‹ Historie de Rome et des papes au moyen ageChapitre 137 sur 165 · V. LES MOSAÏQUES DE ROME · texte numérisé non relu

V. LES MOSAÏQUES DE ROME

D'ailleurs l'oratoire tout entier semble être l'imitation d'une chapelle funéraire, celle de Saint-Jean à Éphèse, lieu de refuge d'Hilaire, qui tient dans l'histoire de ce pape une place considérable'.

Avec la mosaïque suivante (9) nous arrivons à la première décoration absidale conservée dans son intégrité, tant dans la partie qui couvre l'arc triomphal que dans celle qui revêt l'intérieur de l'abside. C'est la mosaïque, dont nous avons déjà parlé, du pape Félix IV (526-530) aux Saints-Côme et Damien. Sur l'arc c'est l'agneau de Dieu au milieu de scènes apocalyptiques. L'abside nous montre la figure majestueuse du Sauveur sur une colline et les princes des apôtres qui lui amènent de part et d'autre les titulaires de l'église les s»ints Côme et Damien. Cette mosaïque, toute pénétrée de la puissance romaine, d'une simplicité pleine de grandeur, malgré des signes apparents de décadence, n'était que le couronnement de toute une décoration de marbre et de mosaïque qui faisait une parure magnifique à cette ancienne salle d'archives et à la rotonde qui lui était unie, peut être l'Héroon de Romulus. L'inscription de la mosaïque de l'abside célèbre cette brillante décoration qui donnait à la basilique l'éclat d'une beauté radieuse : aula Dei claris radiât spedosa metallis. \Jaula Dei désigne tout l'édifice, qui dès l'antiquité, comme Templum sacrae urbis, était orné de mosaïques que Félix IV laissa subsister».

La série des mosaïques anciennes dans lesquelles apparaissent encore partiellement les traditions du bon art romain, se clôt avec celle de la basilique de Saint- Laurent hors les murs (10), Sur l'arc triomphal élevé au-dessus du tombeau du saint, on voit le Christ assis sur le globe terrestre, comme dans la mosaïque disparue de Sainte-Agathe (fig. 20), motif de basse époque et peu artistique. Tandis qu'à Sainte-Agathe les apôtres se serraient en longue rangée autour du maître, il n'y a plus ici de part et d'autre que S. Pierre et S. Paul, S. Laurent, patron de l'église, et son compagnon de diaconat Etienne, dont les reliques ont dû être apportées de Jérusalem dans cette ^lise sous Simplice; puis, dans les angles, S. Hippolyte, dont le corps reposait près de là, et le pape Pelage n, auteur de cette décoration et de la restauration de l'église, dont il tient en mains le modèle. Déjà aux Saints-Côme et Damien, le pape Félix IV, à qui l'on doit la mosaïque et l'église, occupait la même place 3.

272. Au IV* et V* siècle, aucune ville ne s'était distinguée aussi brillamment que Rome dans l'art de la mosaïque; aucune dans ce champ difficile n'avait tenu si haut l'étendart de l'antique civilisation classique, en dépit des malheurs des temps.

Mais dès le cinquième siècle Ravenne entre en concurrence avec Rome. La faveur des maîtres de Rome lui fait entreprendre la culture de la mosaïque et tant sous la domination gothique que sous le retour d'influence de l'Empire romain d'Orient, elle s'y adonne avec un tel succès qu'elle en vient à surpasser Rome. A Rome la mosaïque de Saint-Laurent laisse pressentir ce caraftère de

' Ci-dessus, p. 326.

^Garrucci, pi. 371; Kraus, p. 430. Sur la

' Gamicci, pi. 253. Cf. ci-dessus p. 19a, 366; i mosaïque de Sainie-Agalhi

Kraus, p. 418. Andréa Fulvio, du Perac c Ugonio virent encore au XVP siècle les res tes de l'ancienne décoration en mosaïque o plutôt en incrustation de marbre. Cf. de Ross ituli. arch. crisl., 1867, p. 66.

p. 93. Sur i

s disparues,

d'autres mosaïques ro- Tke lott mo-

saies qf Rome {Aineni.an jaumai

lo^, [. II, fase. 3) et de Rosbi à la Musaici.

I Journal 0/ archao-

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