II. saintè-marie-ma;eure et sainte-sabine
(fig. 95). Pour se la Hgurer comme elle était dans les premiers siècles, il faut en supprimer la tour, accessoire inconnu des anciennes basiliques. En outre l'église était entourée jadis d'une couronne de petits bAtîmcnts, parmi lesquels les hospices que le pape Symmaque y éleva pour les pauvres comme à Saint- Pierre et à Saint- Laurent. Symmaque établit également un bain dans le voisinage'. Les oratoires funéraires qui entouraient l'église, sont nommés dès l'époque de Sei^e W, qui les restaura, ainsi qu'une galerie extérieure ". L'épitaphe d'un certain Eusèbe décrit le cimetières. Le cloître doit aussi avoir existé d'assez bonne heure En 1633 Giovanni Severano connaissait encore l'abside et l'entrée d'une vieille église de Saint- Etienne; et, au XiV« siècle, Cola di Rienzo put voir au milieu de l'atrium l'antique fontaine; ce tribun du peuple, zélé amateur des ruines romaines, nomme dans ses notes le cau/Aarus açuaruM, fontaine établie par Léon le Grand, mais qui ne tarda pas à être détruite, car au XV< siècle fra Giocondo ne retrouvait plus, au milieu " des chardons et des ronces ", que dus fragments de la belle inscription en vers qui la décorait *.
Pendant des siècles la magnifique basilique n'avait vu autour d'elle que dévastation et désolation. Ces vieilles basiliques romaines ont été les témoins, en même temps que de moments grandioses et solennels de l'histoire, de jours de malheur et de ruines douloureuses.
259. Si relise malheureusement disparue de Saint- Paul était un des meilleurs spécimens des basiliques du IV= siècle, nous avons pour le V« siècle deux modèles assez bien conservés, riches et impressionnants, dans les deux églises déjà nommées de Sainte-Marie Majeure et de Sainte-Sabine.
L'une et l'autre furent achevées et consacrées sous Sixte III (432-440), Sainte-Marie sur l'emplacement d'une ancienne basilique à laquelle elle succédas. Elles ont un autre point commun, c'est qu'elles ont fait usage de matériaux empruntés à d'anciens monuments et que leur orientation a été déterminée par les bâtiments qui se trouvaient antérieurement au même point et par la dire^ion des rues entre lesquelles elles s'élevaient. A Sainte-Marie, le célébrant regardait le sud-est; à Sainte -Sabine, au contraire, l'abside s'ouvrait au nord-ouest. L'une et l'autre basilique s'étendait avec son atrium carré en avant de la porte principale jusqu'aux anciennes rues qui les longeaient. En 1888 on a découvert en partie l'ancienne rue de Sainte-Marie
F^. 99- Uarqne des briqaei
de Sainte- Marie Hajetûe.
V— VI* siictet.
' Liier pontif., t. 1, p, 263, Symmachus, 8 80 ; pauperum kabilacula; balineum.
^ I6id., I, p. 37S, Sergius I, » 163 : iegnum <= tigna, teila) et cubûula. La présence de ces bAtiments prts de la basilique laisM croire que les ne& latérales étaient
sans fenêtres.
^ Grisar, AmUtlîa rom., t. 1, p. 100.
' Lanciani, Pagan and Christian Rome, P- 153-
>Sur l'origine cf. p. 160 et ce qui est dit ci-dessous des mosaïques.