‹ Historie de Rome et des papes au moyen ageChapitre 126 sur 165 · LIVRE I. CH. VII. L'ART ET LA CIVILISATION ROMAINE. [N · texte numérisé non relu

LIVRE I. CH. VII. L'ART ET LA CIVILISATION ROMAINE. [N

On les mentionne très souvent en pariant de la décoration des autels ofi ils servaient à fermer les quatre côtés du tabernacle à colonnes. On peut voir encore à plusieurs de ces tabernacles, à Rome, les tringles de for et les anneaux qui servaient pour ces tapisseries.

On pendait aux arcs terminaux des nefs d'immenses tentures, auxquelles correspondaient des tentures anali^es aux portes (fig. 109). D'autres ont pu servir de vêtements aux murailles ' ; parfois même sur les mosaïques on imitait ces tentures pariétales».

De moindre ampleur devaient être les tentures qui se trouvaient entre les colonnes. A cette catégorie appartenaient par exemple ces tapisseries données à Sainte-Marie Majeure par Hadrien I", Léon III et Pascal ]«■. Le Liberpontificalis en emprunte soigneusement la mention aux anciens registres de donations pontificales. Il n'est pas superflu de nous arrêter un moment à ses indications et à sa terminologie, en n'oubliant pas que la grande nef de Sainte- Marie ne présentait pas moins de 42 cntrecolonnemcnts à garnir de tentures, comme on peut le constater encore aujourd'hui. Tout d'abord donc Hadrien I"" fournit 1 5 vêla faits de pallia quadrapola, Pascal I*' à son tour donne 42 veltL, 14 de fundato, 14 de quadrapulo et 14 de imisilo. Enfin la donation de Léon III comporte le même nombre de 42 vêla de pure soie blanche, qui sont expressément destinés " aux espaces entre les grandes colonnes à droite et à gauche ". Il y a là-dedans il vêla rosata dont le nom indique peut-être une décoration de roses 3.

Pour beaucoup d'autres donations de tentures aux églises, on peut également vérifier l'exaftitude des indications du Liber pontificalis. Hadrien I«^ et Grégoire IV donnent à la grande basilique de Saint-Laurent et à celles de Saint-Paul et de Saint-Marc un nombre de tapisseries correspondant précisément à celui des entrecolonnements. Saint-Laurent reçut d'Hadrien 1'=' 15 vêla de stauracin seu quadrapolis et 15 de Un, qui répondent à ses 30 cntrecolonnements, l'entrée comprise 4. Hadrien IV donne i Saint- Paul 40 vêla fitndata; cette église avait 42 arcades dont deux avaient un autre usage s. Le même pontife gratifie Saint-Marc de 26 vêla de fundato et de 26 de lin ; l'église avait 26 entrecolonnements qui ne sont pas tous conservés aujourd'hui *.

L'on voit quel soin et quel faste l'on apportait 4 la décoration des basiliques et l'on comprend mieux l'orgueil et la joie d'un chrétien de Rome au V« siècle, à l'époque de la magnificence de Sainte-Marie et de Sainte- Sabine, lorsqu'il comparait ses basiliques triomphantes aux temples du paganisme naguère persécuteur qui s'efTond raient dans l'obscurité. Les artistes transportaient jusque sur les sarcophages, pour la consolation des morts, les figures des basiliques, images peut-être à leurs yeux des lieux du culte étemel de Dieu dans le ciel (fig. 107).

' Holtzinger, p. 64, 6;, 194; Beisse], Gef licite und gewebte Vorkaiigt lier romischtn. Kirehtn {Zeiisckr. fur ehristl. Kunst, t. VII, "894. P 358 « suiv.).

' Par ex. à Saint-André Catabarbara de Rome (Holtzinger, fig. 194).

^ Libtr pontif.,\..\,^. ^QCs, Hadriatt I,%yiy, X. Il, p. 61, Paiekalii 1, % 449; t 11, p. 14,

lm III, % 391-

*IHi{., t. I, p. 505, Hadritat I, § 334. Ehichesne lit lxv au lieu de xv.

^Ibid., t II, p. 79, Gregor. IV, § 471.

Sarti avait déjà remarqué la concordance des chiffres.

*/hrf., t. II, p. 7S, Gregor. IV, \ 46». Cf.

Croïtarosa, p. 69 et sutv.; De Rossi, Inur.

ekrist., t. 11, paît I, p. 33>, n. 7.

No 263.]

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