IV. — La Terreur dans Rome au temps d'Attila et de Genséric
63. Attila, le fléau de Dieu, avait entraîné vers l'ouest ses hordes de Huns qui, unies aux Ostrogoths, commandés par Walamir, et aux Gépides, commandés par Ardaric, avaient pénétré jusqu'au cœur de la Gaule.
La bataille livrée dans les champs catalauniques, dans l'été de 451, mit fin à l'expédition dévastatrice et obligea l'ennemi à la retraite. Ce furent le talent militaire du généralissime romain Aétius et la bravoure des Wisîgoths ses aliici, sous le commandement de Théodoric, qui triomphèrent des barbares. Après un hivernage en Pannonîe et la réorganisation de ses troupes, le terrible roi des Huns apparut dans les provinces septentrionales de l'Italie, au printemps de 452, pour venger la honte de la défaite qu'il avait précédemment subie. Aquilée fut viélîme de sa fureur. Le sac d'autres villes dans la Vénétie et l'Emilie montra aux habitants du pays ce à quoi ils pouvaient s'attendre si le chef barbare descendait en vainqueur dans la péninsule.
Le gouvernement romain était au désespoir, car Aétius, qui avait négligé de protéger les passages des Alpes, ne se voyait pas en état de tenir tète à l'ennemi.
Le chemin de Rome restait libre devant Attila, Le souvenir d'Alarîc et de ses Wisîgoths se dressait menaçant dans l'esprit des habitants; et il les poussa à chercher leur salut dans la fuite et à cacher leurs biens.
On trembla bientôt pour la puissante Ravenne. Aétius nourrit pendant un temps la pensée de fuir en Orient avec l'empereur Valentinien : la lâcheté d'un pareil plan le fit abandonner '.
Le salut de l'Italie, l'un des faits les plus célèbres et les plus connus de l'histoire, est étroitement lié au nom du grand pape Léon I",
64. Nous avons recueilli tous les traits que les chroniqueurs dignes de foi nous ont laissés là-dessus. La source ta plus importante sont les écrits de l'Aquitain Prosper dont les maigres récits furent écrits à l'époque de Léon le Grand ".
Après de longues délibérations, il parut " à l'empereur, au sénat et au peuple romain" que le mieux était d'envoyer à Attila une députation pour la paix. Le
1 AUiht, redinUgratis viribus, quas in Gallia amiieral, îtaliam iagredi per Pannonias inlendil... {Aétius) hoc solum spebas suis superesse exislimitns, si ab omni llaiia cuin imperaîore discederel. Prosper d'Aqjîtiûne, Chronicon, éd. Mommsen (Mou. Germ.
hist.. Auû. antiguiss., t. IX), p. 482.
' Ed. Mommsen, guo supra. Cf. Victor Tonnenensis, continuateur de Prosfier, éd.
Mommsen {Mon. Germ. kist., AuH. atitiq..
t. .XI), p. 185; Jordanis, Getica, éd. Mommsen {fbid., t. V, pars \\ p. 115.