LIVRE I. CH, VII. L'art et la civilisation komaink. [N^aja
Si on élève le regard des deux côtes de la nef centrale on voit entre et soiis les hautes rangées de fenêtres des peintures, généralement de grandes figures de saints. On admire ensuite le vaste plafond richement orné qui court au-dessus de la nef centrale. En général les basiliques avaient une couverture plate {laqueare ou lacunar\ étendue horizontalement sous un comble incliné et souvent ornée de caissons. Du plafond descendaient les lampes qui servaient à illuminer l'église aux solennités Parfois, mais rarement, on laissait à découvert la charpente des toits et du comble qui reposait sur de lourdes poutres croisées. Laissée ainsi à découvert la struflure du toit achevait de donner au bâtimeni l'impression d'un vaste et puissant hall, mais elle ne répondait pas aux habitudes et aux exigences romaines.
Un motif de décoration très fréquent dans les basiliques, surtout à Rome, était la pergala. On désignait sous ce nom une petite colonnade, couronnée d'un entablement et dont les colonnes étaient unies par une balustrade; elle traversait la nef de la basilique entre le chœur et l'autel. C'était à peu près l'iconostasis des Grecs, mais elle ne formait pas une muraille fermant aux regards le san^uaire proprement dit; ce n'était qu'un motif de décoration ; assez peu élevé, pourvu entre les colonnes de vastes espaces libres, qui supportait sur son entablement des statues et des candélabres et en laissait pendre des lampes, des croix, des couronnes, des ex-votos, parfois des calices et des ampoules. Il marquait plus nettement la séparation entre le pres- Fig.92. AiitddeS.Apollin«reii,Cl«»eàR«Y«ifie, bytcrium et la foule et servait en d'ap'^5 Rohfliili de Flemy, 1. 1, pi. 30. même temps à relever la décora-
tion des alentours de l'autel. Il y eut notamment une pergula de ce genre à Saint-Pierre, qui fut souvent imitée ailleurs ',
L'autel est une simple table de pierre. Une plaque de marbre quadrangulaire (mensa) repose sur un puissant pied de pierre, parfois sur deux ou quatre, dessinés en colonnes. Sous la mensa et entre les colonnes se trouve un espace fermé pour les reliques, s'il n'y a point sous le sol un caveau disposé pour recevoir les reliques ou le corps du saint L'autel est élevé sur une plinthe, comme on le voit sur les quatre représentations d'autels des mosaïques de la
' J.iber ppnlifiuiUs., I. 1, p. 417 et siiiv., Crfgonus ni, § 19s et suiv. Un exemple sans doute postérieur nous est offert par la belle reconstitution de l'autel et de la pergula exécutée à Ssinte-Marie in Cosniedin, par l'architefle Giovenalc. Cf. le
dessin de F. Mazianli, La icullura oniamtnlaU romana nti basd fr/n/i (Extraii d* VAnliivio starico deW arte^ 1896), p. 3'- Cf. ibid., p. 38, la pergula de Leprignano.
Cf. aussi Roliadi de Fleury, La Meiu, pi. 2^o et suiv.
coupole de Saint-Jean in Fonte de Ravenne '. Un des meilleurs spécimens d'ancien autel est celui de Saint-Apollinaire in Classe près Ravenne qui date du VI= siècle (fig. 92).
L'importance de l'autel se manifeste à t'œil du speftateur par le tabernacle ' à colonnes qui le recouvre. C'est une construction de pierre ou de métal, parfois d'argent, en forme de baldaquin, reposant sur quatre colonnes qui flanquent l'autel aux quatre angles. De la voûte qu'il forme au-dessus de l'autel le tabernacle a pris le nom âe ciiorium (ciboire, calice). Le toit du ciborium se dresse ■2 au-dessus de la pergula; la raison en est qu'il -3 est le centre spirituel de l'église. De l'intérieur o du ciboire pend sur l'autel la colombe métalce lique ou un autre vase de métal précieux dans ^ lequel se cache le pain eucharistique".
je Dans les basiliques de Rome, l'on aimait
à séparer les vaisseaux de l'abside par une nef transversale qui augmentait l'espace réservé
aux fonélions liturgiques. Cette disposition
1 nécessitait l'établissement d'arcades au-dessus •^ des entrées qui séparaient les nefs de ce tran- *" sept. C'est ainsi qu'en venant de la nef ccn- ^ traie on se trouve sous le grand arc, dit 'I triomphal, jeté sur tout l'espace entre les •^ deux dernières colonnes de la nef. Derrière •^ s'ouvrent de droite et de gauche les bras du "* transept. Ils ne débordent pas toujours et dans P tous les cas ils ne débordent guère les murs I latéraux de la nef; mais ils suffisent à donner w un espace assez considérable, qui sert à plu- ± sieurs usages ; c'est là que se trouvent les au- S tels auxiliaires destinés à recevoir les offran- 3 des iûblata); là aussi que l'on réserve des pla- (3 ces pour les personnes de rang [senatoria et ^ matronea); là enfin que s'accomplissent cer- ^ taines fondions liturgiques. A Saint-Pierre, '<^ depuis Damase, le bras droit de la croix
servait à la dispensation des sacrements de baptême et de confirmation. Ces bras de croix eurent pour conséquence de rapprocher le maître-autel de la nef centrale, plutôt en avant de l'abside qu'en dedans. Idéalement l'autel est encore rattaché à l'abside; mais son
■Une reproduflion d'une importante partie I (t. I, p. 17Ï. 190 parle Au /.uliiiium de
de la mosaïque se trouve dans Holtiinger, 1 l'église du Latran : /.utidium, argenteum,
p. 1 15 et dans RohauH de Fleury, pi. ag. baiin/iUm. L'usage des colombes eiicharistî-
'Déjà, sous Siivesire, le Liber pontificalis I ques dura longtemps. A l'exposition archéo-