LIVRE I. CH. VII. L'art et la civilisation romaine. [No
au bout de la grande place'; celle de Sainte-Sabine passait entre cette église et le temple de Jupiter Dolichenus (Saint-Alexis)', au bord de la colline de l'Aventin au-dessus du Tibre jusqu'au point où descendaient au fleuve les "escaliers de Sainte-Sabine" dont parle Grcgoire le Grands. Depuis longtemps l'une et l'autre église a réduit son atrium à un simple portique; mais nous avons encore des monuments caractéristiques de l'époque de la fondation; à Sainte-Marie Majeure, par exemple, on a retrouvé récemment sur le toit des briques avec le monogramme du Christ, la marque de fabrique de Cassius et les initiales des mots Christ, Michel, Gabriel (fig. 99)4.
Fig. 100. Sainte -Sabine. loléiieur. Ëiat aifluel.
En entrant dans l'une ou l'autre de ces deux nobles et remarquables églises, on se sent également attaché par une impression de charme et d'harmonie dans la grandeur (fig. loo et IOI)^ Ces deux églises ont trois nefs chacune.
' Strada romana quasi esattainenU paraltela alla facciata délia basilUa (Bull. arch. corn., 1888, p. 255).
' Lanciani, liiiil. lielP istil., 1890, p. 88, d'après le travail richement dociimenlé de Merini sur S. Alexis.
^ffe^is/ruin, 11, io(édil. des fiénêd,, 11,8) : horlum poiiliim rigione prima unie gtados sanûat Sabinae, Sur l'indication erronée du Martyr: romanum pamum au 29 noûl :
Eomae ad arcum /•'ausiiid Sabinae Marty-
riî, cf. Grisar, Anale/la romana, t. 1, p. 143.
' Sur les briques découvertes par Mgr Crostnrosa, à qui je dois le moulage de la marque dont le dessin est reproduit ici, voir Nuins HuU. diarck. crisi., 1896, p. Ja et suiv. : InveittariodeisigilliimpreisisullttegoUdilltméi S. Maria M.iggiore, et mon article sur la découverte, Civittà eattolica, 1896, t. IV, p. 47'-
' Pliolographies du commandeur C. Tener^ni. Pour les incrustations sur les colonnes de Sainte- Sabine v. fig. 103; voir aussi plus
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Celle de Sainte-Marie compte 44 colonnes de style ionique qui supportent un entablement uni; la nef centrale a plus de 16 mètres en largeur, les nefs latérales 6 chacune; la longueur de la basilique dépasse 72 m. L'église de Sainte-Sabine est moins vaste; ses 24 colonnes corinthiennes et cannelées ne supportent pas d'architrave, mais des arcs légers. Sainte-Marie n'a plus tout à fait la même hauteur qu'autrefois; le sol s'est assez sensiblement élevé et de nouvelles bases ont remplacé les anciennes, enfoncées sous terre. Le plafond a£lucl extrêmement orné ajoute à cette impression écrasante. Sain te- Sabine,
Fenttre de Saiote-Marie H^eure. Côté oiienlal, d'après un dessin de Maizaqii.
dans sa pauvreté, a gardé l'élancement primitif de sa nef centrale, et les pieds de ses colonnes sont encore ceux d'autrefois. Mais le plafond a disparu depuis
loin la boule de pierre sur le tronc de colonne au milieu de l'église. Qu'on se figure les fenêtres cintrées du haut toutes rouvertes, au-dessus un plafond décoré recouvrant la nef centrale, les balustrades de l'autel et la schola cantorum rétablies d'après les éléments qui en subsistent, une table d'autel en marbre couronnée par un tabernacle à colonnes et l'on aura sous les yeux la plus belle basilique du moyen Âge, qui rendra mieux l'effet produit par ces vénérables monuments que la basilique adluelle de Saint-Paul. Puisse l'ordre
des Dominicains, possesseur a^uel de t église à laquelle le rattachent si étra' les souvenirs de S. Dominique, être assci heureux pour exécuter cette restauration et montrer ainsi à Rome et à ses visiteurs ce qu'ont été jadis les basiliques de la cité éternelle. Vassociaiione ariisticafra I cullori di arekîUltura, à qui l'on doit l'excellente restauration de Sainte-Marie in Cosmedin et qui s'occupe adluellement de travaux analogues à Saini-Sabas sur l'Aventin, offre pour cette entreprise tous les moyens d'exécution.