‹ Historie de Rome et des papes au moyen ageChapitre 144 sur 165 · LIVRE I. CH. VII. L'ART ET LA CIVILISATION ROMAINE. [N · texte numérisé non relu

LIVRE I. CH. VII. L'ART ET LA CIVILISATION ROMAINE. [N

Cette ruine des archives et des bibliothèques entraîne encore une autre conclusion que nous devons signaler, ne fût-ce qu'en passant. C'est que, malgré l'abondance apparente de sources historiques, notre connaissance du passé de la viile et de la papauté demeure bien imparfaite et que l'on ne saurait être autorisé ni à rayer simplement comme n'existant pas ce qui demeure obscur dans l'aflion de la papauté, ce qu'on ne peut prouver par des documents, ni à trancher par des décisions subje6lives et arbitraires des points insuffisamment éclairés.

VIII. — Magnificence dans les produits des arts mineurs et dans le mobilier ecclésiastique.

279. Dans les siècles qui suivent Constantin nous trouvons les arts mineurs assidûment occupés à décorer les édifices du culte et les autels des produits de l'orfèvrerie, surtout de l'orfèvrerie d'or et d'argent'.

Le monde romain christianisé déploie dans la décoration de ses sanftuaires une somptuosité presque incompréhensible de nos jours. Certaines pages du Liber pontificalis, qui nous détaille scrupuleusement les dons faits à leurs églises par les pontifes romains, laissent en quelque sorte l'impression que les artistes ne maniaient guère les métaux précieux que pour les basiliques, les baptistères, les églises. Ce sont, comme en Orient, des énumérations sans fin de croix, de calices, de patènes, de candélabres et autres luminaires, couronnes, ex-voto de tout genre, burettes et récipients à vin, arcs au-dessus des autels ou barrières en avant d'eux, statues du Christ, de la Vierge, des apôtres, reliefs avec scènes sacrées, etc. Et pour compléter l'illusion, ces objets portent souvent des noms à l'aspcfl oriental. Ils promènent notre regard sur le domaine, d'une étendue géographique presque sans fin, de l'Empire romain, dans lequel s'exerçaient alors ces arts mineurs.

L'histoire du pape Hilaire nous a fourni des exemples de ces largesses faites à diverses églises pour leur décoration. Aftucllement nous nous arrêterons un moment aux objets qui servaient à l'éclairage des églises ; ces basiliques, baptiftères, salles religieuses que nous avons décrits, on ne saurait les apprécier pleinement qu'à condition de se les représenter dans l'éclat multiplié de leur luminaire.

Sur les autels même, il n'est point question de lumières à l'époque primitive; elles pendent devant ou derrière les autels ; elles les entourent sur de hauts candélabres de forme traditionnelle. Les autels dressés sur les tombeaux de martyrs vénérés se distinguent particulièrement par le nombre et la richesse de leur luminaire. S, Jérôme en explique le sens symbolique : " Ils signifient, dit-il, que les saints ont été illuminés à leur mort par la lumière de la foi ; ils rappellent aussi que désormais, dans la patrie céleste, ils brillent de la lumière de la gloire"".

Outre l'éclairage de l'autel les lumières étaient répandues à profusion dans l'église aux jours de solennités religieuses. Des lampes pendaient aux arcades de la nef entre les colonnes ou au plafond tant du vaisseau central que des vais-

pas; tous se résument dans celle question de I BulhlUito di archeologia crisliaaa, jSSî,

Mgr Balitîoi : " Les belles illustrations de la 1 p. 148 el suiv."Cff«//^ft« fr/A?'". '887,p. J<9,

Genèse de Vienne, du Josué du Vnlican, de [ compte-rendu de VHist. de l'art âysan/in i\e

l'évangile de Rossano, ne se rattachent-elles ' Kondakoff).

point à une bible illustrée unique et irès ati- 1 ' Cf. Steph. Beissel, Bilder aus ittr Gtichi-

cienne dont il serait possible de retrouver des chte lier altchrisliiclun Kunst tn Uaiitn,i^'fi-

traces dans plus d'un monument figuré de [ ' Adversi/t yigiiaHiium,c. i^. Cl.de Ro^^'-

\antiqitite chrélienne romaine? Cf. de Rossi, , Ruti. di archcol. crist., 1887, p. 126.

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