‹ Historie de Rome et des papes au moyen ageChapitre 149 sur 165 · N" 284.] IX. ANCIENNES STATUES CHRÉTIENNES A ROME. 43I · texte numérisé non relu

N" 284.] IX. ANCIENNES STATUES CHRÉTIENNES A ROME. 43I

Laurent, par Pîrro Ligorîo. C'est une œuvre de l'époque des persécutions probablement du temps de Septime Sévère ',

284. La statue de bronze de S. Pierre dans la basilique vaticane offre beaucoup de traits communs avec l'Hippolyte du Latran (fig. 129)'. Ici encore le rhéteur ou le philosophe classique se trahissent par l'attitude a.ssise imposante, le pied droit noblement avancé, la forme antique des sandales attachées

Fig. izg. Statue en bronze du prince des Apôtres dans l'égUse de Saint-Pierre.

par des courroies, les plis du manteau ou pallium, qui toutefois n'a plus la beauté et le naturel de celui d'Hippolyte. La tète.le bras droit dans l'attitude de la parole ou de la bénédiflion, la main gauche avec les clefs trahissent une époque postérieure, ou du moins une différence de style, qui ne permet pas à mon sens de leur attribuer la même origine qu'au reste du travail. La tête

' Dessin dans Garriicci, pi. 430; Krau5, quo supra, p. 230. 1, 'Garrucci, pi. 429: Kraus, p. 231.

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surtout présente un caraftère en désaccord avec l'ensemble de la statue; elle a une expression forcée, presque exagérée de majesté solennelle ".

L'ancienne opinion, qui voyait dans la statue une refnnte, exécutée sous Léon le Grand, d'un Jupiter Capitolin, est une pure fable. L'attribution qui en a été faite au II [«siècle ou même à une époque antérieure est également insoutenable. Nous n'avons malheureusement pas de témoignages sur la présence de la statue à Saint-Pierre ni même sur son existence soit dans l'antiquité, soit au moyen âge. Le premier auteur qui en fasse mention est MaflTeo Vegio au XV« siècle; encore ne souffle-t-il mot de son origine; en sorte que pour déterminer l'âge de la statue nous en sommes réduits aux données qu'elle nous fournit elle-même».

Dans les derniers temps le nombre s'est multiplié de ceux qui désignent le XIII" siècle comme époque vraisemblable de la fonte. On a cru pouvoir produire comme pièce de comparaison décisive la statue de marbre de Charles d'Anjou dans le palais sénatorial au Capitole, laquelle date précisément de celte époque 3.

Cependant à comparer ces dsux statues sans parti-pris, on ne saurait nier la grande distance qui sépare la figure grossière et réellement sans art du prince de celle de saint Pierre. L'auteur de ces lignes persiste i regarder le saint Pierre du Vatican, à cause de son caractère réellement artistique, comme un produit de l'art chrétien au déclin de l'époque classique. Le V" ou le VI* siècle semble avoir marqué cette statue du coin de son esprit, de son goût, de sa technique. Il est vraisemblable que pour la faire on s'est servi d'un des nombreux moules, encore subsistants à l'époque, de statues de philosophes ou même de l'une de ces statues. Le modèle ne devait pas présenter dans ses lignes beaucoup de souplesse ni de moelleux ; on a refait une tête à ce modèle en lui donnant l'expression du type traditionnel de S. Pierre; on a également ajouté la main droite au geste solennel mais raide, et les clefs de la main gauche. Et l'on a fait du tout une seule fonte.

Cette époque était fort capable de semblable travail, comme en témoignent ses nombreuses œuvres d'orfèvrerie. Les produirions du pontificat d'Hilaire, dont il a été déjà question, celles que le Liber pontificalis enregistre pour le pontificat de Symmaque4 (498-514) facilitent cette détermination chronol(^ique. Diverses circonstances parlent notamment en faveur du pontificat de Symmaque.

Ce pape résida dans Saint-Pierre et dota cette basilique et ses dépendances d'objets d'art On s'émerveille à la nomenclature des " confessions " d'argent, des " arcs " d'argent dont il enrichit entre autres la chapelle de la rotonde de Saint-André fondée par lui et celles du baptistère. C'est lui, semblc-t-il, qui onia de figures en bron;îe le bassin ou cantkarus de l'atrium de Saint- Pierre ; c'étaieni

' Dans mes AitahSa rom., (. I, p. 6,'14, je 1 bronso, Roma, 1850) qui rapporte l'origine discute l'opinion de WîckhofT et autres sur de la statue à Marcia Severa, femme de Pbll'.iinîquité de la draperie et j'apporte comme lippe l'Arabe, ne sont pas plus justifiées que objets de comparaison les statues de marbre les rëcits de Torrigio {Le Sture Grollt t^' de S. Pierre dans la crypte vaticane {p. 639), cane, Roma, 1675) qui en fait honneurà LA»

d'un philosophe antique à Madrid [p. 637) et | le Grand,

de CharJes d'Anjou au palais des conserva- 1 ^ WicVhoff^ Zeilicirifî fur àiliirmù Kwiri. leurs à Rome (p. 644). 1890, p. log; Kraus, p. 231, se rallie ï <^"

' Les dédu^inns fantaisistes de Domenico opinion.

Bartolini (Dtlla celebialissima sla/ua di i *T. I, p. 261 et sv., Symmachns, % 79*1 sï-

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