‹ Historie de Rome et des papes au moyen ageChapitre 150 sur 165 · IX. BOIS SCULPTÉS A ROME · texte numérisé non relu

IX. BOIS SCULPTÉS A ROME

quatre dauphins de bronze aux angles de la corniche de la toiture ; entre les dauphins courait une grille de bronze en forme d'arcade. Les dauphins reposaient sur des agneaux de marbre, symboles du Christ, comme dit l'ancienne inscription, devant chacun desquels était une corbeille de pain pour désigner l'eucharistie. Le toit de bronze était surmonté d'un monogramme du Christ, aussi en bronze, dans une couronne triomphale. L'éditeur du Liber pontificalis remarque fort justement que tout cet ensemble répond bien au gol^t de l'époque.

En même temps qu'elle nous fournit de nouveaux exemples de l'aflivîté de la plastique chrétienne, cette décoration de cantharus, par son témoignage sur la fonte du bronze à la fin du V= et au commencement du VI= siècle, nous fournit des arguments pour attribuer A cette époque la statue de S. Pierre. L'on ne peut d'ailleurs, comme nous l'avons dit, en déterminer la date avec plus de précision ni de certitude.

La figure n'en a que plus d'attraits pour le speflatcur religieux. Elle ne l'attire pas seulement par une majesté quasi surnaturelle et qui a quelque chose d'un monde étranger et supérieur, mais par le souvenir de la longue série de siècles qui ont passé déjà devant cette image du prince des apôtres et qui ont payé au chef de l'Égiisè le tribut de leurs hom'hiages par les génuflexions et les baisements de pied de millions de fidèles.

L'inscription d'une ancienne statue de S. Pierre, vraisemblablement à Pavie, proclamait que l'apdtre est sur un rocher divin. On a voulu à tort appliquer ce texte, recueilli par le pèlerin d'Einsiedeln, à notre .statue; nous pouvons du moins le citer comme explication de l'idée qu'exprimait notre statue : "Contemplez la parole de Dieu, la pierre sculptée en or par Dieu, sur laquelle je m'appuie et d'où je ne pourrai être renversé "'.

285, Nous avons déjà montré que c'est aussi au V' siècle qu'il faut attribuer les portes de boïs de Sainte-Sabine, historiées de scènes bibliques, l'une des œuvres les plus précieuses de l'ancienne sculpture chrétienne. Il a fallu toute la négligence apportée autrefois aux études archéologiques pour méconnaître la valeur de ce trésor et en faire une œuvre du bas moyen âge.

Si nous revenons en quelques mots sur ces prartes, c'est simplement pour compléter ce que nous avons dît ci-dessus et pour en mieux faire apprécier la place dans les autres productions de l'art du bas empire \

Les figures et les compositions en sont en partie un fidèle écho des idées et des formes virginales des catacombes, en partie aussi une rcproduftion des scènes des sarcophages romains, qui marquent un profjrès; enfin elles témoignent encore des voies nouvelles où s'aventure l'art chrétien, notamment dans

■ De Rossi, Inscr. christ, 1. 1 1, part i, p. 33; Griwr, Anal, rom., l. I, p. 113. J'ai parWdc cette statue de brome dans la Civiltà coll., 1898, t, II, p. 45getsuiv.i 1899, t. il, p. 717 et suiv.; ce travail a ëié reproduit, avec a.\(\é' liorations, dans mes .i4nii/^f7a, t. I,p 617 et sv. Marucchi s'est prononce pour l'atiribution ail V» siècle dans ses Memorit degli apûsloli, 1894, et tout récemment Petersen [Mil/htil.

des arch&ol. Institutts, 1900, [x 17») a confir-

HisL de Rome. — aS

■mé par la comparaison avec d'autres bromes l'attribution à la fin de l'époque classique.

' J. J. Berthier, La porte de Sainte-Saiine à Rome, Friboiirg, \.ii)i; Gni»!, Kreuis und Kreuzigung auf der altckrisll. Thùre von S. Satina (R&miseke Quarlalsehrift, \. VIII, 1894, p. 1-48; en italien dans les Anal, rom., t. I, p. 427 et suiv. ; Garrucci, Storia dell'arte, pi. 499 et suiv.; Millet, dans Y Histoire dtl'nrt, t. I, p. 157, fig. 138-

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