LIVRE I. CH. VII. L'art et la civilisation romaine. [N
sauvagerie et de raideur que la suite des temps va imprimer aux œuvres romaines avec une impui.'^sance croissante et un manque de goût de plus en plus marqué; le dessin devient tous les jours plus raide et sans vie; la gravité des figures tourne au sombre; l'émaciement et l'allongement exagéré des traits sont les misérables moyens d'exprimer ia sainteté; la profusion avec laquelleon répand l'or est comme un palliatif au manque d'art. Et cependant quel visiteur de Ravenne pourrait oublier jamais ses basiliques décorées de vénérables mosaïques? La nef de Saint-Apollinaire in ciità avec ses longues séries de saints, le baptistère des orthodoxes si brillamment décoré, et tant d'autres monu-
Fig. 114. Hosal'qne >bndale de SMnt-ViUl à Rnveline.
mcnts de Ravenne, produisent une impression ineffaçable et montreront pendant des siècles de quoi était capable l'art profond et saisissant des premiers temps chrétiens. L'observateur attentif découvre dans les mosaïques de Ravenne, notamment dans les moins anciennes, de nombreux éléments qui témoignent d'une influence étrangère sur les traditions propres de l'Italie. C'est d'Orient en particulier que vient ce luxe ex^éré du vêtement et des parties décoratives ; ce sont ià des marques de l'influence byzantine en Italie'.
■ Voir J. Kurth, Dit Mosaikm der ckristUchen Aéra, I. Die Waxdmosaik. v, Ravenna.
Berlin, 1902; X. Barbier cte Montault, Les Mosaiqufs ries /glises lie Ravenne^ Lille, 1897
(Exlrail de la Revue de l'art ehrèUm') fiaussi Ch. Diehl, Us villes d'art dahrt.
Ravenne, Paris (1903); du même,yi«A«*f»> P- 640 ei suiv.