LIVRE I. CH. VII. L'ART ET LA CIVILISATION ROMAINE. [N» 26a
arcs légers dort le briquctage est recouvert de plaques de marbre multicolore (fig. 103) '. Sur ces incrustations on a mis, selon le goût du V' siècle, des figures et des ornements de caractère profane, généralement surmontés de petites croix de même travail, suivant la mode artistique de l'époque qui voulait tout sanftîfier par la croix. Cette décoration bien conservée forme aujourd'hui une des curiosités de l'église. Ce travail était autrefois d'un fréquent usage dans les basiliques. L'église ronde de Saint-Etienne sur le Cœlius se distingue particulièrement par sa décoration en marbre multicolore, dont on pouvait autrefois observer à Sainte-Sabine des exemples dans d'autres parties de l'église '.
260. Ce genre d'ornementation fort apparenté aux mosaïques nous amène à l'examen de celles qui décoraient les deux églises.
Sainte-Marie et Sainte-Sabine rivalisaient par la splendeur de leurs mosaïques destinées à éterniser le souvenir de leur fondation et le nom de leur fondateur. On le voit, l'usage encore si fort en v(^ue dans la Rome afluelle de conserver partout à la postérité, par des inscriptions monumentales, les noms des fondateurs ou restaurateurs de bâtiments religieux, a dans l'antiquité ecclésiastique des modèles, qui eux-mêmes ne faisaient qu'imiter l'antiquité classique. Comme nous le savons déjà, c'est à l'intérieur du mur d'entrée que, à Sainte- Marie, Sixte III mit la dédicace de sa nouvelle égVisc {nova /e^a) à. la Mère de Dieu. On y voyait l'image de Marie, entourée de figures de martyrs. A Sainte Sabine nous pouvons encore aujourd'hui voir sur la paroi intérieure du mur d'entrée la grande dédicace en mosaïque qui nous apprend la fondation de la basilique au temps de Célestin par le prêtre illyrien Pierre et qui commence par ces vers :
Au lemps où Célesiin possédait le siège apostolique
Et qu'il brillait sur le premiei' trône épiscopal du monde.
Ces construirions que vous admirei furent fondées par un prêire de la cité,
Pierre, illyrien de naissance, bien di^'ie d'un si yrand nom'l
' De Rossi, Musaici di Rema.V ^\hz\<:. Les grands ornements en marbre coloré, semblables à de$ miroirs montés sur pied, se répètent au-dessus de chaque colonne; cependant la fig. à droite de notre dessin, celle qui n'a pas
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droite et z fois sur celui de gauche, au centre de la nef, en vis-à-vis ; tous les autres ornements ont la croix, qui rappelle par sa forme godronnée les croix romaines du V siècle.
' Par exemple au portique. Cf. Ugonio, Hiitaria dclla stationi di Roma, fol. 8; De Rossi, Miisaici, S. Sabina.
' Voir dans mes Aiia/eÛa rom., t. 1, p. 146 la reproduiftion de l'inscription : CVLUEN APOSTOLICVM CVM CAELESTINVS HABERET| l'HlMVS ET IN TOlO FVLGERBT EPISCOPVS ORBE I HAEC QVAE MIRARIS FVNDAVIT PRES- HVTKR VRBIS I II.LVRICA DECENTE PETRVS VIR NOMINE TANTO I UIGNVS, etc.