N<» 273- 274-] VI. LA PEINTURE ET LES CIMETIÈRE
Une des plus pures produAions de l'art de la mosaïque a été donnée par la rivale de Rome dans la décoration de la rotonde de Saint- Vital, duc, semble-t-il, à l'évêque Ecclesius. Dans l'abside (fig. 127 ')> '^ Sauveur, sous l'apparence d'un homme jeune et imberbe, trône sur le globe du monde. II tend une couronne à S. Vital debout à sa droite, tandis qu'à sa gauche s'avance l'évêque Ecclesius avec le modèle de l'église. Vital, avec sa chlamyde dorée, Ecclesius, revêtu de \a.plaHela et du pallium, sont conduits au Christ l'un et l'autre par un ange. Une gracieuse ornementation encadre ce tableau. Aux pieds des personnages est un jardin, symbole du lieu de délices qu'est le ciel; quatre fleuves, qui sourdent aux pieds du Christ, des fleurs et des oiseaux y répandent la vie. La bordure de l'arc est formée d'une riche décoration de calices de fleurs semblables à des cornes d'abondance croisées qui se succèdent pour aboutir au sommet de l'arc au monogramme du Christ /f^ (lesus Ckrislus). Au-dessus de l'arc, entre
les cités de Bethléem et de Jérusalem, deux anges planants à la façon des Victoires antiques, soutiennent le même monogramme uniàune croix sous cette
forme - ^ l ^ '. En avant de chaque cité est un cyprès un peu grêle, et au-dessous un palmier muni de ses fruits >.
273. Revenant à Rome, nous aurions encore, pour donner une idée plus complète de la richesse et du nombre des mosaïques pendant cette seconde floraison de l'art antique, à signaler tout d'abord les nombreuses œuvres que des causes variées ont condamné à la destruftion, mais dont il nous reste des descriptions ou des notices ; nous aurions à examiner les fragments encore subsistants d'œuvres considérables; enfin il nous faudrait aller dans les cimetières romains pour y admirer les mosaïques qui en décorent les murailles. Car les mosaïstes portaient leur zèle jusque chez les morts, ornant le sol de chambres funéraires vénérées d'un pavement multicolore, revêtant même de leurs peintures des tombeaux entiers ; comme on le voit sur un tombeau du cimetière de Saint-Hermès, historié d'un Daniel dans la fosse aux lions et d'une résurreflîon de Lazare 3. C'est d'un cimetière de Rome, celui de Saint-Cyriaque, que proviennent les deux grands portraits en mosaïque de Flavius Julius Julianus et de sa femme Maria Sïmplicia Rustica, sans doute parents du préfet de la ville Rusticus Julianus, qui mourut à Rome en 388 *,
Mais a£luellement la peinture proprement dite appelle notre attention. Ce n'est, à vrai dire, au point de vue de l'influence, que l'humble sœur de la mosaïque, mais elle .se plie avec plus de souplesse aux fantaisies du génie, elle répand ses créations avec plus de liberté et de profusion.