · UVRE I. CH.VI ÉVÈQUES ROMAINS JUSQU'A LA FIN DE L'EMPIRE. [N · texte numérisé non relu

UVRE I. CH.VI ÉVÈQUES ROMAINS JUSQU'A LA FIN DE L'EMPIRE. [N

240. Les sermons que nous possédons de Léon sont tout pleins de semblables pensées. Il y exprime les aspirations de son âme éprise de l'amour de Dieuj on y sent vivre dans sa plénitude l'esprit du Christ; des paroles paternelles et épiscopales y réveillent la foi des auditeurs, les excitant aux bonnes œuvres, à la prière, à laumâne et aux œuvres de charité. Sous le rapport de la forme, les sermons de Léon sont clairs, précis, souvent fort courts ; dans des circonstances particulières, aux fêtes du Seigneur par exemple, s'il veut élever l'assemblée à la hauteur du mystère de la rédemption qu'on célèbre, son langage prend de l'élévation, de la majesté, de l'éclat. II rappelle par endroits l'élégance caractéristique de la latinité primitive, sî rare à son époque'.

Il n'est pas rare d'y rencontrer de précieuses allusions à la vie morale de la Rome contemporaine ; car, en vrai pasteur, le grand prédicateur condescendait à tous les besoins moraux de ses ouailles.

Il s'élève contre ces chrétiens de nom, trop nombreux, qui croyaient qu'il suffisait que le monde eût quitté le culte des idoles et que "la Trinité reçût autant d'hommages des princes dans leurs palais que du peuple dans les églises ". Non, dit-il, il faut que vos œuvres témoignent que vous êtes chrétien ",

Il apprend qu'il vient d'arriver d'Egypte des personnages, marchands d'Alexandrie notamment, qui se font à Rome les propagateurs des Idées monophysites; il profite de l'occasion que lui offre une homélie à prononcer à Sainte- Anastasie dans le quartier grec et près de l'entrepôt du Tîbre, pour mettre en garde ses auditeurs en termes pressants contre tout commerce avec ces hôtes suspei5bî 3.

Après le départ de Genséric et de ses Vandales, il entend dire que beaucoup, par un reste de superstition païenne, attribuent aux astres l'heureuse préservation de Rome qui a échappé au meurtre et à l'incendie; il s'empresse de combattre cette fiélîon astrologique pour montrer que c'est au Seigneur Dieu et à l'intervention de S. Pierre qu'est due toute reconnaissance 4.

Il voit beaucoup de fidèles, avant d'entrer sous le portique de la basilique de S. Pierre se tourner au haut de l'escalier vers la place et saluer par une inclination de tête le soleil dont les rayons frappent longtemps le matin la façade la basilique; aussitôt rappelle-t-il dans une allocution que c'est une cérémonie manichéenne que d'honorer ainsi le soleil du matin ; patiemment il expose en détail aux ignorants, qui avaient encore besoin d'un tel enseignement, que l'éclat du soleil n'est qu'un reflet de la beauté de Dieu et que c'est dans l'église qu'ils prient et honorent Dieu sans avoir besoin d'imiter le paganisme par ces usages insensés 5,

Nous avons donné plus haut un autre exemple de sa sollicitude pour le

■ L'affirmation de Soiomènc {Histoire ecclésiastique, 1. VII, c. 19) que les papes n'adressaient jamais d'homélies au peuple (ojT£ ô iniuxoirac oÎtc SXXo; tiç s^OiSs in' ixx).r,ata« ^lâiaxii) n'est qu'une preuve de plus d'une ignorance, constatée par ailleurs, des choses de Rome. Cf. Ballerini dans son édition de Léon. (Migne, P. L., t. LV, col. 197.)

' SeriHB j6 in cpipkaniae solemmiate (VI), 11.3-

ï Sermo ç6 si Etitychetis.

' Sermo S4, i.

■ tractaius contra àaeren

ociavis apostolorum Pétri et

\ nativilatc Domini ( VIT) n. 4 :

... ul priusçiiam ad beati Pétri btuilicam... perveniant, superatis gradibtes quitus adsu^gestum aerae superioris ascenditur, converse corpore ad nascentem se solem refleHant et cumalis cervicibus in konorem se spie$i4i^ erbis itvslineiit...

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